Photo en Une : ©Flavien Prioreau

Tu digges et mixes depuis 1997, quel est ton regard sur l'engouement autour de la musique électronique en France ces dernières années ?

Je trouve cela très positif. Il y a tellement de producteurs, de collectifs, de labels et de festivals qui se bougent et qui font des trucs supers ; il était temps qu'on redore le blason, pas seulement à Paris, mais partout en France. Même si je pense que la capitale reste un indicateur de la dynamique nationale.

Tu es originaire de Strasbourg, ville qui t’a vu grandir personnellement et surtout musicalement. Quel est ton meilleur souvenir de soirée là-bas ?

Je dirais sans hésiter la première soirée "Cocoon in the Coconut" qu'on avait organisé avec des potes dans un lieu éphémère. On avait invité le producteur Moonstarr du Canada à faire un live avec un MC anglais du crew Bugz in the Attic. On s'est retrouvé débordé avec plus de 800 personnes, tous les potes ont mis la main à la pate pour nous aider. Et musicalement c'était la folie, on jouait de tout, du hip-hop au broken beat et drum'n'bass en passant par la house de Detroit. C'était magique, il y avait une symbiose parfaite ! Beaucoup de personnes se rappellent encore aujourd'hui de cette soirée.

Si tu devais citer trois artistes qui ont façonné ton univers musical, qui seraient-ils ?

C'est compliqué comme question, mais je dirais sans doute John Coltrane, A Tribe Called Quest et Moodymann.

"Je trouve que l'engouement en France depuis ces dernières années est très positif."

Tu es aussi à la tête de deux labels, Faces Records et MCDE Records. Comment est né le projet Faces Records et pourquoi avoir décidé de créer MCDE Records à côté, cinq ans après ?

J'ai commencé Faces Records fin 2001. J'avais pas mal de démos de potes producteurs tel que L'Aroye, Danilo [Plessow aka MCDE, ndlr] sous son pseudo Inverse Cinematics et aussi Irfane, d'Outlines et Breakbot (aussi originaire de Strasbourg). Je trouvais ça de très bonne qualité et que ça méritait d'être sorti en vinyle, donc je me suis lancé ! 

Le label MCDE est né naturellement, plus tard, quand Danilo a changé de pseudonyme. Il m'a fait écouter les "Raw Cuts" 1 et 2, je lui ai dit : "Ça déchire mais c'est un peu différent de ce qu'on sort sur Faces, et si on faisait un nouveau label ?" On a gardé les initiales de son nouveau pseudo et MCDE Recordings est né !

Avec Danilo, vous avez même formé un duo éphémère (Hipster Wonkaz), comment l'as-tu rencontré ? Comment vois-tu son ascension depuis Inverse Cinematics ?

On s'est rencontré dans un club à Stuttgart ou j'étais invité pour mixer. On a lié une forte amitié et on se voyait régulièrement, moi habitant à Strasbourg et lui Stuttgart, c'est à une heure et demi de train. Son ascension est totalement méritée, c'est un producteur de génie et un super DJ.

Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui veut monter son label ?

De bien réfléchir avant, de bien s'entourer des bonnes personnes et d'avoir une ligne conductrice avec plusieurs sorties d'avance.

Ta résidence mensuelle au Sucre, Children of the Drum, a un peu plus d’un an. Pourquoi avoir choisi Lyon comme ville de résidence pour ta musique ? 

Ce qui m'a plu et a poussé mon choix, c'est surtout l'énergie et la dynamique de la ville, à la différence de Strasbourg. Actuellement, il n'y a qu'à voir le nombre de producteurs, de labels et d'organisateurs de qualité qui y voient le jour ! Sans compter la qualité exceptionnelle du public Lyonnais.

"Ce qui m'a plu à Lyon, c'est surtout l'énergie et la dynamique de la ville."

On compte parmi tes bookings deux récentes tournées en Asie et on connaît notamment l’ancienneté de tes relations avec le Japon. Pourquoi cette affection pour ce pays, et surtout pour sa nuit ? 

J'ai toujours était fasciné par le Japon, depuis très jeune. J'y joue régulièrement une fois par an minimum, depuis 2002, ce qui m'a permis de lier une forte amitié avec le public japonais. Je ne pense pas qu'il y ait une énorme différence entre la nuit là-bas et celle d'ici, si ce n'est peut-être la qualité des sound-systems qui est toujours impeccable au Japon, et l'absence systématique de lights dans les clubs. Les Japonais ont une vie à la fois très stressante et très organisée. Dans l'ensemble, je dirais que les clubs ou bars de nuits sont quasi vitaux pour eux, pour s'échapper du quotidien et se perdre un peu dans la musique et dans le temps...

Des sorties prévues prochainement ? Des projets ?

J'ai terminé mon maxi pour MCDE Records qui devrait sortir à la rentrée, si tout se passe bien !

Prochains gigs :

04.06 @Le Transbordeur, Lyon
01.07 @Festival Contre-Jours, Clermont Ferrand
02.07 @ECAM Festival, Lyon
13.07 @TBA
14.07 @Rex Club
16.07 @Le Sucre, Lyon
18.07 @Blauwdruk, Hollande