"Bigger than Fabric", tout est dans le titre. Alors que la communauté noctambule du monde entier se rejouit de l'annonce de la réouverture du club londonien, le réalisateur Wayne Holloway s'est penché sur le contexte politique, économique et social qui entoure Fabric. Les enjeux dépassent largement le cadre du club d'Islington. Si la restitution de la licence du club est une bonne nouvelle, les conditions sont pour le moins rigoureuses : parmi les nouvelles mesures, on compte le renforcement de la vidéosurveillance, l'interdiction aux personnes de moins de 19 ans et une surveillance plus intense. Du point de vue du réalisateur, ces nouvelles obligations mettent en exergue la menace permanente qui pèse sur la culture nocturne londonienne. 

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Dans ce documentaire de 18 minutes, Wayne Holloway bat le rappel de toutes les questions que suscite la fermeture de Fabric. En interrogeant des personnalités comme Kate Simko, Debonair, l'auteur du fameux Trainspotting Irvine Welsh, l'auteur du livre Last Night A DJ Saved My Life Bill Brewster ou Sacha Lord-Marchionne de The Warehouse Project, le film s'attaque à des sujets variés. Il est ainsi question des problèmes liés à la politique actuelle du Royaume-Uni contre l'usage des drogues, du blanchiment d'argent, de la gentrification ou même de l'importance d'une économie nocturne dynamique. Une réflexion qui tente de comprendre pourquoi, depuis 2008, la ville de Londres, autrefois l'un des destinations festives les plus attirantes, a perdu plus 50% de ses clubs. 

"Tant que les gens auront des jambes, ils voudront danser." ces mots de Bill Brewster résument très bien la philosophie du documentaire. Ce dernier ajoute d'ailleurs : "C'est dans leurs gènes, comme manger, boire, ou se mettre la tête à l'envers." Le spectateur est donc amené à se questionner sur la finalité du mauvais état de santé de la nuit de Londres.

Mais ce sont peut-être les mots du père de la productrice du documentaire, Nathalie Wainwright, qui a perdu son fils de 13 ans en 1997 suite à une overdose d'ecstasy, qui sonnent le plus juste. "Fermer des institutions culturelles au nom des familles qui ont perdu un être cher est honteux." adresse-t-il aux autorités. "Vous ne faites pas cela dans notre interêt, vous déshonorez le nom de ceux qui sont morts tragiquement en ne leur fournissant plus d'endroit sûr pour profiter de la musique et de la culture qu'ils chérissent.

Le documentaire Bigger Than Fabric :