Photo en Une : © Club der Visionaere

En préparant son dernier numéro 211 « Peut-on faire la fête et sauver la planète ? » Nous avons pu interviewer Georg Kössler, 33 ans, membre de la chambre des députés de Berlin pour le district de Neukölln et porte-parole d'Alliance90/Les Verts pour la protection du climat, de l'environnement et de la culture club. Georg est un Berlinois pure souche, impliqué en politique depuis 2008, et fervent défenseur de l'underground et de la contre-culture.

Vous êtres très actif sur les thématiques liées à l'écologie, et en même temps un soutien de l'underground berlinois et des clubs. Comment êtes-vous devenu porte-parole de ces thèmes pour die Grüne (les Verts) ?

Nous voulions montrer qu'au sein de notre groupe, il y aurait une personne compétente et concernée en charge de ces questions. C'est aussi un moyen d'exprimer notre estime pour ces sujets. Je vais, comme quelques personnes du parti die Grüne, encore régulièrement en club – c'est pourquoi ce choix est simple à comprendre.

Il semble que les gens se préoccupent de plus en plus de l'écologie, mais que nous oublions la profusion de déchets que génèrent nos nuits. À votre avis, comment peut-on changer le monde de la nuit et le rendre plus écolo ?

Je pense que nous ne devons pas mettre les gens devant un miroir et leur reprocher vingt-quatre heures sur vingt-quatre ceci ou cela. Justement, les clubs doivent être des espaces libres – libérés de certaines responsabilités. C'est correct ainsi. Cependant les clubs ont aussi une responsabilité comme toute autre entreprise économique. Au Parlement, nous avons pour cette raison créé un budget spécifique. Berlin est célèbre pour sa culture club, elle devrait aussi la rendre plus verte.

Pensez-vous que les clubs de Berlin en font assez pour l'écologie ? Est-ce que Berlin est un exemple ?

Non, pas encore assez. Il y a de bonnes initiatives, mais la scène est surtout caractérisée et gravée dans l'hédonisme. En outre, beaucoup de clubs sont dans des situations précaires et ne peuvent pas investir. Mais nous voulons aussi désormais les aider et trouver un remède, des solutions.

"Je pense que nous ne devons pas mettre les gens devant un miroir et leur reprocher 24 H/24 ceci ou cela."

Quelles sont les initiatives que vous soutenez particulièrement ?

Personnellement, je trouve les idées du Green Club Label et de Clubmob (à lire dans Trax 211) très intéressantes. Mais en ce qui concerne la subculture créative de Berlin, nous devons encore nous asseoir tous ensemble autour d’une table et réfléchir intensément à des solutions.

Est-ce que vous interagissez beaucoup avec les clubs ? Est-ce qu'ils sont ouverts à des changements ou est-ce que c'est plutôt au monde de la politique d'imposer des règles au monde de la nuit ?

Je fréquente souvent les clubs – à titre professionnel et privé. Beaucoup d'entre eux veulent faire plus pour la protection de l'environnement. Mais malheureusement ils ont d'autres – plus gros – problèmes : protection contre le bruit, les loyers, l'acceptabilité sociale... Pourtant, je souhaite, par un mélange d'encouragements et d'exigence, réussir à ce que la nuit soit amenée à en faire davantage, qu'elle économise de l'énergie, et qu'elle protège ainsi mieux le climat.