Peut-on revenir sur l’histoire de ce nom ?

Voyeur est un label électronique provocateur, idéaliste, sexy et sans trop de barrières. L’idée flottait dans ma tête depuis un moment. Sur la forme, comme je voyage souvent, je voulais un nom franco-anglais glamour, asexué, évocateur mais pas porno, pas compliqué à prononcer dans d’autres langues, et déclinable si besoin est, en pensant plus tard à nos soirées. Sur le fond, je voulais un mot qui définisse notre époque, sur un aspect plus social et générationnel.

Nous sommes trop souvent les spectateurs d’une vie contrôlée et programmée qui nous échappe. Sans ce pouvoir d’être complètement les acteurs de notre époque, l’effet pervers est de nous transformer en voyeurs. Nous nous adaptons à notre époque, elle ne s’adapte pas à nous. Je vois souvent les grands rassemblements du week-end comme des exutoires et y trouve la revendication d’une génération silencieuse qui a envie de se retrouver autour d’un cri positif, intérieur et fédérateur : la musique. Je voulais un label qui ne s'adresse pas qu'aux aficionados ou aux experts. J’ai laissé la porte ouverte aux curieux. L’idée d’élite m’emmerde. Quand on aime quelque chose, on veut le revendiquer.

En réalité, qui se cache derrière ?

Des artistes de talent, une bande de copains, un crew, une famille. Un mec assez jeune, curieux et expérimenté, qui – après avoir digéré beaucoup de musique, vendu des vinyles, bossé en club et reniflé des artistes pour des majors – avait envie de créer sa petite famille autour de ce qu’il aime. J’aime penser que le label appartient aussi et surtout à ceux qui en font sa matière principale : les artistes. Aujourd’hui, Voyeur est un collectif de DJ’s et de producteurs qui sortent du lot : Juan, Antony Toga, Kevin OZ aka Young Pulse, Fatoumata, Tito Aka Jaaneman, Maga, Time, Dorian Craft, Elias Tzikas, Mario Boudagh & Michka, Sara Zinger, Tom Ap, Newman, Paul Johnson, Frederick Stone, Thomas Toccafondi, David Crops, Elias Tzikas, Steve Mill, Sucré Salé, Marcelo Cura – pour ne citer qu'eux – et tous ceux qui y ont participé de près ou de loin. La liste des nouveaux arrivants est longues, il y a eu aussi dernièrement Supermen Lovers ou CätCät qui supportent déjà activement le Label. Voyeur est une famille soudée qui s’agrandit autour d'une même idée.

Finissez cette phrase : Tout a commencé…

Tout a commencé quand j’étais encore mineur, un soir d’été. Largement impliqué dans le hip-hop marseillais des années 90, j’ai fait le mur avec un ami. Je me suis retrouvé dans la poussière d’une rave, à discuter avec DJ Hell et Moby. Le jour d’après, tout a changé. En ce qui concerne le label, ça m’est venu naturellement. Ça a commencé quand j'ai constaté que, lors des week-ends en club, j’arrivais à convertir une minorité de gens à cette musique, à l’origine jugée trop élitiste. Comme j’étais sous la lumière d’une résidence qui a fait du bruit (Raspoutine), j’ai commencé à recevoir des démos, des re-edits et j’en ai fait beaucoup moi aussi. Et puis je me suis dit que c’était dommage de ne pas sortir certaines choses au grand jour. Avec la dématérialisation du disque et mon background, il m’est paru évident que monter un label était une suite logique et une démarche moins risquée aujourd’hui grâce au digital. Réseau aidant, je me suis lancé.

Votre ligne artistique en quelques mots-clés ?

Notre ligne artistique est éclectique, énergique, fédératrice, fidèle, avant-gardiste et généreuse. Je ne me fixe aucune règle. Ma vision est plutôt simple : pour le moment, j’essaie de signer des productions que j’aimerais entendre en club ou en festival ou que je me m’imagine jouer en tant que DJ. La DA est donc plutôt instinctive, sincère et libre. Du moment qu’il s’en dégage de l’énergie ou des émotions, chaque production devrait potentiellement trouver écho dans les clubs et chez les DJ’s, ou — soyons fous — à terme, sur les radios. C’est pour cela aussi que je souhaitais sortir de cette idée de musique élitiste ou destinée à une caste. Après toutes ces années, j’avais envie de démocratiser ce qui a maintenant trente ans.

La house et la techno sont maintenant matures, comme peuvent l’être le rock ou la disco. Ce qui serait nouveau à mon sens, ce serait d’en entendre plus sur les ondes, auprès des diffuseurs nationaux. Si le label est anglais, c’est par choix, par culture, et certainement parce que les anglais ont assimilé, compris cette musique et bénéficient de plus de supports que nous dans ce domaine. Il fallait donner toutes ses chances au label en étant basé sur une place stratégique et centrale.

Au fond, nous ne sommes plus Français, nous sommes Européens, et la musique appartient à tout le monde. Le petit plus du label, c’est d’offrir aux DJ’s la possibilité de refaire les tracks avec les Stems, Tools, et Accapellas qui sont inclus dans les sorties. Potentiellement, la bonne prod, c’est celle que je ressens pour être quelque chose qui va interpeller d’autres oreilles que les miennes, et qui va trouver son public. Une chose importante dans ma démarche : je ne cours pas après le tube. C’est lui qui va me courir après.

Si vous aviez un slogan ? Un hymne ?

“Chacun fait ce qui lui plait.” Précipice, on s’en fout (référence au groupe français des années 80, Chagrin d’Amour, dont Fabrice est fan ndlr). Ou bien, “Le monde appartient à ceux qui se couchent tard et se lèvent tôt”.

Si vous deviez associer l’esprit du label à un club du monde ce serait…

Je ne citerai pas un club en particulier justement, parce qu’aujourd’hui tout change trop vite. Historiquement, bien entendu, les histoires du Paradise Garage ou du Studio 54 ne m’ont pas laissé indifférent. J’aime les disques et les histoires qui se cachent derrière. L’esprit du club idéal, c’est finalement celui qui est capable de te sortir de tes retranchements, celui qui te prend sans que tu t’en rende compte. Pour répondre précisément à ta question, j’ai signé pas mal de prods que j’ai imaginées être jouées au DC10 ou au Space a Ibiza.

La raison est simple : j’adore l’énergie de l’île. Ibiza reste encore le lieu de prédilection dans le monde ou notre musique existe et se développe. L’unité, la diversité, l’énergie, l’optimisme. Tout ce qui nous manque aujourd’hui dans nos sociétés, en fait. Musicalement, un des exemples les plus frappants sur le label, c’est la découverte de Juan, un artiste qui se cachait dans son studio, et qui a fini par être joué plusieurs fois au Burning Man. Mon souhait, c’est que chaque prod trouve écho un peu partout, d’un club champagne de Miami à un défilé de mode ou dans un festival dans le désert.

Plutôt vinyle, CD ou digital ?

Tiens, cette fameuse question… Qui n’aimerait pas éditer en vinyle ? Sur le fond, le vinyle restera le support majeur, parce qu’il matérialise l’œuvre. Ce contact, cette liaison physique, je la connais, je suis heureux de l’avoir vécue, et ne peux que la comprendre. Mais j'ai l’impression qu'aujourd’hui, cette question se pose surtout chez une nouvelle génération de DJ’s en quête d’intégrité, pour qui le vinyle est le Saint-Graal de la respectabilité. En revanche, je suis ravi que ce support existe toujours, mais pour le moment et à mon échelle, il m’est impossible de presser. C’est un droit que je me réserve pour l’avenir, peut-être sous forme de coffret annuel en édition limitée. À réfléchir donc.

Je suis conscient que ça représente un objet culte, mais qui relève surtout aujourd’hui plus de l’artisanat que de l’industrie. Sur la forme, quand je pense à Technics, qui se frotte les mains de ressortir pour la énième fois la Mk2 en édition prestige et à un prix exorbitant, je vois ça plus comme des opérations de niches éphémères qu’un regain d’intérêt pour relancer la vente de disques. Sur l’aspect pratique, je t’avoue que suis bien content de ne plus courir les aéroports avec des sacs de pierres sur les épaules et des flight case qui ont le poids d’un âne mort au bout des bras. Et puis, l’avantage du digital est incomparable. D’abord parce qu’il permet plus de possibilités. Tu réédites, tu loopes, tu reconstruis : il y a un coté live qui est indiscutable. On peut aussi sélectionner beaucoup plus de tracks, de les trouver plus facilement parce que tu les classes selon tes besoins. Tu fais donc moins de concessions sur ce que tu vas emporter avec toi.

En revanche, un DJ doit absolument avoir des vinyles dans sa collection, et doit toujours se pencher sur les sorties. À la maison, le plaisir de jouer un disque rare de jazz ou de funk reste intact, le geste est unique. Mais je me vois mal revenir en arrière pour en jouer en soirée, sauf occasion exceptionnelle.

Le distributeur est sympa ?

Pour être honnête, j'aimerais qu'il mise plus sur le label en 2016. Je peux comprendre qu'ils soient débordés. Il y a tellement de sorties tous les mois que certaines productions se retrouvent noyées parmi d'autres, et tombent dans l'oubli à peine sorties. Ma force, c'est d'avoir vécu la musique électronique de l'intérieur et sous toutes ses formes. Je ne me suis pas réveillé un matin en me disant “Tiens, si je montais un label ?”. Si j'ai trouvé des artistes qui ont fait le tour du monde depuis et ont a leur actif plusieurs disques d'or, c'est qu'il y a une raison. La label était réfléchi et arrivait dans la suite logique de mon expérience, mon réseau et ma culture. Je sais aussi qu'il commence à y avoir des yeux qui surveillent attentivement, alors je suis patient, ça viendra naturellement : chaque chose en son temps. Tous ceux qui gèrent un label te diront que le but premier d'un label indé, c'est pas de gagner de l'argent, c'est surtout de ne pas en perdre. Alors oui, j'aimerais que le distributeur se défonce autant que moi et qu'il me fasse confiance.

Côté artwork, comment fonctionnez-vous ? Que cherchez-vous à exprimer ?

L’illustration correspond au contenu du disque ou à la personnalité de l’artiste. J’aime jouer sur les contrastes, les paradoxes, l’image ou la couleur. Je m’amuse quelques fois à y placer des messages cachés. Pour le moment, c’est moi qui gère la DA des pochettes, mais j’aime aussi m’entourer d’artistes, peintres ou graphistes, comme Clément Mougel par exemple, qui expose en ce moment à Capetown, et qui a collaboré sur la cover du 005.

À terme, j’aimerais aller plus loin sur l’artwork, en collaborant avec d’autres artistes par exemple. Ça viendra. Je reçois des mails d’artistes intéressants, mais rien pour le moment qui ne corresponde à la vision que je souhaite vraiment. Je suis fan de l’esthétique de Peter Saville, d’Helmut Newton, Herb Ritts ou, plus récemment, du talentueux réalisateur de films Rob Ghiu. Mais je ne suis pour l’instant qu’un petit label électronique indépendant avec de grandes idées et des petits moyens.

Les remixeurs de rêve ?

Pour l'émotion : Mind Against, Rebelski, Bedouin, Damian Lazarus, Jan Blomqvist, Serge Devant, HOSH, Peter Pardeike, Henrik Shwartz ou Jonas Rathsman, entre autres. Pour le coup de fouet et l'énergie hypnotique des grosses foules : David Squillace, Re.You, Andhim, Butch, Patrick Topping. Il y a aussi beaucoup de collabs et remixeurs, acteurs essentiels piochés dans l'ancienne génération, mais j'en parle pas trop parce que c'est sur le feu. J'attends déjà de voir comment arriver à articuler tout ça. Un remix, c'est une interprétation.

Écoute Kevin Oz “The Preacher” (VM008), il contient beaucoup de remixs qui correspondent à des moods différents, à des moments précis. De la traduction tech house sexy par Dorian Craft à l'interprétation de “Chicago” de Paul Johnson, le disque doit pouvoir trouver sa place dans pas mal de sets.

Le remixeur de rêve ça peut aussi être un Français, absent des écrans depuis plus de dix ans sous son nom de DJ, et qui a émis l'idée excitante d'un remix que je sens très prometteur. J'ai hâte de te confirmer ça, mais ça devrait faire beaucoup de bruit.

Dominer le marché du disque ou sortir deux pépites par an ?

Dominer le marché avec deux ovnis par an me semble être un fantasme excitant. Cela dit, restons pragmatiques : n'est pas Quentin Dupieux qui veut, et ce n'est pas tous les matins que Flat Beat ou le Scala d'Agoria vient sonner à ta porte. Je me contenterais de faire des disques suffisamment intéressants pour qu'une majorité les écoute. Si certains les adoptent et les revendiquent, alors ce serait déjà une première étape. Une bonne distrib, c'est important, mais un PR office me paraît aujourd'hui essentiel pour le développement du label. Même si je pensais avoir un bon réseau, ça ne suffit malheureusement pas. Il faut beaucoup de gens qui croient en toi ou des budgets à allouer à la promo, que je n'ai pas. En tant que DJ, je le sais bien : on reçoit tellement de promos qu'on passe souvent à coté de pépites. L'objectif devient alors une stratégie ou tu cibles tes diffuseurs, et donc indirectement, ton public. La route est longue, même si les prods sont bonnes. Le travail et la persévérance, c'est la clé. Il n'y a pas de recette miracle, pas de science exacte. La seule certitude est que si tout le monde y met du sien, c'est un plus. 

De mon côté, je bosse beaucoup, je dors peu. On verra si mon petit coté marathonien fera la différence. Quand tu me parles de domination, j'imagine alors que tu penses a Hot Creations. Mais Rome ne s'est pas faite en un jour. J'ai du respect pour Warp ou Versatile par exemple : c'est ça la domination pour moi. Une ligne de conduite dans l'éclectisme, des prises de risques et au final des labels légendaires.

Il y a quoi de prévu comme soirées ?

Il n'y a pas eu de soirée à Miami pour la Winter cette année. J’ai eu des propositions, mais c’est compliqué à gérer et je ne veux pas le faire pour rien. Je sais ce que c’est : j'y ai joué souvent, Miami, si tu ne l’as pas préparé six mois a l’avance ça ne sert a rien. Je préfère être présent à l’IMS à Ibiza avant les openings, ou au Sonar pour rencontrer directement les acteurs de la scène qui m’intéressent. Le “Various Artist” en préparation pour Ibiza, présentera les artistes existants, et à venir.

Pour l'instant, je rôde la mécanique et le fonctionnement du label. Les soirées viendront après. C'est beaucoup de travail, un gros investissement et beaucoup de temps.

Il est un peu tôt pour en parler, même si on commence à évoquer le sujet avec mes amis de la Coco Beach, comme j’ai une idée précise de ce que je veux, je ne me presse pas. Je me concentre donc pour le moment sur la musique. Si quelques prods sont adoptées par des artistes majeurs, c'est déjà ça de gagné. Seul, je ne pense pas être prêt à produire un événement qui est en adéquation avec la vision que j'ai du label. Chaque chose en son temps. Coté dates, je peux déjà dire que l'EMF Festival m'a approché pour présenter le label. Il faudra de toutes façons des partenariats et des tournées : être totalement indépendant est impossible.

Dans la discothèque idéale de la maison, qu’est-ce qu’on trouve ?

Il faut de tout, mais pas de n’importe qui. Dans les classiques déjà : du rap old-school comme le label Rawkus, tous les Tribe Called Quest, Nas, Eric B & Rakim, des vieux Def Jam, les premiers EPMD ou Redman. Du rock et de la new-wave ensuite : Bowie, Depeche Mode, Front 242, Joy Division, Pixies, Cabaret Voltaire, Morrissey par exemple. De la pop aussi, avec Pet Shop Boys, OMD ou Human League. Des classiques disco et funk, parmi lesquels les labels Philadelphia Sound, Solar, Casablanca, Prelude ou bien entendu Salsoul.

Ensuite, l’essentiel de la techno de Detroit avec quelques Axis ou des Moodymann, de la House de New York avec les labels indispensables comme Strictly Rythm, Wave, MAW, ou King Street par exemple. Beaucoup de tracks de Chicago également, donc du Trax, Relief, Peacefrog, Dance Mania. Coté frenchy, du Versatile, du Blackjack ou Riviera, les vieux Yellow, les Roulé et Crydamoure entre autres. Chez moi il y a aussi tous les Murks (Scène de Miami), dont je suis fan, et que j'ai toujours à portée de main.

Il faut aussi beaucoup d’anglais bien sur, puisqu'il sont à mon sens la définition même de la culture club au travers de la musique électronique. Là, il faut avoir du Junior Boys Own, AM:PM, certains Defected, des classiques sur Azuli, des disques de MJ Cole, Photek, Massive Attack, Soul II Soul et quelques prods du label Bedrock, bien perchés. Des disques de Bossa 70’s, de l’Italo Disco… Pour une discothèque idéale, il faut de tout.

Et si je regarde un peu vos playlists du moment, j’y trouve quoi ?

Là tout de suite dans mes playlists, c’est un bordel pas possible.

Outre l’album Sampler Various Artists pour l’IMS sur lequel je bosse, tu y trouves beaucoup de demos reçues pour le label, et mes playlists updatées pour le week-end, qui vont de la deep house bien profonde à de la tech house bien grasse. En ce moment, j'écoute beaucoup de démos que je reçois et des projets à finaliser. Quand je bosse sur quelque chose de plus formel, et pour la détente, j’aime bien écouter Tame Impala, Blood Orange, Talking Heads, A Certain Ratio. Après la disparition de Bowie, en plein spleen, j’ai ressenti le besoin de ressortir du placard l’album Furyo de Ryuichi Sakamoto.

Comme tout le monde, la musique est aussi une histoire de circonstances. Par exemple, quand je bosse sur quelque chose qui me saoule et en cas d’urgence, j’écoute toujours ma petite playlist 70’s. Quand je cherche l’inspiration, j’écoute de l’acid house, des vieux Basic Channel, des labels comme Henry Street, des classiques Garage Queer aux premiers Dave Clarke, des vieux Trax ou Dance Mania. Toute madeleine est bonne pour me replonger dans l’essence de ce que je fais en ce moment.

Qu’est-ce qu’il y a à l’horizon pour vous ?

De beaux projets, des artistes de talent qui frappent à ma porte, un ou deux titres qui vont soulever le label. Avec un peu de chance, il y aura le prochain truc incroyable capable de faire tilter les festivals et les clubs du monde entier. Il ne faut pas se mentir : qui ne souhaite pas ça ? Ensuite, développer des soirées partout dans le monde avec une famille qui s’agrandit. Des rencontres, des sourires et une belle aventure, je l’espère. Après la Maza, j’aimerais aussi avoir le temps de me poser sur un projet personnel. Mais ça, c’est un autre sujet.

Un dernier mot ?

Musique.

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