A l'instar de la house, le rap ne serait pas ce qu'il est sans la technique du sample. De J Dilla à Dr Dre en passant par Drake ou The Neptunes (pour ne citer que les plus connus), les producteurs de la sphère hip-hop, toutes générations confondues, ont utilisé cette technique pour en faire un art à part entière.

Une savoureuse archive de la télévision australienne vient aujourd'hui exhumer cette question vieille comme le hip-hop : sampler, est-ce voler ? Le reportage de huit minutes parvient à rassembler deux générations de musiciens pour en débattre.

D'un côté, la vieille garde issue de la vague rock des seventies, représentée par Tom Petty ou le producteur et ingénieur son Bob Clearmountain (qui a travaillé avec Bowie, les Who ou les Rolling Stones), partage son incompréhension de la technique du sample et l'assimile volontiers à un délit. 

"Tous les kids peuvent faire ça chez eux, tout le monde peut se procurer un sampler, c'est tellement facile et ce n'est pas juste parce que c'est du vol" affirme Clearmountain dans le fameux reportage, à visionner ci dessous.

De l'autre, la nouvelle garde de la culture hip-hop (Will Smith, LL Cool J, Coldcut ou encore De La Soul) se pose comme une génération de producteurs qui se ré-approprie une autre culture pour en créer une autre.

Ainsi, pour Ice-T "le truc dans le rap, c'est de trouver quelque chose de funky, dans un morceau des Bee Gees par exemple, et d'en faire quelque chose de complètement nouveau".

Si la législation a beaucoup évolué concernant les questions de sampling et des droits d'auteur (aujourd'hui utiliser le morceau d'un autre artiste nécessite son accord au préalable), le débat continue de faire rage chez les musiciens et les spécialistes de la musique : où se situe la frontière entre le vol et la ré-appropriation ?