1/ Peut-on revenir sur l’histoire de ce nom ?

Thomas Delecroix est mon vrai nom. Je trouvais qu’il sonnait plutôt bien, donc je me suis dit que j’allais l’utiliser comme nom d’artiste.

2/ Qui se cache derrière ?

Je suis un Parisien de 29 ans, amoureux de musique électronique et de la capitale, surtout du côté nord de la Seine. J’ai donc créé un label de techno qui s’appelle Rive Droite Records.

3/ Qui d’autre gravite dans ta team ?

Nous sommes pour le moment trois au sein du label : Madlex, qui est également résident du collectif Fée Croquer et qui a composé la deuxième release de RDR, Unknown CitySinus-O qui a sorti le troisième EP The House (qui au passage n’a de house que le titre) et résident du collectif OFF. Et moi-même, qui suis résident du collectif Newtrack, j’ai sorti le premier disque de RDR Sandstorm et le quatrième paru le 29 février, Sliders.

4/ Ton parcours en quelques mots ?

J’ai découvert la musique électronique sur Radio FG début 2000, via les sets de David Duriez, et je me suis acheté des platines vinyles peu de temps après. À cette époque, j’ai commencé à aller souvent au Rex pour les soirées Automatik qui m’ont laissé des souvenirs impérissables. Je me revois encore en transe collé au caisson de basse pendant les sets de Dave Clarke.

Après avoir fait mes gammes dans bon nombre de bars parisiens, j’ai rejoint le collectif Newtrack et commencé à tourner dans les clubs parisiens, Point Ephémère, Batofar, Machine du Moulin Rouge, etc. J’ai finalement lancé le label Rive Droite Records fin 2013, nous avons sorti trois premiers maxis en digital et aujourd’hui, grâce à un crowdfunding réussi, nous sortons notre premier vinyle.



5/ Au lycée, tu étais plutôt quel genre ? Et côté musique ?

J’étais un skateur qui était à la fois fan de metal et de reggae. Drôle de mélange mais j’ai toujours autant vibré en écoutant ces deux styles apparemment antagonistes. Des groupes comme Slipknot, Korn, mais aussi Groundation, ou l’indémodable Robert Nesta Marley.

En cours, j’étais toujours au fond de la classe, pas vraiment passionné par le discours des profs. Je parlais beaucoup avec mes collègues, je dessinais pas mal, d’où un bon nombre d’heures de colle, mais j’arrivais quand même à m’en sortir pas trop mal niveau scolaire.



6/ Si tu devais définir ton son aujourd’hui…

Je dirais que c’est de la techno industrielle. J’essaye de donner à mes productions, à mes sets et mes live un côté anglais c’est-à-dire frontal et puissant, mais en même temps un côté berlinois, plus progressif, avec des grandes montées de modulations pour essayer d’avoir cet aspect de “profondeur”. Je ne sais pas si j'y arrive, mais en tout cas, j’y travaille beaucoup. J’adore l’acid, le breakbeat, les sonorités distordues, granuleuses, j’aime quand c’est sombre mais que des textures colorées contrastent avec le côté dark.

7/ Parle-nous un peu de ce maxi.

Au dos de la pochette du vinyle, il y a une petite histoire en anglais qui explique l’ambiance de l’EP, je vous la traduis ici :

Si vous habitez sur la planète Terre, commencez l’histoire dans le sens inverse. Cela veut dire qu’il faut que vous écoutiez en premier lieu la face B du vinyle, le morceau “Sliders” pour entrer dans la fusée, décoller et voyager dans l’espace vers l’exoplanète Kepler 331d.


Au moment où vous atterrissez dans cette atmosphère hostile, écoutez le morceau A1 "ARV Flux Liner" et commencez à marcher entre les montagnes pour trouver l’entrée du tunnel, rentrer dedans et descendre de plus en plus bas.

Finalement, vous découvrez l’usine d’extraction minière proche du centre de la planète, et vous arrivez dans la salle principale dans laquelle des créatures locales travaillent de façon synchrone à l’extraction d’un cristal spécial qui leur permet de communiquer avec leur race à des milliards de kilomètre de leur planète, cette scène correspond au morceau A2 : "Hangar 1".
Profitez de ce moment unique.


Si vous souhaitez revenir sur Terre, marchez dans la direction opposée et retournez à la surface en écoutant le morceau A1.


Ensuite réécoutez "Sliders" en voyageant vers la Terre. Essayez de ne pas vous cracher sur un astéroïde. Heureux de vous voir de retour sur la planète bleue.



8/ C’est quoi ton set-up sur scène ?

Ces dernières années, je jouais surtout sur 3 ou 4 pistes sur Traktor via une carte son Scratch A10, comme j’avais vu Speedy J le faire, c’est-à-dire en créant des boucles à partir de morceaux et en utilisant des effets de réverbe et delay pour obtenir les structures musicales qui m’intéressaient. Depuis, j’ai décidé de revenir aux platines CD et vinyles, j’ai vraiment redécouvert ce plaisir et je ne m’en lasse pas. Quand je suis en live, j’utilise un Korg Electribe MX pour la rythmique, et Ableton Live avec le VST Zebra, qui est un synthétiseur modulaire vraiment puissant et agréable à utiliser avec une APC 40 et 20. J’aime aussi utiliser le VST ABL2x pour les bassines acid, et j’intercale des samples de type vocal, FX ou d’ambiance, histoire d’enrichir un peu le spectre sonore.

9/ Tu as prévu quoi pour ta prochaine date ? C’est quand d’ailleurs ?

Mes deux prochaines dates sont le 1er mars au Point Ephémère pour l’opening des ApéroBPM de mon collectif Newtrack. J’y jouerai aux côtés d’Hemka, Maxime Dangles, James Dean Brown et Steve Marie qui est aussi résident de Newtrack. Ensuite, je me produirai le 3 mars au Batofar pour la release party de mon EP avec les artistes de Rive Droite, Madlex et Sinus-O ainsi que Enzo Mosconi de Newtrack en warm-up.


10/ Si je regarde un peu tes playlists du moment, j’y trouve quoi ?

En ce moment, je suis vraiment fan du duo AnD ainsi que d’Energun… Sinon, j’ai pas mal de tracks du label Green Fetish Records, j’adore aussi jouer certaines pépites de Martyn Hare et les Mano09 et 10 de Mark Morris avec Unam Zetineb sur le label MANO500.



11/ Il y a quoi à l’horizon pour toi ?


J’espère que la release party de mon EP du jeudi 3 mars au Batofar va bien fonctionner, histoire de mettre un peu de cash de côté pour contribuer au financement du pressage de la prochaine release de Rive Droite Records, qui sera vraisemblablement un various artists.

12/ Un dernier mot ?

Bonne journée/soirée à tous et BANZAÏ !