subtyl

1/ Peut-on revenir sur l’histoire de ce nom ?

Sina : Courant 2011, après avoir bossé trois ans dans l’univers du club, j’ai pris un break pour me demander : à quoi on servait vraiment ? Que voulait-on apporter à Paris ?

Djamel : Nous nous sommes installés quelques semaines à Ivry, en coloc. C’est à ce moment-là que notre engagement pour les sous-cultures électroniques, et dans une certaine mesure la « contre-culture », s’est dessiné. On voulait aussi remettre en cause certains codes : le DJ roi, les physios oppressants, les backstages...

Sina : Le mot « subversion » me trottait en tête, mais évidemment, il était hors de question de s’autoproclamer « subversifs » : ça manquait cruellement de subtilité… Et boom, Subtyl était né.

2/ En réalité, qui se cache derrière ?

Une bande d’amis, Etienne, Cédric et Sina, rejoints ensuite par Djamel. Cette année, Etienne et Cédric nous ont quittés et deux nouvelles têtes débarquent : Marianne et Sophie.

3/ Votre ligne artistique en quelques mots-clés ?

Musique de club éclectique et scénographie inattendue.

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4/ Si vous aviez un slogan ? Un hymne ?

Restez subtils.

5/ Si on vous demande ce que vous avez plus que les autres, vous répondez…

Notre public. On a toujours évolué sur le principe du bouche à oreille, en invitant des artistes d’univers différents et ça se sent dans notre public, ouvert d’esprit, contrasté et respectueux. Ça, ça change ta soirée.

Après, ce que les gens retiennent, ce sont les lieux uniques et les installations et performances. On a invité une troupe de danse pour un spectacle au milieu de la foule, repeint entièrement les murs d’un hangar de symboles mystiques ou encore installé un système de lampes LED réagissant au mouvement des gens. À 3h du mat, tout le monde avait compris le système et s’est mis à danser autour comme s’il s’agissait d’un totem futuriste.

6/ Trois mots pour définir votre public ?

Gai, ouvert d’esprit, aventurier.

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7/ Une préférence pour le choix des clubs/salles où vous organisez ?

On kiffe les clubs – on est nés dedans. Mais avec Subtyl, on voulait proposer une alternative, un projet qui ne booke que des artistes locaux et qui investit 50 % de l’artistique dans des installations et performances. Au final, on a réussi à trouver des espaces où l’on trouve cette liberté. Proposer des spots secrets et inédits est super excitant. Mais tôt ou tard, on fera un truc en club.

8/ Vous êtes abonnés à Paris ou vous vous baladez ?

On est surtout abonnés à la banlieue, mais pour nous, il n’y a aucune distinction, notre vision est francilienne. On s’est beaucoup baladés – Berlin, Offenbach, Varsovie, Roumanie, Suède, Portugal, Pays-Bas… On s’estime vraiment Européens dans le fond.

9/ Le truc le plus WTF qui soit arrivé pendant l’un de vos événements ?

Lors d’une de nos soirées Lost & Found, un groupe d’une dizaine de personnes se prenaient dans les bras. En me rapprochant, j’ai compris qu’ils pleuraient tous de joie et s’embrassaient les uns les autres.

Pour le reste, on ne flique personne, c’est la main invisible de la fête qui autorégule la foule. La lumière est tamisée, voire inexistante dans certains coins et ce n’est pas un hasard. Créer un espace de liberté intimiste sans être glauque, voilà l’idée. 

10/ On peut ramener ses parents à vos soirées ?

S'ils sont ouverts d'esprits, complètement. Les miens viennent régulièrement. Tant qu'ils ne nous font pas la morale. 

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11/ Si on s’incruste en backstage avec vous, ça donne quoi l’ambiance ?

Pas de backstage aux soirées Subtyl. Tout le monde fait la teuf ensemble.

12/ Comment imaginez-vous la soirée de rêve ? Avec quel line-up ?

On a toujours rêvé d'organiser une teuf en pleine nature, mais accessible en métro. Et ça va se faire en octobre. Au line-up, toujours la même ligne directrice : des gens talentueux, engagés pour faire kiffer Paname jusqu'à ce que mort s'en suive. #local

Au plateau, il y aura AZF qu'on voulait booker depuis quelque temps, Behzad & Amarou, Philia (le nouveau projet de Tom Joyce, Kermit Dee et Rx), Tijo Aimé et les résidents Subtyl – Sina & Djamel Naït.

13/ Si je regarde un peu vos playlists du moment, j’y trouve quoi ?

Sina : De tout, mais surtout de la techno, new wave, EBM, house et une pointe de trance.

WOMINA WELLS - "FUCK OJ"

Cadency - Digitally Controlled Emotionless Systems

Djamel : Du son de club.

Chestnut - Pure Moods

14/ Les derniers artistes que vous avez fait jouer ?

Heartbeat (DEMENT3D), Wrecka Spinnazz Club ou encore Kermit Dee.

15/ Il y a quoi à l’horizon pour vous ? 

Le 8 octobre, on lance officiellement la nouvelle saison Subtyl à la Folie. Après on enchaîne sur une teuf dans une réserve naturelle protégée accessible en métro, sur un format minuit-midi le 22 octobre. Ca se passe .

16/ Un dernier mot ?

Défendez votre scène locale, ne jugez pas votre voisin et surtout, dansez autant que possible.