Ayant fait ses débuts à Brighton et à Londres auprès d'un public aussi gothique gay qu'alternatif, il devint l'un des noyaux – au même titre que Colin Faver, Colin Dale et Joey Beltram – qui représentaient la “true school” techno dans les méga-raves du début des années 90 au Royaumes-Unis. Depuis cette période, Luke Slater est resté, bien qu'un peu en retrait, au cœur du mouvement techno, même durant ces années difficiles aux alentours du nouveau millénaire, quand ses sorties chez Novamute ont dérivé du style techno en boucles pour s'adapter au côté punky de l'électroclash et Vitalic. Depuis 2009, il est au cœur de Berlin en tant que membre de la famille Ostgut Ton.

Ressuscitant son alias Planetary Assault Systems pour donner jour à une série de morceaux de puissante techno expérimentale. Il fait maintenant un retour vers son registre électronica des années 1990 – enregistré sous le titre 7th Plain – pour la première sortie sur la nouvelle section A-TON du label Ostgut. Section dédiée à « l'ambient, aux archives et à la musique alternative ». Pour cette conversation, nous l'avons rencontré sur un bateau / café dans West London. Une plaisante discussion durant l'après-midi à propos du LSD et de la salle ambiante où nous avons parlé de son potentiel et de ses différentes possibilités de fonctionnements en 2016.

Retrouvez Luke Slater au Transient Festival de Paris du 2 au 5 novembre 2016

Luke Slater

Sur quoi travailles-tu en ce moment Luke ?

Et bien, à part faire de la presse… Je me dédie beaucoup à Planetary Assault Systems. Avec le temps, je réalise que je travaille sur bon nombre de projets à la fois, mais qu'il y en a toujours un qui domine les autres. Le live show de Planetary Assault Systems est mon projet principal pour l'instant, on faisait des répétitions il y a peu.

Tu dis « nous », ce qui veut dire que vous êtes plusieurs à jouer en live ?

Oui, je vais jouer avec Steve Bicknell. Tu vois qui c'est ?

De (foundational london techno club) Lost, c'est bien ça ?

Oui, c'était bien lui, à l'époque. On a créé une collaboration sur ce projet dans le véritable but de jouer live – et je veux dire par là du vrai live – celui où il est nécessaire d'être au moins deux. C'est très important pour moi que tout soit joué live, mais ça ne veut pas dire que je suis contre l'usage de l'ordinateur. Il y a une grosse tendance dernièrement avec le retour vers l'analogique, seulement, je me souviens encore de l'époque où il n'y avait que ça ! Et je préfère éviter d'avoir à jouer seulement avec du matériel analogique, sauf si je n’ai pas le choix. Je suis vraiment intéressé par les différentes façons d'amener les ordinateurs dans les shows live.

"Il y a une grosse tendance dernièrement avec le retour vers l'analogique, mais je suis vraiment intéressé par les différentes façons d'amener les ordinateurs dans les shows live."

A l'époque, dans le milieu techno, on cherchait toujours à utiliser les technologies les plus récentes et les plus performantes.

Oui, l'idée c'est de regarder vers avant, n'est-ce pas ? Je n'ai pas forcément envie de retourner en arrière, donc l'unique moyen d'avancer est d'adopter les technologies qui se présentent à moi. Et c'était déjà ce que je faisais dans mes débuts – adopter les nouveautés et les possibilités qu'elles offraient. Je n'ai pas changé depuis. D'autres générations de musiciens de la techno voient les choses d'un autre angle, mais moi, c'est comme ça que je les vois. Je ne désire pas spécialement voir l'ordinateur ou le montrer, mais seulement m'en servir. Peut-être que je couvrirais le logo Apple (rire). Bref, nous sommes à fond dans les répétitions et tout se passe bien. Il y a aussi mon projet The 7th Plain qui a refait surface en arrière-plan. Et LB Dub Corb, qui est plus dans le genre tribal, mais que je laisse de côté pour l'instant – le projet n’est pas encore abouti. Je me déplace pas mal aussi pour jouer, et je m'occupe du label – Mote Evolver – avec Heidi. Il y a toujours du pain sur la planche.

Est-ce que tu sais bien compartimenter ton temps ?

A vrai dire, oui, j'y suis devenu plutôt efficace – je suis assez strict. Je me concentre sur une chose aux dépens d'une autre. On ne peut pas tout avoir, donc je dois mettre certaines choses de côté et ignorer à tout prix tout ce qui est superflu. Il pourrait se passer n'importe quoi dehors, tout est prétexte à la distraction, mais je dois rester concentré sur mon travail.

Est ce qu'il t'arrive de penser que tu tournes en rond ?

C'est une question intéressante. Ça n'arrive pas vraiment lorsque je joue sur scène. Au contraire, dans ces moments, j'ai tendance à me sentir bien et en confiance. Mais j'ai mes moments sombres. La pire période, c'est entre la finalisation d'un album et sa sortie. C'est comme si je traversais l'enfer. J'ai fini d'exprimer ce qu'il y a en moi, ce que j'aime, et il ne me reste plus qu'à attendre le verdict des gens. Ce n'est pas tant un doute concernant la musique en soi…

Mais j'ai souffert de dépression dans le passé, et c'est comme si elle choisissait ce moment pour revenir taper à ma porte. Mes journées, dès lors, consistent à essayer de minimiser l'oscillation de mes émotions et à équilibrer mon humeur. Le chacal me guette, et je fais tout ce que je peux pour l'éviter. Mais en même temps, je l'accepte, ça fait partie du jeu. Quand tout va trop bien, j'ai tendance à devenir agité (il fait claquer ses doigts rapidement). Comme s’il manquait quelque chose. J'aime quand il y a du piment au menu. J'aurai cru qu'en vieillissant, ce besoin allait s'estomper, mais en réalité, il se produit l'inverse. J'ai besoin de pousser les choses encore plus loin vers leurs limites. Je pense que ça doit être cauchemardesque pour les personnes qui m'entourent en permanence. Je vais toujours vers l'extrémité instable, celle où l’on prend le risque d'échouer, ou de réussir. En fait, c'est ma came. Pour moi, tout ça c'est une forme d'exploration.

Est-ce que ça t'aide à ne pas rester dans le même sillon ? Tu fais maintenant partie des grands de la techno berlinoise, il serait facile pour toi de composer de la pâte à mix et de continuer à avoir du succès… Beaucoup le font.

Oui, c'est vrai qu'il y en a, et ils jouent leur rôle. Mais ce que j'ai toujours aimé avec Ostgut, c'est l'influence artistique dans ce qu'ils font. Ce n’est pas ce qu'on lit – le videur au Berghain et ce genre de choses. Le noyau de Ostgut est dirigé par un réel élan artistique, et pour moi, c'est une véritable aubaine. Il y a toujours un élément dans lequel tu peux faire infuser ton art, et rien n'est restreint à une simple formule. C'est bon s’ils aiment, et c'est tout. Je trouve ça vraiment génial – l'enthousiasme joue vraiment un rôle important dans tout ça. Je pense que Londres a beaucoup à apprendre d'eux. J'aimerais que ce soit le cas. Et c'est pour cette raison que notre relation perdure, il y a une exploration musicale des deux côtés.

Sur le nouvel album de Planetary Assault Systems – difficile de dire si la pochette colorée m'incite à penser cela –, on ressent un côté très expressif. Très ouvert, contrairement à beaucoup d'autre productions de techno berlinoise qui sont souvent plus introspectives.

C'est agréable de t'entendre dire ça. En ce qui me concerne, j'ai composé beaucoup d'albums qui ont été prémédités. Mais Arc Angel était beaucoup plus spontané. Je me suis simplement dit : je vais composer. Je suis un piètre peintre, mais je me suis dit : je vais peindre avec du son. Tout simplement, sans réfléchir. Est-ce comme ci, ou comme ça ? Plutôt abstrait ? Je m'en fiche… Je veux juste composer, sans penser à ce que je fais, où à quelle catégorie ça appartient. C'est donc ce que j'ai fait, et voilà le résultat. S’il y a une raison pour tout ce que je fais, c'est d'encourager les gens avec enthousiasme à ouvrir leur esprit de nouveau. On est en 2016, et je vois les choses se refermer autour de moi. Je réalise que l'on tombe dans une mentalité conservatrice. Est-ce qu'il ne serait pas sympa de voir l'inverse ? Voir les gens s'ouvrir et se laisser aller un peu plus ? Cela vient peut-être du fait que c'est ce que je souhaite pour moi-même, et que c'est aussi la direction que j'emprunte. Dans tous les cas, je n'aurais pas pu retourner dans un studio pour composer un album linéaire pour les clubs. Je n'ai plus le goût pour ça.

Quel impact le fait de ressortir et de fouiller dans les éléments de The 7th Plain a-t-il eu dans tout ça ?

Ça a été assez éprouvant. J'ai récupéré toutes les cassettes DAT et audio, et j'ai dû les réécouter une par une pour retrouver mes vieux morceaux. C'était comme un flash-back me ramenant en 1994, très chargé en émotions. Ça ne me plaisait pas vraiment… Je me suis dit : « Merde, je me souviens avoir fait ces morceaux, mais ça fait tellement longtemps que je ne les ai pas écoutés. » Et il y a toutes les émotions qui vont avec, bien sûr…

"La pire période, c'est entre la finalisation d'un album et sa sortie. C'est comme si je traversais l'enfer."

C'était plutôt les évènements liés aux morceaux ou la musique en soi qui faisait resurgir les émotions ?

C'étaient les évènements liés à cette période… Cette époque était très ouverte sur le plan musical et sociétal, mais c'était aussi une période très difficile pour moi. Et même s’il y a cet aspect magnifique à cause de certaines choses que je ressentais, je suis vraiment content que tout ça soit derrière. Je ne veux plus retraverser cela. J’ai tout digitalisé, et maintenant je ne ressortirai plus jamais ces cassettes DAT.

Est-ce que tout ça a déteint dans les morceaux d’Arc Angel ?

Je pense que oui. Je suppose que c'était une sorte de mélancolie. Un sentiment de nostalgie en repensant à l'époque où tout était plus ouvert d'esprit. Y aura-t-il un autre Summer of Love ? Est-ce qu'on va faire demi-tour et dire « Non ! On ne veut pas de cette cupidité démesurée qui pourrait bien s'insinuer dans notre culture » ? Ça m'a fait me rappeler qui j'étais, et c'était comme un test pour voir si je croyais toujours en certaines choses. Et c'est le cas. Ça a bousculé des choses dans ma tête, je pense. Je me suis dit que je pouvais suivre ce fil conducteur, parce que je pense toujours que ces croyances sont très importantes. C’est ainsi que 7th Plain a déteint dans Planetary.

1994 est une année intéressante du fait que c'était pile poil le moment où l'unité du mouvement de la rave – et tu as joué quand ce mouvement était a son apogée – commençait à se dissoudre. Malgré tout, il y avait encore un lien étroit et direct entre la techno, la jungle, la baléarique, la trance, la musique de hippie, et même la soul et le jazz…

Il y avait sans aucun doute un même élan qui englobait tout ça, et c'était vraiment génial. C'est dangereux de comparer cette époque avec l'actuelle. Est-ce différent de nos jours ? Bien sûr que oui. Et l'ancienne époque était définitivement belle, pour pleins de bonnes raisons. Beaucoup de personnes exploraient, allaient de l'avant en pensant : « Au diable ! Je vais aller découvrir ce qu'il y a à voir, et choisir si je veux vivre tel ou tel type de vie. » Je trouve que ce fonctionnement est sain.

Est-ce une des raisons qui t'incitent à rester avec Ostgut et le Berghain : leur attitude un peu bohème comme cette époque ?

Oui, je pense qu’ils sont comme ça. Du moins, ils n'ont pas de préjugés sur qui que ce soit, et je trouve que ça super. L'un des premiers lieux ou j'ai joué comme résident était à Londres. Dans un club qui s'appelait Troll in Soundshaft (une petite salle maintenant fermée à côté du célèbre club gay le Heaven). C'était un club moitié gay moitié gothique, et c'était un tout autre monde. J'adorais cet endroit. J'y retrouvais tout ce que je cherchais : un joyeux bordel avec des gens de toutes sortes. C'était vraiment génial.

C'était bien l'un des premiers clubs où l'on jouait de la Detroit techno au Royaume-Uni ? Du genre Front 242 ?

Tout à fait. Je me souviens avoir passé quelques vinyles de Front 242 moi-même. Mais c'était un grand mélange. On y jouait de la Chicago acid et plein d'autres musiques pleines d'âme. Puis arrivèrent le new beat et toute la vague italo… Et c'est là que tout a commencé pour moi. C'était ma case départ et mon QG : « Je voudrais que les choses soient toujours ainsi, c'est comme ça que je veux voir les choses. » Et après ça, le Berghain est le premier club où j'ai retrouvé cette ambiance et pensé : « Tiens, voilà comme un air de déjà-vu. » C'était déjà un gros point positif de marqué.

J'ai aussi entendu parler du Elektroakustischer Salon au Berghain. C'est un trip plutôt ambient, c'est bien ça ?

Ouais, ambient comme tu dis. J'y étais il y a quelques semaines de cela pour le lancement de 7th Plain. C'est dans le hall à côté du Berghain. Je me disais, une salle d'ambient ? Mouais… Et en fait, j’aimerais vraiment qu'ils reviennent ! Ce n'est pas évident du tout de réussir ce genre de projet. Si tout n'est pas comme il faut pour créer l'ambiance, alors c'est juste un bar. Mais ce coup-ci, je suis rentré dans la salle, et c'était la plus belle chose que j'ai jamais vue. Tout était rouge, un rouge genre satiné, dans un hall qui n'en avait plus l'air. Le sound-system était de très bonne qualité, et aucun beat n'en est sorti, aucune percussion. Et j'ai adoré ! C'était vraiment bien, ils ont complètement réussi leur coup !

"Quel genre de société serions-nous si personne n'était poussé par cette envie explorer ?"

A l'ère de la rave, les chill-out avaient du sens car il y avait beaucoup de gens qui prenaient beaucoup de LSD…

Eh bien… Les gens font ce qu'ils font, non ? Je pense que seuls les imbéciles croient pouvoir vivre une vie sans expérimenter tout un tas de choses. Quel genre de société serions-nous si personne n'était poussé par cette envie explorer ? De toute évidence, certains supportent mieux que d'autres la monotonie… Mais l'être humain a toujours exploré, c'est dans sa nature. Nous n'avons jamais été heureux du simple fait d'exister. On se dit plutôt : « Tiens ? C'est quoi ça là-bas ? Et pourquoi c'est là ? Et qu'est ce qu'il s'y passe ? » Et j'aime ça. Je trouve que c'est une bonne façon d'être. Peut-être pas la plus sécurisante ceci dit (sourire). Si tu m'avais posé la même question en 1994, j'aurai été convaincu que 100 % de ce que je viens de te dire était vrai, et que tout le monde devrait fonctionner comme ça. Mais aujourd'hui, je vois aussi l'autre côté des choses, et même si je pense toujours pareil, je n'irai pas me battre pour imposer mes idéaux comme avant.

Arc Angel m'a tout l'air d'être un album psychédélique...

Je voulais vraiment retourner à la couleur. Je commençais à être très las du noir et blanc et j'aime la couleur. Avant qu'ils ne me montrent la pochette de l'album, ils m'avaient prévenu que c'était coloré. Mais quand j'ai vu le bébé de mes propres yeux, j'ai halluciné. Et j'ai tout de suite pensé : « Yes ! C'est exactement ça que je veux voir sur la pochette de cet album ! » Je n'ai pas la moindre idée de comment Viron (Erol Vert, collaborateur régulier de Ostgut, ndlr) a pondu ces couleurs mais j'en suis super content.

Luke Slater - Stomp

Est-ce que maintenant, tu souhaites voir ta musique se diffuser au-delà des clubs ?

Oui. J'ai toujours voulu que ma musique soit diffusée pour tout le monde et ce peu importe où c'est possible. Toutes les opportunités sont bonnes à saisir, tant que je peux jouer la musique que j'aime. Plutôt que de se cantonner à un autre endroit où l'on ne jouera peut-être qu'un seul style de musique. Au lieu d'essayer de s'adapter, je trouve que s'étendre à plusieurs endroits donne une perspective plus excitante. Et je pense que Berlin emprunte le bon chemin pour aller dans ce sens-là.

Pendant longtemps, les seuls endroits où l'on pouvait entendre de la musique électronique mis à part sur un dancefloor étaient les lieux artistiques. Ce qui pouvait être génial, mais on pouvait aussi perdre ce côté spontané et rustique que l'on trouve dans les raves.

Mmmmh… Le côté rustique, c'est important ! Mais il faut penser à la tendance actuelle. Aujourd'hui plus que jamais, j'ai la sensation que ce que je compose pourrait bien convenir dans des lieux à orientation artistique. Parce que beaucoup de musique électronique est devenue plus tranquille et accessible au grand public. Donc je vois bien ce revirement ou le monde de l'art (les gens de l'autre côté de la barrière, si tu préfères) adoptera ce qui est plus en marge. C'est quelque chose qui reste dans un coin de ma tête.

Il y a de nos jours beaucoup de collaborations entre art et musique qui sont intéressantes et très abstraites. Je pense notamment à Arca, Chino Amobi, Oneohtrix Point Never…

Bien sûr. Mais c'est souvent que ce style de musique assez tranché et radical va de pair avec le monde de l'art. Tandis que là, je parle du monde de l'art qui adopterait des musiques authentiques dont la base est rythmique. Comme ce que je fais, certes, mais de façon plus générale, je parle de la musique qui vient de l'art du rythme. Que ce soit dans les percussions, dans les mélodies, ou autre. Je pense que l’élévation du Berghain au rang de lieu culturel (link) est un bel exemple : la musique rythmique a été acceptée comme un art. De toute évidence, c’est un exemple que Londres devrait suivre un peu plus…

Au-delà de ceux en cours, est-ce que tu prémédites tes projets à venir ?

Mmmh, ouais… Un peu. Dans le sens où je décide d'une direction à suivre, et si je le sens bien, je l'adopte. Mais je ne pense jamais plus loin que quelques années, tout peut changer à n'importe quel moment. J'essaye de vivre dans le présent. Mais dans tous les cas, il faut toujours que je travaille sur un projet pour être heureux. J'aime qu'il y ait du challenge ou matière à réflexion dans ce que j'entreprends. Aussi, je m'éclate dans ce que je fais. Je m'amuse beaucoup plus quand j'ai des dates qu'avant. Je ne sais pas trop pourquoi… Je suis peut-être plus heureux qu'avant, tout bonnement. Enfin je crois… Tourner peut vraiment être génial. Le voyage en soi est parfois pesant, mais jouer en soirée, c'est excellent.

Luke Slater - Love

Es-tu le genre de personne à bien supporter le manque de sommeil ?

Oui plutôt pas mal. Une fois que tu prends le rythme, tu ne ressens presque plus le manque de sommeil… Je n'ai pas de problème avec cet aspect-là. J'y suis habitué.

Tu sembles croire encore à ces moments de magie sur les dancefloors.

Eh bien, je continue à rechercher ces moments, quoi qu'il en soit. Mais les manières de montrer son appréciation sont parfois étranges. Ce n'est pas forcément pareil d'un public à l'autre, et cela change pas mal les choses. A mes débuts, j’ai vu des tétines et des sifflets, des chaussures en Espagne – je n'ai toujours pas compris pourquoi –. Il y a eu aussi cette phase ignoble où les gens faisaient des cœurs avec leurs doigts… Heureusement je me suis échappé de ça maintenant. Tu écris pour un magazine français, c'est bien ça ? Alors laisse-moi te dire une chose : les Français sont très, très cool avec moi en ce moment. Ils donnent vraiment la sensation de mettre du cœur et de l'âme dans la chose. Ce n'est jamais pareil suivant les pays, et en fait, plus le public est difficile, plus ça me motive !