Né de l'union d'un producteur (Demian) et d'une formation noise (MARTINE), encline à l'improvisation, le trio Alaplaj débute (officiellement) dans la musique en 2013, avec la publication d'un premier EP  en octobre 2013. Le second maxi, Wet, disponible sur leur compte Bandcamp, lui succède en avril 2015. Curieusement, les dix compositions du groupe marseillais forment un ensemble empli d'amertume, tantôt rassurantes, tantôt plus langoureuses, dont émanent des accents d'electronica, d'ambient et de synth-pop.

C'est quoi ton blaze ? Alaplaj

C'est quoi votre blaze ?

Alaplaj !

Qui êtes-vous en vrai ?

Christophe. 27 ans, futur ex-doctorant en musicologie, compositeur, geek. David. 22 ans, spécialiste français de Thomas Pynchon. Juliano. 22 ans, étudiant aux beaux arts d'Aix en Provence, normcore et musicien.

Vous venez d'où ? 

On vient tous du sud de la France, Christophe et Juliano sont à moitié brésiliens, sinon on vis tous à Aix-Marseille.

C'est quoi votre crew ?

On a pas vraiment de crew, si ce n'est le réseau qu'on côtoie, qu'on essaie de construire avec des amis musiciens, artistes, graphistes, des salles, etc. On essaie de s'inscrire dans un mouvement collectif, d'être au courant de ce qui se passe autour de nous, de ce que font les autres, de jouer collectif, de collaborer, de faire tourner le ballon. Sinon, avec Victor, notre ingé son qui est un peu le quatrième Alaplaj, on monte une asso, Motus Productions. Dernièrement on a enregistré un orchestre symphonique, sacré boulot.

C'est quoi votre son ?

On mélange des sons électroniques et des sons organiques, on bidouille avec des machines, des ordinateurs, on joue beaucoup avec des boucles qu'on couple à nos instruments. Tout ça tient sur une base électronique, mais avec plein d'influences qui vont du noise, à l'afrobeat et la musique répétitive. On a aussi une pratique de la musique improvisée qu'on essaie d'injecter dans ce qu'on fait avec Alaplaj.

C'est quoi cet EP ?

C'est Wet, après un an de sessions dans nos apparts respectifs et notre local. On a essayé de faire cohabiter l'électronique et l'organique, de les faire communiquer, en essayant de garder une cohérence pop. Au fur et à mesure de la création des morceaux, notre son a fini par se définir plus clairement, le challenge était de faire en sorte que les morceaux au sein de l'album soient homogènes.

Vous faites quoi en live ?

On réinterprète ce qu'on a produit en studio, les morceaux se transforment, c'est clairement plus punk, plus humain en fait. Christophe chante, joue de la trompette et se bat avec ses machines, David joue de la batterie, du pad et parfois de la trompette, et Juliano s'occupe de la guitare, de la basse et des boucles au laptop.

Vous tournez un peu ? Il est comment le public à vos soirées ?

Pas assez à notre goût, on voudrait jouer plus, mais on a des choses de prévues pour la suite. Jusqu'à présent, notre public est plutôt large, notre dernier concert était à Marseille dans un QG antifa (le Molotov), avec des DJs qui ont passé du grime, de la trap et de la techno.

Y'a quoi dans vos téléphones, faites voir un peu !

Rien de fou, sauf peut être dans celui de David qui vient de se payer un smartphone et qui va pas tarder à ouvrir un compte Instagram.

C'est quoi la suite ?

Du 22 au 25 octobre, on jouera à la Biennale des jeunes créateurs de Méditerranée, qui aura lieu à Milan. On a aussi un showcase acoustique de prévu pour novembre, ce sera l'occasion de réadapter nos morceaux pour un contexte plus intimiste, avec des collaborations. Enfin, en février, on sera en résidence une semaine au Grim Montévidéo à Marseille, un lieu qu'on côtoie depuis la fac de musico où on s'est rencontrés, un lieu qu'on aime beaucoup, très inspirant. Sinon on a pas mal d'autres projets, individuels ou en groupe, qu'on poursuit en parallèle d'Alaplaj.