Photo en Une : LeonxLeon © Tous droits réservés

Si vous ne savez plus sur quel pied danser avec cet été maniaco-dépressif, Trax a la solution : le podcast de LeonxLeon, jeune prodige de l’italo disco (mais pas que), qui ne cesse de nous faire groover avec ses sorties sur Red Laser Records ou Cracki. Une heure de bonne humeur et d’amour aux influences balearic, afro, house et boogie, pour voyager d’Ibiza à New York.


Un podcast qui célèbre également l'arrivée très prochaine d'un EP de LeonxLeon sur Cracki Records. Pour mieux comprendre les intentions du principal intéressé sur ce mix, nous lui avons posé quelques questions :

Quelles influences et quelles scènes as-tu voulu représenter dans ce mix ?

J'ai voulu faire un mix moins dansant que d'habitude, plutôt fait pour être écouté pendant un moment calme, ou alors en faisant autre chose. Je me rends compte que c'est ce genre de mix que j'écoute le plus chez moi, en vacances ou dans les transports. Il n’y a pas vraiment une scène particulièrement représentée, il y a un mélange de morceaux anciens, de rééditions, d’edits (notamment sur le label parisien les Edits du Plaisir) et de productions récentes, aussi bien américaines avec Jex Opolis que russes avec A Vision Of Panorama.

Comment l’as-tu construit ?

Le début est assez lent, un peu selector par moments, puis le mix décolle un peu sans jamais quitter des morceaux assez oniriques, avec peu de paroles, pour finir sur un long morceau electro disco/jazz épique de Brian Bennett, le genre de trucs dont on a perdu la recette depuis longtemps !

Y a-t-il des parallèles avec l’EP que tu vas prochainement sortir sur Cracki ?

Oui, ça reflète bien mes influences actuelles, plus éloignées de l’italo maintenant même si j’aime toujours autant ça. Deux morceaux notamment sur les quatre de l’EP iraient très bien dans le mix, le reste étant plus club.

On ne pouvait pas s’entretenir avec LeonxLeon sans revenir sur le parcours du collectif Les Yeux Orange : maîtres incontestés des uploads et des partages de sons depuis 2013. Fondé par Noctambulo (Raphael Massin) et Humangigz (Stanislas Besnard), Les Yeux Orange débute avec une simple chaîne YouTube, où les deux amis partagent leurs coups de cœur respectifs en musique électronique. L’engouement est immédiat et le projet devient très vite viral. Rejoint par LeonxLeon et Alan Dente en 2014, le collectif compte aujourd’hui plus de 35 000 abonnés sur son SoundClound, a créé son propre label et organise des soirées à tire larigot à La Rotonde ou La Java.

Pouvez-vous me raconter votre histoire, de 2013 à aujourd’hui ?

On a démarré LYO par une chaîne YouTube sur laquelle on uploadait des morceaux inédits. Le mot-clé étant l'exclusivité. Si un morceau était déjà présent sur la plateforme, on ne le mettait pas. On mettait aussi bien des vieilleries issues de nos collections de disques que des nouveautés dénichées ici et là. Dès le début, on a également diffusé des podcasts d'artistes français et surtout étrangers qu'on respectait.

J’imagine qu’aujourd’hui, la musique vient à vous beaucoup plus facilement qu’au début. Vous devez recevoir énormément de tracks, d’exclusivités…? Comment faites-vous vos choix ?

En effet au début on ne recevait que très peu de promos, essentiellement celles de connaissances croisées en soirée, contrairement à aujourd'hui, où l'on reçoit des tas de trucs quotidiennement... Que ça vienne des labels, des artistes ou d'agences de promo. Ça nous oblige forcément à faire des choix, forcément subjectifs, en fonction de nos goûts mais aussi des relations amicales qu'on entretient parfois avec certains plus qu'avec d'autres.

Vous êtes désormais une référence en termes de partage de musique, et concurrencez sur ce terrain les médias musicaux. Selon vous, qu’est-ce que cela traduit de notre façon de consommer la musique aujourd’hui ?

Cela traduit déjà que le streaming est devenu incontournable dans la façon d'écouter de la musique. Les gens qui cherchent plus de mainstream utilisent Spotify ou iTunes, les gens partagent surtout du YouTube sur les réseaux sociaux et les labels et les spécialistes sont plutôt sur SoundCloud. Le fait de concurrencer certains médias ou structures plus établies et plus grosses prouve surtout qu'en étant malin et opiniâtre, l'on peut essayer d'optimiser certaines bonnes idées.

Quelle scène défendez-vous actuellement ?

Aucune en particulier. C'est très compliqué de défendre quelque chose d'éphémère, d'autant plus qu'on aime un paquet de styles dans la musique électronique d'hier et d'aujourd'hui, donc ce n'est pas évident, et surtout un peu ennuyeux de devoir mettre des étiquettes partout en permanence, non ?!

Vous avez récemment créé un label. En quoi cela complète votre travail ? Des nouveaux artistes ou des sorties de prévues prochainement ?

Le but initial du projet était précisément de créer un label, qu'on a financé en organisant des soirées. On a signé deux jeunes artistes, l'américain Wav Fuzz puis le parisien n.stal, c'était leur première sortie vinyle à tous les deux et l'idée de commencer par des inconnus nous plaisait bien. La troisième sortie sur Les Yeux Orange verra le jour à la rentrée avec un disque du duo polonais Earth Trax et Newborn Jr. D'ici là notre troisième disque d'edits sera aussi sorti sur Good Plus.

Comment êtes-vous reçus à l’international ? Il semblerait que vous ayez pas mal de succès.

On a plutôt une bonne image à l'international, ce qui nous a donné l'opportunité de jouer un peu partout en Europe ces douze derniers mois, c'est venu assez soudainement alors on ne boude pas notre plaisir. On commence à recevoir les dividendes du travail en amont ; les premières, nos soirées, nos edits ou podcasts réalisés pour d'autres sites... Mais en France certains clubs restent un peu plus frileux, même si on y joue quand même bien plus dernièrement.

Une mini tracklist pour Trax ? 

John Cravache - Paris Roswell
Sascha Funke - Lotos Land
Les Yeux Orange - Pacifico
Chayell - Beach
Explorer - Enjaw J

Les Yeux Orange se produiront le 16 juillet à La Plage Du Glazart, le 21 juillet au Ravine festival, le 29 juillet à la Shoreditch Platform, le 4 août au Grand Rivage et 19 août à la Machine du Moulin Rouge.