Photo en Une : © D.R.

Il est toujours intéressant d’écouter un DJ expérimenté qui n’a cessé d’évoluer. C’est le cas de Pepe del Noche, qui a amassé au cours des années une connaissance encyclopédique de la musique électronique doublée d’un art consommé de la construction du mix. D’abord connu sous le nom d’Hytrek, lorsqu’il jouait de la trance goa et de la techno dans les fêtes parisiennes des 90’s, il est récemment réapparu dans de nouveaux atours de papy nocturne qui mixe au ralenti de la nu disco, de l’ebm et de l’acid. Pour Trax, il revient sur son parcours
et présente ce podcast qui fait le pont entre l’indus de la fin des années 80 et la scène lo-fi actuelle.

Quand as-tu découvert la musique électronique ?

J'ai commencé à faire la fête aux soirées Wake Up du Rex avec Laurent Garnier en 1990. En parallèle, je sortais dans les champignonnières, sur les péniches de l’époque et bien sûr à Mozinor. Quelques mois plus tard, je me suis acheté mes premières platines et ma table de mixage.

Tu as d’abord été un DJ trance…

En fait j'ai commencé par mixer hardcore, ça a duré six mois. Et puis un copain m'a filé une enveloppe pour m'acheter de nouveaux disques et je suis allé à la boutique Techno Import, où Mazen passait les premiers morceaux de trance goa. J’ai kiffé et je suis parti là-dedans. Ensuite j’ai suivi le mood de l’époque et j’ai basculé dans la techno et l’électro vers 97-98. J’ai aussi eu ma période électroclash avec Miss Kittin, Tiga et Anthony Rother, mais avec le recul cette musique n’était pas si intéressante que ça. A la fin des années 2000, je suis passé à la deep house d’Anthony Parasol et DJ Q, puis je me suis arrêté quelques années. Passage à vide, trop d’excès, j’ai arrêté de mixer, j’ai perdu mon job…

Lorsque tu es revenu, ton son avait changé…

Je suis revenu en 2013 en passant par la disco trance d’Andrew Weatherall, Black Merlin, Timothy J. Fairplay… Ensuite ça a été le tour de Vladimir Ivkovic, Lena Willikens, toute la bande du Salon des Amateurs de Düsseldorf, puis la nouvelle scène hollandaise avec le côté hypnotique, low fi, nu disco et psyché chéper. En fait, le côté le côté mental et psychédélique de la trance m’a suivi toute ma vie. D’ailleurs, j’adore passer mes vieux maxis de trance goa en 33 rpm…

Tu as joué dans quelles soirées pendant toutes ces années ?

J’avais quelques résidences en rave et en club dans les années 90, en particulier pour les soirées trance Gaïa. Après mon passage à vide, je suis revenu par les open airs Microclimat (Ndr : qui sont organisées par l’auteur de l’interview, ravi de découvrir à l’époque via une démo ce DJ injustement méconnu), puis c’est reparti avec la bande du disquaire L’International. Je recommence à avoir des dates régulières entre le festival Positive Education à Clermont-Ferrand en novembre, à la Klepto le 24 novembre au Chinois, et toute une nuit en ping-pong avec Alexis Le Tan sur le Woodfloor de Concrete le 8 décembre.

Que voulais-tu exprimer avec ce mix ?

Au début, je pars plutôt en mode dub electro des années 89/90 avec Coil et Andy Rantzen. Pour la suite, j’ai pioché dans la new wave et l’acid techno à 110 bpm de la scène hollandaise actuelle comme Identified Patient et Job Sifre, mais aussi le groupe écossais Golden Teacher…

Quelles furent les conditions d’enregistrement?

J’ai fait le mix à la maison sur CDJ. J’ai toujours joué sur vinyles et, il y a longtemps, un peu de trance sur DAT, mais là je n’ai utilisé quasiment que des fichiers numériques. Je suis en train de muter, toutes les promos que je reçois sont sur ce format, c’est une véritable communauté qui s’est formée autour de ces échanges. D’autant que les versions vinyles de ces morceaux, tu peux te gratter pour les trouver. Et puis j’aime bien changer les vitesses, je passe beaucoup de vieille trance goa en 33 tours et, sur les CDJ, tu peux te balader entre +16 et -16 sans changer la tonalité. En plus, aujourd’hui les sonos des clubs sont adaptées à ce format.