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Sur ce nouvel album, Kumu/Tata, ton compère Baba Sissoko chante en bambara. Que raconte-t-il ?

L'album est un hommage à tous les crossovers qui peuvent être fait avec la musique africaine. Quand j'ai demandé à Baba de nommer les tracks, je voulais que les titres soient en bambara. Il m'a envoyé les noms, mais je n'ai pas cherché à savoir ce que cela signifiait. Le concept de ce disque, c'est qu'on peut avoir un langage commun même si l'on parle différentes langues. La musique est notre langage, et cet album un message dans cette langue.

Tu préfères garder le mystère...

Oui, il y a de ça. Je n'aime pas lire la biographie d'un artiste, savoir qui il est, son histoire, je m'en fous. J'ai une émission de radio, Musical Box sur la radio italienne Rai Radio 2, et je ne parle jamais des biographies des artistes que je diffuse. Ça n'est pas important, seule la musique est importante, les émotions.

Est-ce qu'au moins, tu peux me raconter votre rencontre ?

Je connais Baba depuis deux ans. Le Roma Europa Festival m'avait demandé un projet live spécial. Il m'ont dit : « Avec quel artiste voudrais-tu faire ce projet ? » J'ai répondu : « Ecoute, j'adore Baba Sissoko ! » Il se trouve que c'était un de leurs potes. Tu peux trouver ce concert sur le Web. Tu verras que c'était de l'improvisation totale. Je lui avais seulement fait écouter deux ou trois beats lors des balances, pour qu'il voit un peu ce que je produisais. C'était un gros jam en fait. À la fin du concert, il a dit : « Mec, t'es un putain de zicos, faisons un album ensemble ! »



Comment composer avec un musicien qui improvise tant ?

J'ai bossé sur le premier track d'abord. Le beat, la basse, quelques sons... Et lui a ensuite fait plusieurs arrangements. Il joue tellement d'instruments, c'est fou. Il m'a envoyé toutes ses pistes, ses vocals. Ensuite, je réarrange le tout, et on fait en sorte que ça soit jouable sur scène.

"La musique est notre langage, et ce disque, un message dans cette langue." Vous avez fait cet album en vu du live ?

Baba est un vrai musicien live. Un vrai ! Pour lui, il est primordial que l'on puisse jouer les morceaux ensuite. Donc il ne fallait pas réaliser un album uniquement studio, il fallait penser live derrière. Si tu veux être l'ami de Baba, tu dois jouer avec lui sur scène. C'est comme ça. Et surtout, pas de brainstorming avant le concert, pas de briefing ou ce genre de choses. Va avec lui sur scène et tu verras bien ce qu'il se passe.

On voit finalement assez peu de producteurs de musiques électroniques travailler avec des chanteurs... Pourquoi ?

Oui, car c'est très difficile. Ce sont deux univers différents, deux approches de la musique distinctes. Réunir un producteur et un chanteur sur la même idée, c'est complexe. Le producteur a toujours un souci d'esthétique. Le chanteur va plus être dans le contenu. Pour moi, peu importe ce que dit un chanteur, c'est la manière dont il le dit qui m'intéresse. Dans le cas de Baba, mon morceau peut être cool, raw, dubsteb, jungle, house... Ce qui lui importe, c'est comment les univers convergent et comment le son devient unique.  

Tu vis en Italie ?

Oui, à Rome, mais comme je te le dis, je n'aime pas parler de ma vie.

Effectivement. Mais c'est seulement pour te demander si d'autres producteurs pratiquent le même type de musique que toi en Italie.

En fait, il y a une grosse scène électronique en Italie. Toute la pop en est imprégnée. Mais pour être honnête, ça n'a rien d'original. En Italie, on pense d'abord à rejouer ce qu'on entend dans le reste du monde. Ça n'est pas comme dans la mode, la gastronomie ou l'architecture, ou nous avons une culture propre et très forte, une singularité. Mais dans la scène techno, certains parviennent à faire quelque chose qui représente l'electronic music italienne dans le reste du monde. Par contre, de l'african electronic music comme la mienne, ça n'existe pas chez nous. C'est simple, il y a moi et mon grand pote, Clap! Clap!. En Italie, il n'y pas de musique africaine du tout. Au total, disons qu'il y a entre dix et vingt musiciens ou journalistes crédibles dans le domaine pour tout le pays. Quand j'ai commencé mon projet DJ Khalab, j'étais seul dans mon délire. Clap! Clap!, c'est l'unique type avec qui je peux parler de culture africaine.