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"Notre volonté et notre ADN, c’est de s’emparer d’un lieu et d’emmener les gens vers une aventure différente chaque année." Ces quelques mots de Dro Kilndjian, le programmateur et cofondateur de Marsatac, n’auront jamais été plus vrais que pour évoquer cette 19e édition. Cette année, le festival lancé en 1999 par Isabelle Crampes et Béatrice Desgranges, affirme sa volonté de se réinventer en se tenant fin juin, et non plus fin septembre, mais aussi en investissant un lieu historique de la ville de Marseille : le parc Chanot. Après s’être produit à la friche de la Belle de Mai, au Dock des Suds, ou encore au J4 (actuel MuCEM), le festival investira cette fois un espace de 17 hectares au pied du stade Vélodrome, afin d’élargir sa fréquentation. "En termes de fréquentation, on a toujours été au maximum de ce qu’on pouvait faire, on se situait autour de 10 000 personnes par soir les années précédentes, et aujourd'hui on est plutôt sur une capacité d’accueil de 16 000 ou 17 000 festivaliers", se réjouit Dro Kilndjian. 


Des festivaliers, qui cette année pourront profiter de la mise en place de trois plateaux installés dans trois halls différents, dont un sera exclusivement réservé à une scène clubbing, où défileront Dubfire, le patron de Kompakt Michael Meyer, ou encore Birdy Nam Nam. 
Mais Marsatac ne déroge pas à son leitmotiv, à savoir mélanger différents publics, amateurs de musique électronique, de rock ou de hip-hop. "Jusqu’en 2002-2003, les choix étaient très tranchés. Il y avait des gens qui allaient dans des soirées hip-hop, d’autres qui allaient dans des soirées techno, et les publics se mélangeaient peu." confesse Kilndjian. "Aujourd’hui, la plupart des gens ont tout un tas de styles très différent dans leur ordinateur. C’est mon cas, personnellement."

"Au début, peu d’évènements osaient mélanger tous ces genres, on était un peu regardés comme des OVNI."

Une particularité qui permet à Marsatac de se distinguer de ses nouveaux concurrents, à l’image du Positiv, ou du B:on Air festival, même si Dro s’avoue "heureux de la mise en place de tous ces nouveaux évènements. À Marseille, au début des années 90, on s’est longtemps plaints qu’il ne se passait pas grand-chose, donc on ne va pas se plaindre aujourd'hui qu’il se passe des choses" insiste-t-il, avant de conclure "il faut se frotter aux autres pour donner le meilleur de soi-même."

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Cette année, les équipes de Marsatac l’ont donné. En réussissant, par exemple, à reformer le crew de la Fonky Family qui se produira le vendredi 23 juin, le même soir que Nicolas Jaar : "une scène a été montée autour de lui, avec sa collaboration." Ainsi, quand De La Soul ou Princess Nokia enflammeront le Grand Palais, et que Soulwax, Young Fathers, ou Machine Gun Kelly se produiront au Palais de l’Europe, ce sont Actress, Powell et Roman Flügel qui partageront les platines du New-Yorkais.
Le samedi 24, c’est le duo sud-africain Die Antwoord qui se place en tête d’affiche. Le couple croisera sur scène Mr. Oizo, Borgore ou encore Nova Twins. Avant que Dubfire et Michael Mayer ne viennent donner une leçon de techno aux festivaliers dans une autre salle, ces derniers pourront se mettre en jambes grâce aux shows de Kid Francescoli, WhoMadeWho, ou de la fanfare techno Meute. La scène du palais phocéen elle, sera plus axée hip-hop, avec Little Simz, Guiri Mafia, Bon Gamin & Prince Waly, Suicide Boy$ ou encore Tommy Cash qui seront conviés pour clôturer cette édition qui s’annonce mémorable.