Photo en Une : © Aurore Vinot

The Rebirth Of Ubuntu

Ce premier track a été encensé par Laurent Garnier, Osunlade et Auntie Flo. C’est une tapisserie de percussions organiques, style Ghana, Venda et Township, posée sur un beat 4/4 de TR-808, avec un synthé Prophet pulsant une mélodie mélancolique, dans une veine progressive house. Ça s’élève et ça s’évanouit, un peu comme un appel à la liberté ; fatigué d’être soumis, quelqu’un atteint la surface et inhale l’air frais.

O Tio (feat. Cheila Simone)

O Tio est un featuring avec la mozambico-portugaise Cheila Simone, qui vit à Paris. C’est un track d’afro house mélodieux avec une bassline nu disco, presque calibré pour passer à la radio. Des guitares distantes rappellent Chic, ponctuées par des élans de cors. Cheila chante en portugais à propos d’un oncle qui occupe un emploi subalterne et n’a pas le temps de voir sa famille. C’est une métaphore de notre société, où nous sommes séparés par l’économie et le capital. Le « boom boom pahhh » du chorus appelle l’auditeur à se libérer, à se défaire du stress qui empoisonne les relations. Relaxez-vous, et dansez toute la nuit.

Submerge (feat. FM Laeti)

J’ai écrit ça avec FM Laeti après une rupture difficile, j’étais désespéré. Je voulais ressentir quelque chose, et je suis tombé amoureux de cette musique ; le processus créatif, la recherche d'un son précis, les détails, la subtilité. J’imagine des personnes tomber amoureuses sur le dancefloor en écoutant ça, puis rentrer ensemble et jouer ce track à 3 heures du matin, le passer à leur mariage… C’est cathartique. J’ai été influencé par le gqom, mais je ne voulais pas faire un track de gqom. Je mixais dans pas mal de soirées techno à ce moment-là, et j’aimais vraiment l’ambiance qui y régnait à 6 heures du matin, lorsque la foule ressent et réagit aux plus infimes détails d’un track.

Paris Afro House Club (feat. DJ Oji et Woody Brown)

Le title track de l’EP est très expérimental. J’ai commencé par un beat un peu fou, et j’ai ajouté des couches et des couches de percussions. Je ne savais pas vraiment où je voulais aller, mais je me sentais bien en le faisant. Peut-être que je pensais à quelque chose de jazzy, un truc à la Fela Kuti. En fait, lorsque je suis arrivé à Londres, je disais aux gens que je mixais de l’afro house, de la house sud-africaine, et la plupart d’entre eux ne savaient pas vraiment ce que c’était. Je me retrouvais sur des line-up afrobeat, je détestais ça ! Ça ne me correspondait pas... Mais à force de me retrouver dans cette situation, je me suis mis à écouter plus en détail ce que mixaient ces DJ’s, et avec le recul je suis content que cela ait déteint sur moi, cela m’a permis de m’ouvrir aux sonorités nord-africaines. Après que j’ai eu fini le beat, donc, j’ai invité Woody, un saxophoniste fantastique du groupe Melka, à enregistrer plusieurs pistes de sax, comme s’il y avait une dizaine de personnes en train d’en jouer. J’ai adoré ce qu’il a fait, puis j’ai envoyé le track à DJ Oji, un gars que j’ai rencontré sur SoundCloud. Il y a aussi eu le coup de cœur pour le track, et il y a apposé sa touche finale… Encore plus de percussions !

O Tio (feat. Cheila Simone) - Daniel Haaksman Remix

Daniel Haaksman est l’un des pionniers qui a introduit le baile funk en Europe avec son label Man recording. Au fil des années, il a été attiré par plus de sons du Cap-Vert et d’Angola. Son remix a l’énergie de la house angolaise, laquelle est à son tour lourdement influencée par la house sud-africaine. Ce track s’intègre parfaitement dans l’EP.

O Tio (feat. Cheila Simone) - Mo Laudi's Deep Afro Remix

Sur ce track, j’ai joué des mécaniques. C’est un groove entêtant, quelque chose de très primitif et efficace. C’est de la pure afro house, spacieuse et gouvernée par les drums. Parfaite pour les danseurs house.