Photo en Une : © Fareed

Ton lancement en solo signe-t-il la fin de Society of Silence ? Est-ce lié au fait que Nicolas Villebrun soit sur le prochain album de Poni Hoax, et parte donc en tournée avec eux ?

Non ce n’est pas du tout la fin de Society Of Silence ! Au contraire, en ce moment nous bossons à fond sur un live qui arrive à maturité ainsi que sur d'autres nouveaux projets, notamment la musique d’un spectacle de danse avec la compagnie camerounaise X-trem Fusion. Nous préparons aussi un nouvel EP… Nicolas est actuellement en tournée avec Poni Hoax, mais ça ne nous empêche pas de tourner aussi, ça demande juste un peu d’organisation…

Quelle sont les différence en termes de musique et d’univers entre Fareed et Society of Silence ? Comment développes-tu ta singularité ?

La manière de travailler n’est pas la même. Avec SoS, nous avons fait le choix depuis quelques temps de composer nos morceaux avec les machines que nous utilisons pour notre live. Et surtout, nous avons aussi chacun un rôle précis : Nicolas s'occupe des parties rythmiques et moi des parties mélodiques et harmoniques au synthé. En solo je gère tout, et ça me fait faire des choses que je ne fais pas avec SoS. Chaque synthé ou machine a une couleur propre, et j'utilise assez peu le matériel que nous utilisons avec SoS, ou alors d’une manière différente. Et puis, le solo, c’est aussi un besoin de composer seul.

Ton premier EP Phausis est sorti l’année dernière sur Construct Re-Form, comment t’es-tu rapproché de Zadig, Antigone et Voiski, qui ont remixé certains de tes tracks ?

Nous avons rencontré Zadig et Axel (le manager de Construct Re-Form, ndlr) via le disquaire Syncrophone, et nous avons bossé ensemble à l’époque avec SoS. De mon côté, j’avais quelques morceaux en réserve. Je les leur ai envoyés, et ça a tout de suite matché !

Fareed - Phausis

Ce premier maxi, c'est un manifeste, "voilà où je veux aller maintenant" ? Ou tu n’est pas fixé en termes d’esthétique ?

Je ne suis pas fixé sur une esthétique en particulier, j’aime beaucoup de styles différents, de l’ambient à l’electronica. Je veux éviter de m’enfermer dans une niche musicale. Si vous écoutez mon live samedi à la soirée Space in Faders, vous verrez qu’il y a différentes influences dans ma musique.
D’ailleurs, je développe en ce moment avec Jonathan Keita (aka Dj DeClerk) le label Hilltop Imprint, plutôt orienté vers la house...

Ta techno peut sembler très torturée, massive mais aussi planante, onirique. Comment expliques-tu cette schizophrénie ?

Le côté torturé vient peut-être de ma manière de travailler. J’ai une façon de composer un peu anarchique. Je pars généralement d’une idée précise, et une fois que j’ai réussi à l’atteindre, je déstructure complètement le morceau. Parfois, je vais même le jeter intégralement.
Pour que ça me plaise, il faut que le morceau continue à me surprendre au bout de plusieurs réécoutes. J’aime quand il y a différents plans et degrés de lecture dans un morceau. Je tiens à garder un côté mélodique assez marqué dans mes compositions, comme des chansons, la techno mentale ne m'attire pas trop pour ce projet.

Vas-tu continuer à jouer en live ?


J’ai toujours joué en live. C'est devenu une habitude et ça me semble naturel de continuer là-dessus. Je vois le live comme un prolongement du travail de composition, chaque concert présente mon travail là où j’en suis actuellement. Le DJ-set me plaît aussi beaucoup, mais c'est un tout autre travail, et on me le propose moins ; je pense que les organisateurs se sont habitués à nous voir jouer en live avec SoS. 

Des projets à venir ?


Je ne pense pas encore à faire un album, mais je travaille actuellement sur des nouveaux morceaux pour un EP.

De quoi se compose ton setup en live ? En studio ?

En live j’utilise une MPC1000, un Juno1, un Doepfer Dark Energy, quelques effets type reverb/delay et Ableton avec contrôleur MIDI.
J’ai peu de matériel chez moi, et j’essaie de composer avec ce que j’ai : quelques enregistreurs cassette, une table Tascam Portastudio, Ableton, une poignée de VST… Et une banque de son que j’ai constituée au fil des années.

Fareed - Secret Lights


Production toujours, sais-tu si Nicolas continue son projet solo Tite de son côté ? Une collab Fareed x Tite, ça donne SoS ou autre chose ?


Oui, Tite est vivant ! Il continue toujours, mais là pour le coup c’est une question de disponibilité… SoS et Poni Hoax, ça fait déjà beaucoup. Pour la collab, je pense que la réponse est dans la question : nous préférons que ces projets évoluent en parallèle. Après rien n’est exclu, mais c’est encore une question de temps…

Bientôt 8 ans sur la scène électronique, le monde a bien changé… Est-ce qu’il y a une plus grande "concurrence" entre les artistes ? La production musicale est-elle toujours accessible, est-ce facile de se lancer aujourd’hui ?

À vrai dire, j’ai encore l’impression de me lancer, même après 8 ans. Il y a beaucoup d’artistes, certes, mais je préfère voir ça sous un autre angle ; dans la musique électronique les courants artistiques bougent extrêmement vite, et l'on découvre tous les jours de nouveaux artistes avec de nouveaux langages. C’est plutôt excitant. En tout cas, c’est ce qui me motive pour continuer. Pour démarrer, pas besoin de grand-chose ; peut-être vaut-il mieux éviter de claquer son loyer dans du matos à ne plus savoir qu'en faire, et commencer à travailler avec ce que l'on a sous la main. Garder en tête que ce n’est pas le matos qui fait la musique et essayer de développer un univers personnel.

Fareed sera en live à la soirée du salon Space In Faders le samedi 11 mars, à la Machine du Moulin Rouge. 

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