Photo en Une : © Electro News

On commence tous quelque part. Pour Gabriel Belliard, c'est en organisant de petites soirées en soutien à une association de lutte contre la méningite qu'il fait ses premières armes. En 2012, il se fait aspirer par le vortex de la psytrance et crée son association World Trance. Le premier festival éponyme verra le jour l'année suivante, avant que sa rencontre avec Pléiade Production ne décuple encore ses ambitions. Ce sera la naissance de l'Insane Festival, ce mastodonte itinérant (le festival est constamment en tournée) qui rassemble cette année plus de 90 artistes. Mais pas question d'abandonner le World Trance pour autant. Plutôt joindre les forces : le festival trance combine ainsi son identité colorée à celle de l'Insane en programmant l'une de ses quatre scènes. 

Comment s’est organisée la collaboration entre World France et l'Insane festival ?

Gabriel Belliard : À l’origine du festival Insane, on trouve une volonté de regrouper plusieurs soirées et festivals. Depuis ses premières années, il y a à la tête de l’organisation Lucas Defossé, le président de Pléiade Production. Il s’occupait des scènes techno et organisait simultanément le Positiv Festival de Marseille - qui n’existe plus -. Moi à côté de ça, j’avais World Trance. Ensemble, on a voulu développer la scène hard de l’Insane. Cette année, nous avons donc décidé de collaborer avec l’agence belge Footworxx et WE ARE RAVE. Ainsi, nous gérons trois scènes. L’une d’elles, partagée en deux entre Footworxx et WE ARE RAVE, relève des sonorités acid et hard.

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C’est votre première collaboration ?

Avec Footworxx et WE ARE RAVE ? Oui. Mais je travaille avec l’Insane Festival depuis ses débuts, c’est donc la quatrième année.

L’ambition de l’Insane Festival, est-ce justement de regrouper tous les sous-genres de la scène électronique ?

C’est notre but de développer de plus en plus de sous-genres de la musique électronique. Cette année, c’est la première fois que l'on n'a pas de bass music, car le site ne nous permet pas d'installer une quatrième grosse scène. On espère néanmoins trouver un nouveau site l’année prochaine. De même en 2016, on avait une scène plutôt chill et garage - la scène Nuage -, sur laquelle on avait invité des artistes tels que Petit Biscuit, Sam Gellaitry, FKJ, SG Lewis, Jeftuz...

Pourquoi avez-vous enlevé cette scène ?

Pour les mêmes raisons : à Toulouse, nous n’avions pas la possibilité de créer cette cinquième scène. Mais on compte tout mettre en oeuvre pour retrouver ces deux scènes-là en 2019. On a aussi l’idée d’ouvrir le festival à de la musique plus grand public.

Mais n'est-ce pas compliqué de réunir des spectateurs aussi variés ?

C’est un combat de chaque jour.

Comment choisissez-vous les artistes du line-up ?

Mes goûts personnels sont très impliqués. On fait ce qu’on aime, ce qui ne nous empêche pas d’écouter le public qui nous fait des retours et des demandes aussi. Notre force c’est également le fait que l'on s’associe avec d’autres festivals et d’autres labels comme Footworxx ou WE ARE RAVE, qui ont encore plus le pied dans certains styles de musique que nous. Ils nous aident donc à faire la programmation, mais 60/70 % du line-up découle de nos choix.

N’avez-vous pas peur que cela embrouille le spectateur de créer un line-up presque incohérent tant il y a de tout ?

C’est justement notre force, on a tout type d’artistes, underground comme mainstream. On passe de la techno de l'Allemand Stephan Bodzin ou du hardcore du Néerlandais Angerfist à l'Anglais Eat Static ou encore The Satan alias Denis Fedorchuk.

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Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans le mouvement psytrance ?

Ce qui m’a toujours attiré dans ce mouvement, c’est l’univers qu’il y a autour. Toute cette décoration, c’est coloré et souvent en plein air. Mais pour World Trance, ce n'est pas toujours facile de trouver le lieu parfait, surtout en France. L’année dernière, c’était à Montpellier (au Zénith). D’habitude, c’est au Parc Expo d’Avignon. Cette année justement on a passé un cap avec l’Insane : on a installé de la décoration sur l'ensemble des scènes.

Quelle est la scénographie des différentes scènes ?

Il y a donc trois scènes : la Luberon Stage, la World Trance Stage et la Footworxx & We Are Rave Stage. La première scène techno aura comme thème le colibri. La seconde scène, qui est transe, sera incarnée par le thème du paon. Enfin, pour la scène partagée, on a décidé d'y mettre une grosse scéno avec d’énormes ventilateurs rouillés de plus de 4 mètres de haut.

            


Vous vous attendez à recevoir combien de personnes ?

35 000 personnes. Cette édition va être belle.

Quel genre d’auditeurs rassemblez-vous ?

De tous les âges, toutes classes sociales... Tout le monde en fait, comme nous sommes multistyles. Ça bouge de partout, les gens viennent de pays européens comme l’Italie, l’Espagne, la Suisse, l’Angleterre... On a quelques places vendues au Canada aussi.

À part le World Trance et l’Insane, que fais-tu à côté ?

Insane et World Trance me demandent tellement de travail que je ne fais rien à côté mis à part la tournée Insane dans toute la France. On développe le label World Trance dont certains des artistes jouent également sur le festival, l’Italien Gonzi notamment. On a signé le groupe toulousain La P’tite Fumée, et le prochain à arriver sur le label est le DJ et producteur grec Hi-Profile, qui jouera lors de notre prochaine soirée.

Est-ce une collaboration pérenne ?

Oui, plus que pérenne. La suite se déroulera le 31 octobre avec le "World Trance Festival Edition Celtique". Et une fois l’édition 2018 de l’Insane passée, on va attaquer 2019 car on a signé pour 3 ans avec la ville d’Apt. 

As-tu une affinité avec un élément du line-up en particulier ?

Mon coup de coeur de l'année c'est Meute, la fanfare qui reprend les grands classiques de la techno. C’est génial.