Absent des actualités musicales de 2011 à 2015, le producteur français Popof sort son premier album Love Somebody en 2015. Un opus très house, qu'on ne lui aurait pas soupçonné. Après le hardcore et la techno minimal, Popof explore de nouveaux horizons. Malgré cette absence des studios, le DJ a continué de jouer dans les clubs et en festival. Samedi 28 mai, il sera aux côtés de Dop, Grego G et Vincent Malville pour la soirée Origin au DIEZ à Montpellier.

Avant la sortie de ton premier album Love Somebody en 2015, tu es resté quatre ans sans produire de musique. Que s’est-il passé dans ta vie pour que tu changes à ce point de registre musical ? Y a-t-il une rencontre ou un événement particulier qui pourrait expliquer cette évolution ?

C’est vrai que je me suis reposé sur mes acquis pour me concentrer sur des dates de concerts. Je venais d’avoir mon fils aussi, donc je n’ai pas passé trop de temps en studio. Mais pour revenir à la musique, j’ai toujours aimé la house. Je suis passé par le hardcore et la techno, puis j’ai eu envie de faire autre chose. C’est une question d’envie musicale. C’est comme une pulsion ! Avec Arno, que j’ai rencontré dans les raves, on voulait explorer d’autres terrains. (Arno Joey pose sa voix sur l’album Love Somebody, ndlr).

Dans un festival au Brésil, tu expliques avoir rencontré Lee Foss, fondateur du label Hot Creations, qui semble apprécier ce que tu fais. À ce moment là, il s’agit de quel style de musique ?

C’est exact ! Lee y a joué un de mes morceaux de techno minimale, assez mélodique et dark. Du coup, nous avons discuté.


Ce qui a permis la sortie de Love Somebody sur le label de Jamie Jones et Lee Foss.

C'est ça ! À la base, nous avions pensé à Cocoon pour sortir l’album mais ça n’a pas abouti. Alors nous avons envoyé une trentaine de morceaux à Jamie et Lee. Ils ont accroché. Nous nous sommes revus et avons sélectionné tous ensemble les onze morceaux de l’album final.

"Musicalement, les free parties ne m’intéressent plus."

Dans une précédente interview, tu disais respecter tes racines hardcore avec Heretik mais que ce n’est plus ce style qui t’intéresse musicalement aujourd’hui. Pourtant, cette année, à l’occasion de leurs 20 ans, tu as joué avec Heretik. Qu’as-tu ressenti ?

Je kiffe toujours autant ! Heretik, c’est ma famille. Après, musicalement, je suis resté intègre, en étant un peu plus soutenu quand même. Mais j’ai adoré être avec eux. Dès qu’on se retrouve, il y a toujours une ambiance particulière.


Actuellement, les free parties battent leur plein un peu partout en France. Lorsque tu en entends parler, qu’est-ce que cela t’évoque ? Souhaiterais-tu y revenir en tant que DJ ou spectateur ?

En tant que spectateur, pourquoi pas mais en tant que DJ, je ne pense pas. Je ne suis vraiment plus dans ce milieu, que je respecte à mort. Mais je me réjouis de savoir que ça continue. Musicalement, ce qui se joue dans les free parties ne m’intéresse plus parce que je suis passé à autre chose. Il y a des gens qui se plaisent dans le même style musical toute leur vie. Ce n’est pas mon cas. Quand j’ai envie de jouer un nouveau style, je le fais. Je me pose pas de questions. Ce sont des pulsions. Je ne sais pas où je serais dans deux ou trois ans. Peut-être dans un nouveau style.

Quel état esprit préfères-tu : celui d'une rave ou celui d'une soirée en club ?

Dans ces deux milieux, du moment que les gens sont là pour faire la fête, ça me va. Je me suis toujours senti bien dans les deux. À partir du moment où il y a un public qui me suit, je suis dans mon élément. Je me sens plus concerné par la musique que je fais et le public qui me suit plutôt que par le prix de l’entrée et la politique du lieu. Quand je me suis éloigné du hardcore pour faire autre chose, j’ai été mal vu par certaines personnes. On m’a traité de vendu alors que j’empruntais juste mon propre chemin.

La dernière sortie de ton label est signée Mladem Tomic. Elle sonne beaucoup plus techno que les précédentes. Y a-t-il une direction particulière que tu veux suivre avec Form, à l’instar de tes productions ?

Non, pas du tout. Avec Form, on ne défend pas vraiment une identité musicale. On sort ce qui nous plaît sur le moment. L’objectif est vraiment de produire des artistes talentueux, qui, à mes yeux, méritent d’être mis sur le devant de la scène.



Dans cinq ans, tu te vois plutôt mixer dans une cave avec les gars d’Heretik ou sur une scène de Coachella ?

Franchement les deux me plairaient bien. J’adore faire des trucs avec Heretik. Récemment, on parlait de refaire le même genre d’évènements qu’à l’époque. C’est en discussion. C’est vrai que ça me ferait kiffer de refaire ça. Dans cinq ans, j’espère surtout que je gagnerais toujours ma vie avec la musique. Sinon, je suis dans la merde (rire).

Des remix de Lidl Girl sont en prévision sur Hot Creations. Ta prochaine release, c’est pour quand ?

Il y a un mois j’ai sorti un EP sur Khaoz Theory, le nouveau label de Kerri Chandler. Les remix de Lidl Girl sont à venir prochainement avec Magda, Kerri Chandler, The Carl Cox Collective, Shaun Reeves et Tuccillo. Mais après toutes ces actualités, je n’ai pas de sortie prévue. Mais un bon été s’annonce avec plusieurs dates, notamment à Ibiza avec la closing du Space avec Carl Cox ou encore au Paradise avec Jamie Jones.