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Par Marie-Lou Morin


Publié initialement en mars 2016, dans le Trax n°190 , cet article est à retrouver sur le store en ligne.


Le premier instrument électronique significatif était le telhamonium, créé en 1897, mais il n'a servi qu'à reprendre du Bach ou du Chopin. Il faut attendre les années 1910 et l'influence des futuristes italiens pour que le bruit soit enfin perçu comme de la musique. Le 21 avril 1914, Luigi Russolo donne le premier concert d'art of noise avec son intonarumori, un générateur de sons acoustiques (glouglous, hurlements...)

Ce n'est pas donc pas encore ça. En 1919, en Russie, Léon Theremin invente l'etherophone, renommé thérémine* (comme son inventeur), et validé par Lénine en 1922. Le boîtier électronique et ses deux antennes parviennent à convaincre les musiciens. En 1927, l'inventeur part en tournée en Occident, et la première oeuvre pour thérémine est composée par Joseph Schilinger en 1929. Intitulée First Airsonic Suite for Theremin, elle est joué pour la première fois par le Cleveland Orchestra, featuring Leon Theremin. On tient notre premier vrai morceau électronique.


Mais ce n'est pas passé loin. Un an plus tôt en France, Maurice Martenot avait inventé les Ondes Martenot, utilisées par les compositeurs Oliver Messiaen et André Jolivet, tandis qu'en 1929, à Berlin, Friedrich Trautwein mettait au point le trautonium, qui servira à Oskar Skala pour composer la bande-son des Oiseaux de Hitchcok.

*le thérémine est un instrument composé de deux antennes reliées à un générateur de son. Il se contrôle en approchant la main des antennes. La première permet de faire des notes en glissando selon la distance entre le main et l'antenne. La seconde utilise la distance entre l'antenne et la deuxième main pour régler le volume des notes jouées.

(Source : The Music Sound de Nicolae Sfetcu)