Peut-on revenir sur l’histoire de ce nom ?

On a démarré avec une fête dans le sous-sol d’une église ; on leur a dit qu’on organisait une exposition d’art avec un peu de la musique vers la fin pour qu’on puisse se servir de la salle, puis on a simplement affiché quelques toiles et on s’est fait une grande teuf. Nous sommes arrivé à faire ça environs cinq semaines de suite avant qu’on nous a ordonnés de tout arrêter.

En réalité, qui se cache derrière ?

Church est géré par Seb Wildblood & Apes, et il y a un an et demi Hollick nous a rejoint, ce qui a beaucoup aidé à notre développement. Je pense qu’on ne peut pas nier que Seb s’occupe de la plupart du quotidien, mais toute la musique doit passer par trois paires d’oreilles.

Finissez cette phrase : Tout a commencé…

Tout a commencé avec Apes et Seb Wildblood qui mixaient en face du mur de l’une de leurs chambres, et qui ont enfin ressenti le désir de jouer devant des êtres humains.

Votre ligne artistique en quelques mots ?

Le label doit être une expression honnête de ce qui nous intéresse, il est important d’éviter les modes autant que possible. On fait notre truc, et c’est tout.

Si vous deviez associer l’esprit du label à un club du monde, ce serait…

Corsica Studios [à Londres], sans doute. Nous faisons des soirées là-bas depuis cinq ans et ça devient quasiment comme chez nous. 

Côté artwork, comment fonctionnez-vous ? Que cherchez-vous à exprimer ?

Ça dépend du sous-label. Pour Church White, on voulait que ça soit vraiment organique ; le timbre à main reflète ça, il jette la lumière sur l’artiste. Pour la série Black, on a toujours demandé à l’artiste de fournir une photo d’un lieu qui leur est important : à mon avis ça les aide à donner un peu plus d’eux-mêmes au disque, tout en gardant l’esthétique du label. Quant à Church Volumes, là on voulait incorporer l’illustration, une possibilité qu’on n’a pas exploré jusqu’à récemment. Cela est un peu plus léger et ouvert à interprétation, mais chaque dessin rapportera à des images religieuses. Church Marble s’exprime bien lui-même, ce sont des pochettes claires et des disques en effet marbré.

Les remixeurs de rêve ?

Seb : Aphex Twin.

Apes : Boards of Canada.

Hollick : une interprétation de Jeff Mills en collaboration avec un orchestre.

Dominer le marché du disque ou sortir deux pépites par an ?

La qualité prime sur la quantité, c’est sûr, ceci dit on était plutôt chargés au niveau des sorties l’année dernière. On nous envoie, et nous découvrons sans cesse, de la nouvelle musique sublime, et on a envie d’en partager la plus grande partie que possible. C’est un équilibre délicat, mais je pense que si vous êtes soigneux, vous allez réussir.

Et si je regarde un peu vos playlists du moment, j’y trouve quoi ?

Seb : Pour moi, c’est le LP de Gaussian Curve Cloud, le nouvel ‘Untitled EP’ d’Andras and le LP ‘A Minor Thought’ de Moomin.

Apes : The Do!!You!!!Show & Rhythm Section sur NTS. 

Hollick : Le mixtape ‘Sanpo Disco’ de BB.YU et la release récente de Nico Motte sur Antinote.

Qu’est-ce qu’il y a à l’horizon pour vous ?

Il y a la sortie de Mall Grab qui tombera très bientôt ; puis quelques nouveaux artistes s’ajouteront aux rangs du label à partir d’avril ainsi que quelques noms familiers qui se montreront de nouveau. Le programme est blindé dans un avenir prévisible, donc attendez-vous à de grandes choses.

Un dernier mot ?

On a récemment sorti un album d’un artiste/ multi-instrumentiste très doué, Ismael. Si vous l’avez loupé, réveillez-vous !