Photo en Une : Flavien Prioreau


Gagnez vos places pour le Neopop Festival en envoyant un gentil mail à concours@traxmag.com / objet "[4/08/2016] NEOPOP"

Unforeseen Alliance

Comment en êtes-vous venus à vous associer tous les quatre ? 

Birth Of Frequency : C'est une idée que l'on avait en tête depuis un petit moment déjà. On savait qu'un jour, on allait le faire. Mais celui qui a donné naissance à ce projet n'est pas un de nous quatre : c'est Axel, le manager de Construct Re-Form qui, un jour, nous a annoncé : “Premier live tous les quatre à la Machine du Moulin Rouge fin janvier 2015 !”

Antigone : Axel nous a bien aidés en nous forçant un peu la main. Sans lui, on en serait encore à en parler !

Voiski : Ca semblait si évident à faire qu’il fallait bien que ça arrive !


Au final, chacun est en charge de ses machines perso ? Qui se sert de quelles machines ?

Voiski : Sur scène, j'ai mon ordinateur avec quelques samples, qui passent dans un filtre puis dans une reverb. et aussi un petit synthé Future Retro XS programmé avec un Beatstep Pro et qui passe dans un delay Boss. Et oui, chacun est en charge de ses machines, on ne touche pas aux affaires de nos voisins, sauf pour y coller des mots doux de temps en temps.

BoF : Voiski gère des samples via Ableton Live, Antigone a une Monomachine, Zadig une TR-909 et une TR-8 et moi, je gère aussi des samples via Ableton Live, que je passe dans une chaîne d'effets.

Antigone : On a tous une machine attitrée car on a tous une place bien précise dans le live. Par exemple moi, avec la Monomachine de Elektron, je vais surtout m'occuper de tous les petits sons un peu spatiaux, très "bleepy".



Comment composez-vous en live ? Une personne en charge de la rythmique, l’autre des nappes, des effets, du mix ?

Voiski : Sylvain (Zadig) est le batteur du groupe, Simon (Birth Of Frequency) fait les basslines et le mix du live, Antigone fait plein de sound FX de l’espace et moi, je m’occupe principalement des nappes, des “white noises” et de quelques “arpeggiations”.

Antigone : On a chacun pris la place qui nous correspondait le plus.



Y a-t-il des parties répétées ou écrites au préalable ? Des morceaux ou des pistes issues de vos tracks perso ?

Voiski : Il n’y a pas d’éléments de tracks perso à ma connaissance. En tout cas, pas des miens. Ce sont uniquement des sons fabriqués pour ce live. On utilise quelques samples qui sont donc pré-enregistrés mais passent à travers tout un tas d’effets. et on utilise aussi des vrais synthétiseurs. Je ne sais pas comment chacun les programme mais de mon côté, les séquences sont vaguement écrites au début mais assez vite déprogrammées au cours du live pour parfois finir en mode complètement aléatoire.

BoF : De mon côté, tout est répété et écrit au préalable. Après, pendant le live, on improvise au niveau des breaks et des rythmiques pour donner plus au moins de punch au morceau.

Antigone : Quand on commence un live à quatre, il faut mettre à plat un projet sinon, on part très vite dans quelque chose de bordélique et c'est la cacophonie. On a donc commencé avec un premier projet qu'on a changé au fur et mesure de nos représentations sur scène. Mais la magie du live fait que chaque gig est différent par les erreurs ou par des improvisations. Pour ma part, certains sons de synthé font effectivement partie de mes propres projets ou alors de session de studio que j'ai mis de côté justement pour Unforeseen Alliance.



Si on pouvait être avec vous dans le booth en plein live, qu'est-ce qu'on verrait ?

Voiski : On me verrait probablement souvent en train d’enguirlander mon voisin, Birth Of Frequency, pour qu’il me monte le volume de mon synthé que je n’entends jamais. Ou alors faire des signes lointains à Zadig pour lui demander de faire un break dans ses rythmiques.
Antigone est trop loin, je ne peux rien lui dire mais par contre, je le regarde danser et ça m’amuse bien!

BoF : C'est assez dur à expliquer… Ce sont plus tout un tas de sentiments qui se bousculent en ce qui me concerne : de la peur, de l'excitation de l'anxiété, de la joie… En général, c'est souvent après le live que j'arrive à analyser ce qui s'est passé et à réellement mettre des mots sur ce que j'ai ressenti.

Antigone : Tout le live est construit sur l'écoute de l'autre et les gestes, pour dire qu'on change de morceau ! 

Quel serait le meilleur conseil à donner pour qui veut se lancer dans un live à plusieurs ?

Voiski : Un conseil technique et bien pragmatique : acheter la dernière version d'Ableton Live avec la fonction Link.. Dans mes nombreux projets collaboratifs, la synchronisation a toujours été une énorme source d’angoisse. Ca fait dix ans que l’on se prend la tête sur ça : connecter les machines en MIDI ou en réseau ethernet. Dès qu’il y a des ordinateurs dans le jeu, rien ne tient, sauf ça.

BoF : Être patients, s'écouter les uns les autres et savoir laisser de la place pour que chacun s'exprime. 

Antigone : Le faire avec des amis !