Photo en Une : © Marc Resplandy


À l'occasion de l'édition toulousaine du festival des Siestes Électroniques, Tengger et Odaeri, deux artistes coréens, s'étaient rendus à Toulouse en juin dernier. Fin septembre, c'était au tour des Français de partir jouer à Séoul, dans le cadre de l'échange diplomatique lancé par l'Institut français. Samuel Aubert, directeur artistiques des Siestes Électroniques, a donc invité Voiski, FolkloreFeadz et LB aka Labat dans la capitale coréenne : “J'avais à cœur de présenter un line-up assez varié. Même si l'on ne pourra jamais représenter l'ensemble de la scène française en quatre artistes, je trouve qu'ils représentent des courants assez complémentaires. Nous avons pu jouer dans trois clubs et contextes différents et faire face à des publics distincts.”

Cette petite équipe de Frenchies s'est donc confrontée à une scène électronique underground encore émergente dans un pays où l'ouverture culturelle représentait encore un véritable défi il y a quelques années. “Cette scène est assez paradoxale. On compte entre 100 et 150 acteurs, qui se connaissent tous. Les choses sont encore perméables. Il y a déjà une sorte de spécialisation avec des programmations beaucoup plus puristes face à un développement exponentielle de la musique électronique. Chaque club cherche à se différencier des autres”, relate Samuel Aubert.

La team des Siestes Électroniques présente un documentaire décryptant les dessous de la scène électronique de Séoul, accompagné d'un portfolio commenté et réalisé par Marc Resplandy de Guilty Dogs et Nicolas Wujek des Siestes Électroniques. Bon voyage.

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© Marc Resplandy

Notre première soirée, le jeudi, s'est déroulée en deux temps : une première partie au Constant Value où les flics ont arrêté les festivités parce qu’il y avait trop de monde à picoler sur la voie publique (évidemment, 80 % des ces picoleurs de rue était des expats français …), puis relocalisé in extremis au club Union.

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© Nicolas Wujek

Notre deuxième soirée, au Cakeshop, haut lieu des musiques électroniques plutôt d’obédience bass music. D’une capacité d’à peine 350 personnes, la Cakeshop est pourtant devenu le plus important club d’Itaewon, le quartier qui semble être le plus en vue niveau créativité en ce moment.

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© Marc Resplandy


Le backstage du Cakeshop avec sa collection impressionnante de line-up aux murs.

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© Marc Resplandy


Notre troisième soirée au club Vurt, dans le quartier d’Hongdae, le quartier historique de la jeunesse et de la fête, un peu en déclin par rapport à la hype d’Itaewon. Mais le Vurt impressionne par son exigence et sa ligne artistique techno puriste. Comme au Berghain, les photos sont censées y être interdites mais chut !

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© Marc Resplandy


Un disquaire d’occasion de Séoul. Comme dans toutes les capitales, on retrouve un certain nombre de disquaires en ville, mais Séoul n’est clairement pas la Mecque du vinyle. Sans aucune comparaison avec Tokyo. Big up à Clique Records qui essaie de proposer une petite boutique communautaire avec une très belle sélection de disques.

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© Nicolas Wujek


De l’autre côté du majestueux fleuve Han, c’est Gangnam, le fameux quartier popularisé par Psy… Gangnam est l’épicentre de la K-pop et probablement la capitale mondiale de la chirurgie esthétique. Ici, on trouve des clubs où plusieurs milliers de Coréens s’amassent pour peut-être avoir l’occasion de croiser une star. Une sorte de Saint-Trop’ en Corée, quoi…

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© Nicolas Wujek


Concert synthé modulaire et laptop au café Mu dans le cadre de la résidence mensuel WATMM. La scène expérimentale coréenne, coincée entre la sphère de l’art contemporain hypertrophiée, le rouleau compresseur de la K-pop et l’univers très club des musiques électroniques, a un peu du mal à émerger.

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© Marc Resplandy


La Corée a ce charme typiquement asiatique du pays en croissance où demain est une promesse. Le futur, l’innovation, le progrès y sont encore vus comme un bien et non une crainte. C’est stimulant même si, désormais, c’est une véritable différence culturelle entre nous et eux qui, parfois, interroge.