Photo en Une : © Malfeteurs

Quand on sait le parcours du combattant que constitue pour certains soundsystems la recherche d'un champ abandonné pour poser leur mur de son, difficile de ne pas s'extasier devant la cathédrale de béton que sont parvenus à investir les trois collectifs des Insoumis, Resistance Centre et Malfeteurs BZH pour leur soirée Scandale Party, le 10 mars dernier.

Le lieu : le magasin général de Saint-Pierre-des-Corps, une friche industrielle de 15 hectares laissée à l'abandon depuis 2006. Les photos et vidéos qui circulent sur les réseaux permettent de se faire une idée plutôt précise de ce que l'on a loupé. Des colonnes qui s'élancent sur une trentaine de mètres jusqu'à des verrières camouflées par l'obscurité, des tags partout, le soleil qui inonde au petit matin cet entrepôt chargé d'histoire, bâti à la fin des années 20 (l'histoire du lieu est racontée en détail par le webzine tourangeois 37°). Un spot d'anthologie.

L'album photo du collectif Malfeteurs

L'affluence a été telle que 150 teufeurs ont passé la nuit à la gare, faute d'avoir pu embarquer dans le dernier train pour rejoindre Saint-Pierre-des-Corps. À Paris, un grand nombre de fêtards restait également à quai, après avoir passé en force le contrôle des agents et monté dans un des trains en direction de Tours. Une dizaine de ravers restés samedi soir près de Gare de Lyon ont expliqué à Trax comment les agents de la SNCF ont fait descendre l'ensemble des voyageurs pour procéder à un nouveau contrôle des billets, provoquant un départ retardé d'au moins 30 minutes.

La rave s'est déroulée sans intervention des forces de l'ordre, aucun incident n'a été signalé par la police et les lieux ont été évacués dimanche, en fin d'après-midi. Un bel exemple d'autogestion pour les collectifs, même si l'on s'interroge, tout de même, sur les risques encourus par le millier de personnes venues danser devant les basses tambourinant dans un lieu couvert abandonné depuis 12 ans.