Qu'ils se rassurent, avec le lancement de l'outil Rekorbox, l'arrivée d'une platine vinyle professionnelle et un travail acharné d'innovation, Pioneer DJ, par ailleurs profitable sur le plan financier, est résolument une activité en plein essor. Preuve avec son entrée cet été sur le très prometteur marché indien. Comme l'explique Eric Matouk, responsable de la division Pioneer DJ France, il n'y a donc pas de raison de s'inquiéter : « Ce projet de vente n'aurait pas du fuiter. C'est une question stratégique et politique. Il ne faut pas oublier qu'il y a des actionnaires, des volontés de repositionnent. On parle de 570 million de dollars, c'est une transaction qui de toute façon ne va pas se faire en claquant des doigts. Et puis pour être honnête je ne vois pas une industrie du DJing sans un acteur comme Pioneer."


"Pour le moment ça spécule beaucoup et il faut attendre."

D'autant que la vente d'une activité ne signifie pas son arrêt, bien au contraire. Il faut savoir que dans le passé, Pioneer s'était déjà séparé de sa division Hi-Fi, en cédant 51% à une entreprise chinoise, 40% à une entreprise japonaise, tout en conservant 9% du capital. De la même manière, quand Technics fabriquait encore des platines vinyle, elle appartenait à Matsushita, un groupe japonais dans lequel on retrouve aussi Panasonic, JVC, des banques, des voitures, etc.

pioneer © Jrad44

Pour Eric Matouk, une activité rentable ne peut pas être rachetée sans le désir de la maintenir et de la développer. « On ne vend pas une société sans penser à son organisation dans le future. De toute façon il faudra de l'innovation, il faudra fabriquer et vendre les produits, des filiales dans chaque pays."


"Le business ne vas pas s'arrêter."

"Je n'imagine pas une seconde que quelqu'un investisse 570 millions de dollars dans une société prospère sans la maintenir sur son élan. Ca n'aurait aucun sens. Si les gens achètent, c'est pour revendre, et il faut revendre plus cher. C'est pour cela que j'ai dit à mon équipe que nous devions continuer et ne rien lâcher. Si des changements interviennent à notre niveau, alors nous verrons à ce moment là ». À l'heure actuelle, ce sont des fonds d'investissement qui sont pressentis pour le rachat. C'est en effet la spécialité de Bank Of Amercia Merrill Lynch, la société mandatée par Pioneer pour trouver des acquéreurs. Alors en attendant d'en savoir plus, détendez vous un peu et (re)découvrez l'histoire de la CDJ en vidéo :

UPDATE 16/09 : selon le site d'information économique RTT News, une entreprise de private-equity serait d'ailleurs en train de racheter la firme japonaise. Kohlberg Kravis Roberts (KKR) aurait donc déboursé 59 milliards de yen (426 millions d'euros) pour le rachat de la majorité des parts de Pioneer (85/15 exactement).

Arnaud Wyart