Photo en Une : © Umwelt

Dans la musique électronique depuis le début des années 90, ce vétéran aux trois albums et à la quarantaine d'EP parus sur différentes maisons a traversé les années, et si son label lancé en 2010 est baptisé New Flesh Records, Umwelt n'en est pas moins resté fidèle à ses premiers amours pour l'electro-techno et l'acid. Lorsqu’il évoque son mix, il le décrit comme « une balade qui commence dans une cave sombre et se termine (bien) dans un hangar, avec un bon vieux anthem rave pour finir ». À l'occasion de ce podcast, le DJ nous a parlé de son parcours, de sa vision du milieu et de ses labels.

Comment ce sont passés tes débuts ?

C'est en 1992 que j'ai mixé pour la première fois dans une rave lyonnaise, en tant que DJ hardcore sous le pseudo de Freddy J. Tout s'est enchaîné très vite, j'ai été résident au début de l'Hypnotik, le célèbre squat des pentes de la Croix-Rousse, puis j'ai mixé dans beaucoup de soirées en France jusqu'en 1996. À ce moment-là le milieu rave est devenu plus institutionnel et moins excitant qu'à ses débuts. C'est aussi à cette période que j'ai acheté mes premiers synthés pour me mettre à la production. J'ai pris le pseudo "Umwelt" en 1998 pour mes premières sorties sur mon label Fundata Records.

Le côté acid et industriel de tes productions vient de ce passé de raver ?

J'ai toujours écouté beaucoup de musique. Mes influences sont multiples, mais toujours électroniques. Je définis mon style comme acid electro rave avec une teinte drama, c'est-à-dire plus de 20 ans de mix et une collection de vinyles qui va avec.



En deux décennies de carrière, tu as touché à d'autres domaines que la production musicale et le mix ?

Depuis 1993, en parallèle des soirées et de la production musicale, j'ai animé des émissions radio dont certaines ont eu un rôle important dans le milieu rave. Pour ce qui est de la production musicale, tout a commencé avec Fundata Records qui m'a permis de me faire connaître en tant que producteur sous le nom d'Umwelt. J'ai sorti 3 albums sur Fundata Records, Satamile et Boidae et une quarantaine de vinyles sur Shelter, Kommando 6, Shipwrec, New Flesh Records, Modal Analysis, Rave Or Die, Return To Disorder...

Tu as un processus de production particulier ?

Je n'ai pas de modus operandi, je fonctionne comme pour mes DJ sets, c'est-à-dire à l'instinct.

Depuis quelques années maintenant, tu enchaînes les dates. Cette reconnaissance te paraît tardive ?

Je n'ai jamais couru après la reconnaissance, mais j'ai toujours cherché à faire ce qui me plaît, à me faire plaisir et non pas à coller aux standards du moment. Je pense que petit à petit, pas mal de DJ's et de labels se sont intéressés à ma production, et de plus en plus d'organisateurs sont venus me voir mixer en soirées. Au final, ceux qui ne me connaissaient pas se sont rendu compte que ma musique et mes DJ sets, certes peu conventionnels, marchent bien pour le dancefloor et pour l'esprit. Côté live, ça fait 10 ans que je n'en ai pas fait, mais j'ai bon espoir de trouver le temps de m'y remettre pour 2018 !

En 2010 tu as lancé ton label New Flesh Records, puis en 2012, le sublabel Rave or Die. Pourquoi avoir fait le choix de lancer d’abord un maison-mère, puis un autre label ?

New Flesh est clairement electro. J'ai lancé Rave Or Die pour sortir plusieurs de mes morceaux plus orientés rave. Exclusivement sur des vinyles 78T, depuis le ROD02, j'invite un artiste à faire un morceau pour qu'il explore son côté rave ou sa vision de la musique rave. Le prochain ROD08 ne dérogera pas à la règle.

Comment vois-tu l’évolution du milieu ? Les kids ?

Ce qui est intéressant actuellement, c'est que les plus jeunes sont très curieux et à la recherche de liberté et de sincérité, comme j'ai pu le connaître à l'époque des raves dans les années 90, même si musicalement et au niveau du public, tout était encore plus décloisonné qu'aujourd'hui...

La scène lyonnaise ?

Je joue rarement dans ma ville donc je connais peu la scène lyonnaise, mais elle me semble être redevenue plutôt dynamique. J'essaie d'y contribuer le plus possible ; le distributeur de mes labels Rave or Die et New Flesh Records est basé à Lyon, le shop Chez Emile. J'ai aussi une émission bimestrielle Ravoluson sur LYL Radio.

Umwelt se produira le 19 mai prochain à l'événement 13OP X Club Cabaret à Marseille, aux Nuits sonores de Lyon pour la nuit 3 le 26 mai, au festival Astropolis le 1er juillet, et bien sûr, au festival Area217 le 30 juin, sur la scène Trax 20 ans, ou il jouera en b2b avec Sunil Sharpe.