English version below


INTERVIEW D'ALAN FITZPATRICK

Quel regard portes-tu, jusqu'ici, sur cette année 2015 ?

2015 a été une année très importante pour moi. J'ai été très occupé, dans différents domaines, avec toutes ces nouvelles sorties, les remixes, la tournée massive [en France, notamment au Sucre, Magazine Club, Marvelous Island, Inox Toulouse ou Electrobotic Invasion, ndlr] et l'intérêt croissant de nouveaux fans et des médias pour mon œuvre et mon identité. Si je choisissais tous les moments qui me paraissent importants, que je devais en expliquer les raisons, j'abuserais beaucoup trop de votre temps et de l'espace qui m'est attribué ici. Ça sonne comme de la vantardise, mais c'est la vérité.


"Jamais je ne voudrais que ma musique devienne prévisible."

Cette année, j'ai l'impression d'avoir bénéficié d'un certain élan qui a commencé à se former l'été dernier. Je suis actif depuis un bout de temps déjà dans l'industrie musicale, quelque chose comme 15 ans, donc je comprends comment les choses fonctionnent et qu'il est important de saisir les opportunités qui se présentent. Par conséquent, mon équipe et moi-même avons mis au point un plan pour profiter au maximum de cet élan, et je suis ravi de pouvoir dire qu'à l'heure actuelle, ce plan a l'air d'avoir fonctionné et que nous sommes en train d'atteindre nos objectifs. Il nous reste encore plusieurs mois avant la fin de l'année, et c'est la chose la plus excitante à propos de tout ça.

Que ressens-tu à propos de la scène musicale actuelle ? La musique, et plus particulièrement électronique, t'intéresse-t-elle toujours ? 

Je pense qu'il y a beaucoup de choses à dire au sujet de la musique actuelle et, pour être honnête, la moitié est bonne, l'autre moitié mauvaise. Mais j'essaye toujours de rester positif à propos de ça, parce que la vie est trop courte pour être soumis à ses émotions négatives, et je sais que je suis incroyablement chanceux d'avoir l'opportunité de faire ce qu'il me plaît pour vivre.


"Au sujet de la musique actuelle, pour être honnête, la moitié est bonne, l'autre moitié mauvaise."

La musique actuelle m'intéresse toujours énormément. La musique est mon premier amour. Même avant de m'intéresser à la musique électronique, adolescent, je me plongeais toujours dans la musique. Encore aujourd'hui, en tant que DJ et producteur musical, je suis toujours aussi excité par les effets que peuvent produire la musique. L'autre nuit, je jouais au Sankeys à Ibiza et je rigolais avec mon manager pendant que je jouais, parce que j'avais des frissons à cause des effets qu'elle produisait sur moi. Ce phénomène se produit tout le temps et je suis reconnaissant de pouvoir encore ressentir la vibe d'une soirée, autant qu'à mes 18 ans. Comme tous les jobs, si tu n'apprécies plus tous ces aspects, tu aurais l'impression qu'il est sans âme.

Etait-ce important pour toi de collaborer avec Hotflush ? Et de nouveau avec Figure et Drumcode ?

D'un point de vue personnel, j'ai un large panel de goûts musicaux et j'aime de nombreux genres. La façon dont ma créativité s'exprime fait que j'ai toujours des idées différentes et la volonté de produire des tracks aux sonorités diverses. Ça a toujours été le cas et je crois sincèrement que cette variation est à l'origine d'une part importante de mon succès en tant que producteur. Ça me permet de rester en forme et très occupé. Parfois, je me débrouille pour concevoir quelque chose qui sonne différemment de mes productions habituelles, et ça marche ! Par conséquent, lorsque ça m'arrive, je veux toujours les sortir. Hotflush a toujours été mon premier choix pour les tracks plus underground, plus expérimentaux que j'ai composés. Ce label dispose d'un répertoire incroyable, et je respecte réellement la façon dont il parvient toujours à réinventer son identité sonore. Ce genre de label m'excite. C'est comme le fait de voyager ensemble et de ne pas savoir où tu vas arriver. Donc j'étais très heureux quand Scuba m'a proposé de sortir les trois titres qui ont formé l'EP Falling Down, et je suis très satisfait du résultat.


"C'est comme le fait de voyager ensemble et de ne pas savoir où tu vas arriver."

Concernant le maxi paru sur Figure, c'est une histoire tout à fait différente, puisque j'avais déjà sorti quelque chose chez eux auparavant, un de mes premiers EPs en septembre 2009. Ils occuperont toujours une place spéciale dans mon cœur. Le maxi sorti cette année sur Figure était quelque chose d'assez personnel, puisqu'il s'agissait d'un retour à un style techno plus underground, et il est l'un des seuls projets sortis en dehors de Drumcode depuis 2012. C'était un peu une façon, pour moi, de recommencer un nouveau cycle.

ALAN FITZPATRICK

Je ne me sens pas à l'aise lorsque les choses sont trop prévisibles, donc il m'arrive de faire quelque chose de différent, et à nouveau, tout va bien dans ma vie. Ces sorties peuvent peut-être ne pas vendre autant que celles sur Drumcode, mais cela m'importe peu. Ce qui était important, c'était le feedback de mes fans et des autres DJs, qui m'ont dit qu'ils avaient vraiment apprécié ces tracks. Dans le cas des titres sortis sur Hotflush, certains m'ont dit qu'ils avaient été très surpris, ce qui rend la chose encore meilleure. Jamais je ne voudrais que ma musique devienne prévisible.


"Je ne me sens pas à l'aise lorsque les choses sont trop prévisibles, donc il m'arrive de faire quelque chose de différent, et à nouveau, tout va bien dans ma vie."

Comment parviens-tu à reproduire, sans cesse, ce son oppressant et dense, spécifique à tes productions ? Est-ce là une priorité, une constante lorsque tu composes ?

Je ne dirais pas qu'il s'agit d'une priorité, dans le sens où ce n'est pas une chose que je cherche à faire consciemment. Mais je suis vraiment ravi de cette description. Je l'aime beaucoup ! Le fait est que je produis de la musique de la même façon, en utilisant les mêmes outils, en ayant la même approche, etc. Je fais ça depuis longtemps, et comme pour tout dans la vie, tu as tes habitudes et tes préférences, dont tu ne te rends même pas compte. Donc j'imagine que c'est ce qui se produit ici, par rapport à ce que vous entendez dans mes tracks.


"Si ma vie n'a pas d'équilibre, alors je ne peux pas produire le meilleur de moi-même."

J'ai entendu que tu avais deux enfants. Comment parviens-tu à gérer ta vie personnelle et ta carrière ?

Gérer, c'est le mot ! Je fais très attention à toujours trouver du temps, en dehors de ma carrière, surtout pendant les vacances scolaires et à Noël. En outre, j'ai un manager qui s'occupe de tout le travail quotidien, ce qui me laisse une certaine liberté et me permet de partager mon temps entre la musique et la maison. C'est important, pour moi, de passer du temps en famille et de faire des choses que tout le monde fait le weekend, surtout lorsque j'ai une tournée conséquente, avec un emploi du temps chargé. L'équilibre, c'est la clé. Si ma vie n'a pas d'équilibre, alors je ne peux pas produire le meilleur de moi-même, que ce soit au travail ou à la maison.

En DJ set : 18/09 @ BT59, Bordeaux - 19/09 @ Showcase, Paris


Tracklist du podcast :

Shed - Final Distortion [The Final Experiment]
Mister Woo - Black Eyes (Alan Fitzpatrick’s Loft Rocker) [Derelicht]
Adam Pek & Cory James - Dark Reaction [Birdie]
Huxley - Weapon [AUS Music]
Alan Fitzpatrick - Tribe (Trus’me You Want Me? Remix) [Whistleblower]
Huxley - Still Love [AUS Music]
Oliver Deutschmann - Mental Journey [Mobilee]
Luigi Madonna - Trust Me [Drumcode]
Spencer Parker - Silly Club Song No.3 [Rekids]
Elon - Azone (Marco Zenker NYC Remix) [Inmotion Music]
Blue Hour - Axis Motive (Answer Code Request Remix) [Blue Hour]
Benjamin Damage - Cosmonaut [50 Weapons]
Loshea - Durga (Zener Brothers Remix) [DEXT Recordings]

ALAN FITZPATRICK


ENGLISH VERSION

How do you look back to 2015 so far?

2015 has certainly been a very significant year for me. It has been incredibly busy in all areas with many new releases and remixes plus a massive amount of touring and a lot of interest in me and my music from new fans and in the media. If I picked out all the moments that I feel were important and explained why I would be taking up far too much of your time and space in your magazine, which sounds like a boastful thing to say this but it is the truth.

It feels like this year I caught a wave of momentum that began to build last summer. I've been in and around the music industry for a long time now, like 15 years, so I understand how things work and how you need to take the opportunities that come along. So together with the team of people that I work with a plan was constructed to make the most of this momentum, and I am very happy to say that right now it definitely feels like the plan worked and that we are accomplishing our goals. The really exciting part is that we still have one third of the year left.

How do you feel in today's current scene? Do you remain as interested in music, and especially in electronic music?

I think there is a lot to say about the current music scene and to be honest it is pretty much 50% good and 50% bad, but I always try to stay positive about things because life is too short to get caught up in bad feelings and I know I am incredibly fortunate to have been given the opportunity to do what I love for a living. Thinking about the actual music, yes! I am absolutely still interested. Music was always my first love, even before I got into electronic music when I was a teenager I was always lost in music, and even now as a professional DJ and producer I still get as excited about the way in which music effects you.

Even the other night, I was playing at Sankeys in Ibiza and I was laughing with my manager while I was playing because I was getting goosebumps because of how the music made me feel. This happens to me all the time and I am very grateful that I am still able to feel the vibe of a party like I could when I was 18 because like with any job it would feel very soulless if you didn’t enjoy it.

Was it important for you to collaborate with Hotflush? And with Figure again?

From my personal point of view, I have a broad taste in music and I like to listen to a variety of genres, plus the way my creativity works means that I am always having different ideas and wanting to write different sounding tracks. This has always been the case and I truly believe that this variation is a big part of why I have been successful as a producer. It keeps me fresh and very engaged and sometimes I manage to write something that as well as being different from my usual style it also sounds good!

So of course when that happens I want to release those tracks. Hotflush was always my number one choice for the more underground and experimental tracks I had written. The label has an incredible catalogue and I really respect how Hotflush are always reinventing the label’s sound. Labels like this excite me. Its like you are on a journey together and you don’t know where you will arrive next.

So I was very happy when Scuba said he wanted to sign the three tracks which made up the ‘Falling Down’ EP and I am very pleased with the result. For the EP I released on Figure, this is a slightly different story as I have released with them before, one of my first EP’s in fact back in September 2009, so they will always have a special place in my heart. The release I did for Figure this year was something quite personal to me as it was a return to a more underground style of techno and it was one of only  a handful of EPs I have released away from Drumcode since 2012. It was kind of a way of me resetting the cycle a little bit. I get uncomfortable if things get too predictable so occasionally I will do something different and all is well again with the world.

Maybe these releases did not sell as many as my releases for Drumcode but that doesn’t matter to me. What was important was the feedback I got from fans and fellow DJs who said they really liked the tracks, and in the case of the Hotflush tracks, some people were surprised by them, but that made it even better. I never want my music to become predictable.

How do you always get this such specific thick, oppressive sound? Is that a priority, a constant thing when you're making music?

I wouldn’t say it is a priority, as in something which I consciously set out to achieve, but I am very happy with that description of my sound. I like it! The fact is I have made music in the same way, using the same tools and the same approach etc, for a long time, so just like anything in life you develop habits and traits over time which you might not even notice you are doing, so I guess this is what is happening here in terms of what you are hearing within my tracks.

I've heard you have two children. How do you manage to combine your personal life and your professional career?

Manage is crucial the word! I take great care to always find time away from my career, especially during school holidays and at Christmas, plus I have a manager who takes care of all of the day-to-day work for me which leaves me free to balance my time between music and home.

Especially with a busy tour schedule it is very important that when I am at home I am able to spend time with my family and do all the things people normally do on weekends when I am away. Balance is the key. If my life isn’t balanced then I cannot do my best at work or at home.