Abouti, cinématographique, léché, profondément émotionnel, Opening est une œuvre qui, les yeux fermés, explose le décor et nous envoie dans des espaces où les murs n'existent pas. Preuve à l'appui, ces deux extraits "Unlive" et "Overseas" en écoute, portails vers l'infiniment grand.

Court entretien avec Superpoze

Cinq ans après ton premier EP, voilà ton tout premier album. Plus mature j'imagine ?

Je pense oui. Mes premiers EPs étaient un terrain de jeu. Sortir mes premières compositions, faire du live, tourner un peu partout et surtout commencer à faire de la musique tous les jours (vu qu'avant j'allais étudier). Tout ça, ça m'a mené à cet album.

"Plus que de voyage, c'est une idée de l'espace."

Tu as plus de temps du coup pour t'y consacrer. Mais aussi plus de pression ?

Non, je me sens plus libre car je connais plus de choses. J'ai appris beaucoup, je sais mieux ce que je veux. Je pense que j'ai moins de pression finalement. J'en ai sur moi-même car je suis exigent dans ce que je fais, beaucoup plus qu'avant, mais je me sens paradoxalement plus libre, j'ai plus de références, d'idées, d'envies...

superpoze

Qu'est ce que tu as voulu faire cette fois-ci avec cet album ? C'est quoi le message s'il y en a un ? Le but ?

J'ai voulu faire un album qui ait du sens en tant qu'album. C'est pas tant "raconter une histoire" mais plutôt faire des morceaux qui se "contextualisent" ensemble, qui se suivent et s'imbriquent les uns dans les autres. J'aime écouter des albums entiers. J'ai voulu faire ça, et non pas une collection de morceaux.

C'est donc un vrai voyage, avec des montagnes, des collines, des steps, des lacs... de beaux paysages.

C'est un album de musique avant tout. C'est parait évident quand je dis ça mais je veux dire que c'est avant tout la sensation esthétique pure de la musique qui m'a donné envie de faire cet album.

Est-ce que tu vois Dusty Kid ?

De nom oui.

Son dernier travail a été un album de 1h51, un seul et même track nommé III. Quand il l'a sorti, il a bien précisé que c'était bien plus qu'un album mais une "expérience cinématographique" : "Considérez-le comme un film à regarder les yeux bien fermés jusqu’à la fin. Vous êtes le personnage principal, laissez la musique faire le reste" il disait. Dans une interview, il a même avoué voir des images et des paysages à l'écoute de son propre album. C'est plus techno, mais je le trouve très similaire au tien dans cette idée de voyage. Tu cherchais à faire de la musique en final, mais pour moi tu as fait bien plus que ça.

Merci ! Mais plus que de voyage, c'est une idée de l'espace. De l'espace dans lequel on vit, de celui qu'on se créé, et de ce qu'on décide d'y inclure ou pas. C'est le fait de faire de la musique seul qui m'a fait prendre conscience de ça et le titre "Home Is Where I Am" en est l'illustration.

"J'ai envie que le disque soit une expérience personnelle, un voyage."

Quand on essaie de se dégager du monde humain pour aller dans le monde plus naturel (parce que l'Homme vit dans un espace qui est bien plus grand que lui, la Nature, l'Univers...), ça donne cette sensation d'espace immense et bien plus libre, et c'est ça qui me touche. La grandeur, l'espace, l'air. Pour moi, la représentation concrète sur Terre de cette notion d'espace qui me plait beaucoup, c'est les espaces du Grand Nord, "l'Overseas", les grands lacs... Tu retrouves cette idée dans plusieurs titres de l'album.

Et ça va donner quoi en live tout ça ?

Ca va être vraiment électronique. Pour le moment je bosse sur une formule accès sur l'aspect rythmique et dansant. J'ai envie que le disque soit une expérience personnelle, un voyage, mais que live soit une experience groupée avec des codes communs. Moi en concert je partage ces codes, je les apprécie, des montées, du souffle, quand ça part... Voilà vers quoi je vais en live.

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Tracklist

  1. Opening
  2. North
  3. Time Travel
  4. Overseas
  5. Unlive
  6. Ten Lakes
  7. Movement
  8. Home Is Where I Am

Opening de Superpoze via Combien Mille Records le 06/04. En achat sur iTunes.