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Il y a onze ans, il commence par le disco. D’abord sous l’influence du groupe new-yorkais Animal Collective, DJ Boring va ensuite passer par l’electro, avant de se tourner vers la house. En 2016 sort "Winona", son titre phare. La vidéo cumule plus de deux millions de vues sur YouTube, et fait de Boring l'un des chefs de file (malgré lui) de la vague "lo-fi" aux côtés de DJ’s comme Baltra, Ross From Friends ou DJ Seinfeld...

"Winona, c'est un lien avec le fait d'avoir été brutalisé petit."

Qu’est-ce qui t’a amené à la musique ?

La musique a toujours été l’une de mes plus grandes passions, depuis que je suis tout petit. J’ai créé un groupe avec deux amis, quand j’avais environ seize ans. On faisait de l’électro rock inspiré d’Animal Collective. Et puis on a basculé sur la pop des années 80, plus orientée vers des groupes comme New Order, Wham! ou Culture Club. Je pense que ce genre de mélodie est resté ancré en moi, et que ça se reflète dans ce que j’ai commencé à faire il y a cinq ans : de la musique house.

Comment en es-tu arrivé à un titre comme "Winona" ?

"Winona", c’est un track qui me parle beaucoup et qui veut dire beaucoup de choses. Je l’ai fait purement pour me rappeler que tout le monde traverse des moments difficiles. Winona Ryder (l'actrice dont la voix est samplée dans le morceau, NDLR) y explique comment elle n’a pas réussi à trouver de travail quand elle était plus jeune, parce que les gens ne la trouvaient pas assez jolie ou talentueuse. J’ai fait le lien avec le fait d’avoir été brutalisé petit. C’est pour ça qu’il y a beaucoup d’émotions derrière ce titre.

"Je n’aime pas vraiment la stabilité."

Tu as ressenti cet avant/après "Winona" ?

Oh oui, bien sûr. Avant de le sortir, je n’avais qu’autour des 200 followers sur Soundcloud. Aujourd’hui, j’ai connu un certain essor. Dès que c’est sorti, j’ai été pris dans un tourbillon. Et j’ai continué à m’envoler… Pour l’instant, c’est un beau voyage.

As-tu une idée d’où ce voyage va te mener ?

C’est vraiment difficile à dire. Tu sais, la musique, les goûts… Tout ça, ça évolue. Ce que je ferai dans quelques années est tout autant un mystère pour moi que pour vous. Tout ce que je peux dire, c’est que je ne m’arrêterai jamais d’essayer de nouvelles choses. Je n’aime pas vraiment la stabilité ; il y a tellement de choses à explorer plutôt que de rester simplement fixé sur quelque chose de précis… Pour ce qui est des sorties, je ne peux pas trop vendre la mèche pour l’instant, mais je vous garantis une ou deux collaborations vraiment excitantes ainsi que plusieurs EP solo en préparation.

Qu’est-ce que tu as voulu exprimer avec ce mix ?

C’est une sorte de résumé de ce que je joue ces derniers temps. Mes amis de Radar Radio à Londres m’ont laissé m’enfermer en studio pendant quelques heures pour l’enregistrer. J’y joue pas mal de vinyles, du vieux, du récent et tout plein de bonnes choses. Je recherche juste de bonnes vibes, un moment sympa à passer et à partager dans la joie et la bonne humeur.

Est-ce que tu te considères membre de la house family ?

Oui. Absolument.  

Qu’est-ce que tu penses de la nouvelle scène house ?

Regelbau. C’est tout ce que j’ai à dire.

Chicago, New York, leurs artistes, cet univers de la house, ça représente quoi pour toi ?

J’adore Chicago. J’adore New York. Et j’adore la house. Où que l’on soit, c’est toujours un bonheur.

On pourra retrouver DJ Boring au Garage le 6 octobre, pour une soirée en compagnie de Jake Scully et El’se.