Photo en Une : © Jonas Kopp

Familier dès son jeune âge du monde de la musique électronique, Jonas Kopp s’est rapidement plongé dans le milieu underground de Buenos Aires, pendant son « âge d’or », comme il précise. Il en devient rapidement acteur et enregistre ses premiers tracks à l’âge de 19 ans.

Il ne tarde pas à se faire remarquer par Matthew Dear et signe quelques morceaux sur son label Spectral Sound, écumant en parallèle les clubs et radios de la capitale argentine, avant d'enchaîner les dates à l'international. En 2013, le DJ pose finalement ses valises à Berlin, où il habite actuellement. Après un premier long format Beyond The Hypnosis, paru en 2014, Kopp vient tout juste de sortir son deuxième album, Photon Belt, sur le prestigieux label Tresor, éponyme du club berlinois où il tient une résidence.

Pour ce mix « 100 % vinyle, préparé avec amour », Jonas Kopp a voulu partager « une nouvelle direction dans [sa] musique, plus deep et plus intellectuelle. »

Quels ont été tes premiers contacts avec la musique électronique ? Qu’est-ce qui se passait en Argentine à ce moment-là ?

C’était en 1992, lorsque j'avais 11-12 ans, grâce à mon père qui était dans la musique électronique à cette époque. Nous écoutions une émission de radio chaque vendredi soir, c'était pour nous l’unique moyen d’entendre des musiques comme ça. Puis j’ai commencé à sortir en 1997 pour découvrir cette scène, j’allais dans des raves techno qui se tenaient dans des petits lieux planqués durant les week-ends. J’y allais seul, pour écouter les DJ’s qui jouaient, et pour mieux me plonger dans ce monde underground. Cette période est d’ailleurs considérée comme l’âge d’or de la scène électronique de Buenos Aires, jusqu’à l'arrivée de courants mainstream en 2001, ce qui a tout changé.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la musique ?

C’était une évolution naturelle, comme j’ai commencé le DJing à l’âge de 12 ans. J’ai débuté à vraiment faire de la musique quand j’avais 19 ans, avec le logiciel ReBirth RB-338 (qui rassemble 4 émulations de machines légendaires signées Roland : 2 basslines TB-303 et 2 boîtes à rythmes TR-808 et TR-909, ndlr). C’était très intuitif et didactique.

Comment se sont enchaînées les choses jusqu'à ta résidence à Berlin aujourd'hui ?

C’était un long chemin. J’ai exploré pas mal de sons et de logiciels différents, tout en développant mes techniques de DJing grâce à des passages à la radio et dans les clubs de Buenos Aires. En 2006, j’ai commencé à sortir de la musique sur des labels comme Spectral Sound. Cela m’a donné une exposition internationale qui m’a permis de voyager en dehors de l’Argentine. J’ai joué en Europe et aux USA, dans des clubs comme le Berghain ou le Rex Club. J’ai également été en Asie plusieurs fois. En 2013, j’ai décidé de déménager à Berlin. C’est à partir de là que je suis devenu résident au Trésor.

Quelles sont tes influences ?

Kraftwerk, EBM, early Chicago et Detroit principalement, la house des années 90 de New York, et aussi ce qui se fait à Berlin.

   
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Tu peux me parler de ton amour pour la techno ?

J’essaye de l’expliquer au travers de la musique que je fais. En tout cas, je considère la techno comme un moyen de résistance et pas comme un compromis avec la hype. La techno rime à mon sens avec futur et innovation, deux concepts que j’adore, qui font partie de ma personnalité. C’est la musique avec laquelle je peux le mieux m’exprimer.

En 2014, tu sortais Beyond The Hypnosis. Comment s’est passée la confection de ce premier LP ?

Je l’ai préparé avec beaucoup de pression, d’autant plus qu’il s'agissait pour moi de « faire un album pour Trésor ». Si tu regardes le catalogue du label, tu trouveras énormément de grands noms, comme celui de Jeff Mills, X-102, X-103, Surgeon, James Ruskin, et j’en passe. C’est un peu comme le musée de la techno, et ça m’a beaucoup occupé l’esprit à ce moment-là. Bien sûr, cela m’a aussi beaucoup aidé à développer mes techniques de production et mon sens artistique. Cette période a presque été transcendantale pour moi, et la musique m’a aidé a diffuser cette nouvelle énergie.

Ton nouvel album, Photon Belt, vient tout juste de sortir, toujours sur le label Tresor. Quelles sont les différences avec le premier ?

Je pense que c’est le grand frère de BTH, son évolution naturelle. J’ai appris de nouvelles manières de produire, et cela a beaucoup facilité la confection de Photon Belt. J'avais aussi pas mal de nouvelles choses à communiquer, comme un gros thème conceptuel qui m'a donné la force d'aller de l'avant. J’ai composé quelque chose comme 25 tracks, et nous avons sélectionné ceux qui étaient les plus représentatifs de cette énergie.

Comment as-tu préparé ce mix ?

C’est un mix 100 % vinyle, avec une nouvelle direction dans ma musique, plus deep et intellectuelle. Le tout préparé et mixé avec beaucoup d’amour. Je le décrirais comme actuel et frais, parfois même mystérieux.

Jonas Kopp se produira le 12 mai prochain à Concrete, Paris, le 19 mai au Bei Maariv de Tel-Aviv, et le 17 juin au Tresor de Berlin.