Dimanche dernier nous étions plutôt bien entourés : Behzad & Amarou en professeurs passionnés, et des enfants bouche-bés, le tout dans le cadre chaleureux du nouveau spot de la Villette, À la folie.

Devant un parterre de DJs en herbe, les deux artistes ont exposé dans la bonne humeur et avec une pédagogie confondante le b.a.-ba des tables de mixage. Chacun son tour, les enfants pas-si-terribles ont fait ronronner les machines avec une facilité confondante.

Behzad & AmarouBehzad & Amarou

Behzad & Amarou

Behzad & Amarou

Behzad & Amarou

Behzad & Amarou

Behzad & Amarou

Behzad & Amarou

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Les enfants, des étoiles plein les yeux – c'est sûr, certains seront DJs quand ils seront grands –, se sont ensuite essayés à l'exercice de l'interview en bons petits journalistes, vifs et curieux. Ils se sont bien défendus les garnements.

Behzad & Amarou

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Interview de Behzad & Amarou par les enfants

Comment vous est venue l’idée de devenir DJ ? 

Amarou : On fait de la musique depuis tout petits et on a eu envie de se réunir pour faire danser les gens. Behzad fait du piano, moi j’ai fait de l’écriture, du chant, de la guitare et un peu de percussions. On s’est retrouvés autour du mix.

Behzad : C’est l’amour de la musique qui nous a guidé et aussi faire quelque chose qui nous plait.

As-tu appris à mixer tout seul ? Ou est-ce quelqu’un t’as aidé ? 

Behzad : C’est une passion que j’ai depuis longtemps, alors j’ai surtout appris en observant les gens, mais ensuite je me suis débrouillé tout seul.

Amarou : Le meilleurs moyen pour apprendre, au début, c’est de regarder ceux qui savent faire ! Dès que tu vois une vidéo sur Internet ou à la télé, il faut la regarder. Ensuite tu apprends et tu travailles. Donc oui, on a appris tout seuls.

La première fois que tu as mixé, c’était quand ? 

Behzad : Quand on s’est rencontrés, on a commencé très vite !

Amarou : La première fois, c’était en Allemagne, à Hambourg, en 2008.

Qu’est-ce que tu écoutais quand tu étais enfant ? De la musique électronique ?

Amarou : Mes parents viennent de l’autre côté du monde, du Nicaragua, donc on écoutait beaucoup de musiques latines. Ado, j’ai commencé avec le hip-hop, j’ai rapé aussi. Mais tu sais, au fond, même si on distingue des familles de musique, il y’a qu’une musique.

Behzad : Ca m’est arrivé d’écouter de l’electro avec mes parents, de la house ou de la techno. Il faut dire qu’à l’époque c’était assez médiatisé, ça l’est un peu moins maintenant.

Qui est ton ou tes musicien(s) préféré(s) ?

Behzad : En général ? Y’en a énormément, du classique, du jazz, de la variété française. S’il faut donner des exemples, j’aime beaucoup Serge Gainsbourg ou Michel Berger mais je fais vieux quand je dis ça, non ? Mozart, Chopin, aussi.

Amarou : En fait toute la semaine on écoute de la musique, des musiques du monde, du jazz, de la variété, tout sauf de l’électro. Et le week-end, on fait du boum boum.

Et en électro ?

Amarou : C’est compliqué de citer des exemples, on travaille aussi pour un disquaire alors on en écoute énormément. Il y a beaucoup d’artistes qui font du beau travail. Un Français que tu connais sûrement, c’est Laurent Garnier. Et Daft Punk tu connais ?

Quel est le concert / DJ set qui t’as le plus marqué ?

Amarou : Le DJ set le plus récent c’était la Techno Parade. En plein Paris, sur un bus, avec des milliers de gens autour qui dansaient. C’était magique.

Behzad : Et il y avait beaucoup d’enfants. L’année prochaine, il faut demander à vos parents de vous emmener pour nous voir jouer !

Est-ce que le métier de DJ vous permet de vivre ? N’est-ce pas difficile financièrement ?

Amarou : C’est compliqué aujourd’hui de ne vivre que de ça mais on a plein d’activités à côté, autour de la musique : on a monté un studio, un label et quand on met tout cela bout à bout, ça permet de ne faire que de la musique.

Behzad : On en revient à l’essentiel, qui est de faire de la musique. Quand tu es DJ, tu la montres au gens. Tu leur montres ce que tu as dans ton sac, ce que t’as envie de leur faire écouter. Mais derrière, y’a tout un boulot de recherche, de créativité. Il faut énormément travailler pour avoir un bon revenu.

Un papa : J’ai entendu "énormément travailler", mais d’abord à l’école ?

Behzad : Surtout à l’école !

Amarou : C’est important, dans la musique, d’être cultivé. Il faut une base pour mieux faire de la musique. On pense que la musique ce n’est que tourner trois boutons. Ca peut être que ça, mais pour pouvoir perdurer, il faut savoir anticiper, et ça, on l’apprend à l’école. Je ne pense pas qu’il y ait d’étapes rapides, tu ne peux pas tout de suite en vivre. C’est une passion qui se cultive, ça dure des années, c’est l’histoire d’une vie entière.

Quand vous étiez enfant, est-ce vous jouiez d’un instrument ? Si oui, lequel ?

Amarou : Quand j’avais ton âge (5 ans) mon père m’a inscrit au cours de guitare, et au cours de djembé, j’ai appris comme ça.

Behzad : Moi, déjà dans le ventre de ma maman, j’en écoutais !

Quel logiciel gratuit de production pour débutant vous nous conseillez ? 

Behzad : c’est pas gratuit, mais Traktor c’est le mieux pour commencer à mixer, ça va assez vite et toi t’iras très vite :)

Amarou : Vouloir faire de la musique ou mixer, ça demande toujours un budget, même tout petit.

Où est-ce qu’on peut vous voir jouer ?

Amarou : Là, ça va être un peu compliqué, mais on espère bientôt faire de la musique pour les enfants de votre âge, sous d’autres formes. On mixe dans des discothèques mais c’est pour adulte, il va falloir attendre un peu.

Behzad : C’est un peu tôt pour venir à la Concrète ! Mais ici, pour commencer, À la folie.