Après une quantité importante de sorties sur des labels tels que Bunker, Mathematics ou encore Creme Organization ainsi qu'une collaboration avec Helena Hauff pour Solar One, son talent n'est plus à prouver. Curieux et déterminé, il ne laisse pas les tendances dicter ses goûts ni influencer sa musique. Il a d'ailleurs créé en 2014 son propre label, qu'il veut international. Le 18 mars, il sera à l'honneur au Batofar, pour une soirée aux couleurs du label Acid Avengers. Pour l'occasion, nous lui avons posé quelques questions.

Andreas Gehm

Pourquoi avoir choisi de sortir ta musique sous différents pseudonymes ?


J'ai commencé avec Elec Pt.1, qui est le nom de membre que j'avais choisi pour le Cybernetic Broadcasting System. Quand j'ai réalisé mon premier record pour Mathematics, l'idée de changer de pseudonyme m'est venue car cette sortie était différente, plus tournée vers la house. Jamal Moss m'a suggéré d'utiliser simplement mon nom : c'est ce que j'ai fait. Tragical Bitch a été utilisé lorsque je faisais un projet différent des autres. The Minister était une suggestion de DJ TLR parce qu'il avait le dessin parfait pour l'illustrer sur le label. Pukemaster a vu le jour quand j'ai rencontré les gars de Solar One à Iéna.

Tu es originaire de Cologne. Cette ville t’a-t-elle influencé au niveau musical ?

J'ai vécu à Cologne pendant dix ans et avant cela je vivais dans la ville où je suis né, à Düsseldorf. Cependant, ces deux villes ne m'ont pas spécialement influencé. J'ai toujours trouvé la musique à ma manière, et je ne compte que sur moi-même pour définir ce qui me plaît ou pas.

Andreas Gehm

L’acid semble être ton genre de musique de prédilection. D’où vient ton amour pour ce style ?


J'ai commencé à écouter de la house à la fin des années 80. Quand l'acid est arrivé, je l'ai tout de suite adoré. J'écoute pas mal de styles musicaux différents, mais l'acid est celui qui revient toujours.

Tu as sorti un EP avec Helena Hauff. Vous avez en commun un amour pour les vieilles machines qui produisent des imperfections et font le charme de la musique électronique. Peux-tu m’en dire un peu plus sur le rôle de ces machines dans ta musique ?

L'important pour moi, c'est le son. Je ne suis pas un geek du hardware en général. Je produis principalement de manière digitale, mais j'adore les sonorités chaleureuses et pas toujours propres qui sortent des vieilles machines. Du coup, je l'imite grâce au numérique. Utiliser les technologies numériques pour produire de la musique ne veut pas dire qu'il faut être à la pointe. Par exemple, je compose ma musique sur une très vieille version de Cubase. On ne change pas une équipe qui gagne.

Où puises-tu ton inspiration lorsque tu fais du son ? Quelle est la place de l’expérimentation et de l’improvisation dans ta musique ?

Je n'y pense pas vraiment à vrai dire : j'agis et je crée, tout simplement. D'ailleurs, quand je suis occupé à faire de la musique, je n'ai pas l'impression d'en faire, je vois juste mes mains bouger toutes seules.

Tu as sorti des albums et EPs sur une vingtaine de labels différents. Est-ce un choix ou un hasard ? Comment choisis-tu les labels à qui tu envoies tes démos ?

Quand j'ai commencé — il y a déjà un moment —, il n'existait pas beaucoup de labels pour le genre de musique que je produisais. J'ai été heureux lorsque Bunker, Mathematics et Creme Organization ont accepté mes démos.
Tout cela a changé il y a quelques années, lorsque la nouvelle vague acid (même si je ne fais pas uniquement de l'acid) a commencé. Pour mes tracks house, j'ai envoyé une démo à Chiwax. Mais la plupart du temps, avant comme maintenant, ce sont les labels qui me demandent des morceaux. Actuellement, j'ai plus de demandes que je n'ai de tracks à proposer.

Le terme underground est souvent utilisé pour parler de tes productions ou des labels sur lesquels tu les sors. La définition de l’underground est vaste et vague. Comment définirais-tu ce qui est underground au niveau musical ?

Les mots ne sont pas importants. Je pense que la seule définition de l'underground est : fais ce que tu aimes, même si ça n'est pas super populaire.

Tu as lancé ton propre label : Cologne Underground Records. Quel est l'esprit et quels sont les projets?

Éditer de la bonne musique produite par des gens géniaux. À venir : deux double albums, Worldwide Eletronics, avec des artistes qui viennent d'un peu partout dans le monde.