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Qui est Shigeto ?

Shigeto est le nom sous lequel je produis de la musique. C’est également mon deuxième nom et le nom de mon grand-père.

Shigeto

Tu viens de Detroit (tu as même nommé un morceau de ton dernier album « Detroit »). Cependant, il est difficile de retrouver dans ton travail les caractéristiques sonore de cette ville pionnière de la culture techno...

Musicalement, j’ai plus été influencé par le côté jazz et hip-hop de Detroit. Des musiciens comme Marcus Belgrave, Vincent York, Rodney Whitaker, Laurence Williams, etc, qui ont dirigé la scène quand j’ai grandi, ont été mes principales sources d’inspiration. J'ai beaucoup été influencé aussi par la scène rap avec des artistes comme Binary Star, AML, Invincible et bien sûr Slum Village. J’ai donc davantage été influencé par le jazz et les performances sur scène que par le DJing, qui a impacté beaucoup de mes pairs.

Certains ont même le sentiment que tes influences et ton univers sont liés à la scène beat de Los Angeles (Flying Lotus, Teebs…). Te sens-tu affilié à cette scène là ?

Non, j’ai toujours associé mes racines aux artistes tels que Dabrye et Prefuse73. J’ai aussi été influencé par les premières sorties sur Warp d’Aphex Twin, Squarepusher et Boards of Canada. Je pense qu’actuellement les gens ont tendance à ne plus regarder d’où viennent les choses et oublient que quelqu’un peut avoir la trentaine et être influencé par une musique qui dépasse son âge, qui date de bien avant.

Shigeto© Ryan Wijayaratne

Récemment, nous avons rédigé un article au sujet de l’influence de l’architecture des villes sur leur scène musicale. Penses-tu qu’un artiste est nécessairement influencé par l’endroit où il est ?

Je pense que nous sommes toujours influencé par notre environnement, que nous le voulions ou non.

Dans tes productions, nous avons le sentiment que tu utilises de moins en moins de batterie jazz classique pour laisser la place à davantage de samples personnels qui semblent être enregistrés à partir d’objets du quotidien. Où trouves-tu ces sons ?

C’est un mélange de beaucoup de choses, incluant des percussions traditionnelles, des enregistrements sur le terrain, des mémos iPhone... Tout est son. Tout est musique.

Tu qualifies ton dernier album Intermission comme un nouveau départ, une évolution de ton travail. Peux-tu nous en dire plus ?

Je le vois comme un entracte, une pause. C’est une petite collection de sons.

 

Tu es chez Ghostly International depuis tes débuts en 1999. Pas envie de changer ?

Je prévois de sortir ma propre musique sur mon propre label, un jour. En attendant, travailler avec Ghostly c’est comme travailler avec ma famille. Le plus important pour moi, c’est de travailler avec des gens que j'aime et qui respectent ma vision.

Avant Intermission, tu as collaboré avec Devonwho sur un l'EP 2010. Pour quelqu’un de plutôt solitaire comme toi, comment s'est passée la collaboration ? Avec qui d'autre aimerais-tu bosser ?

Je crée et travaille constamment avec d’autres personnes, mais la plupart du temps, je ne sors pas les projets. Je suis actuellement en train de travailler avec un jeune rappeur de Detroit, ZelooperZ de Bruiser Brigade, et je suis très content des instru' que j’ai composées.