Photo en Une : © Cha Gonzalez

Sur Facebook, ce ne sont pas les groupes et pages qui manquent pour fédérer la communauté technoïde parisienne. "Weather Festival Music", PWFM , "Chineurs de Paname" ou encore "La Bringue". Au milieu de cette jungle vivace, certains ont choisi la voie de l'humour, comme "Comment est la queue de Concrete ?", qui raillait la désormais mémorable file d'attente de l'un des plus importants clubs de la capitale. Ses modérateurs reviennent sur la naissance et l'avenir du groupe.

Fondé en mars 2015, le but du groupe, expliquent-ils, est entièrement contenu dans son intitulé. Obtenir des informations sur ladite queue et en partager les meilleurs clichés sur fond d'humour graveleux. "Longue", "facile", "un peu molle", les adjectifs pleuvent pour décrire la fameuse file d'attente. Mais au-delà de cette noble tâche, une question subsiste. Que représentait réellement Concrete pour les créateurs du groupe ? 

Très vite, les masques tombent. Jérémie, financier de métier, n'a jamais mis les pieds sur la péniche. « J'ai essayé d'y rentrer un soir de nouvel an, avant de créer le groupe. J'ai pris une porte car j'ai demandé à la sécurité de faire comme s'ils me connaissaient pour me laisser rentrer. Il va sans dire que j'étais saoûl, et je me suis donc fait recaler », confesse-t-il. « Voyant que, sur "Weather Music Festival Music", tout le monde demandait comment était la queue de Concrete, j'ai créé ce groupe pour troller. Maintenant je crois que on est plus de 10 000 ! », se félicite-t-il. Clément, co-fondateur du groupe, modérateur et ex-RP au sein du club, est quant à lui bien plus familier du club.

1) Comment avez-vous réagi à la fermeture de Concrete ?

Quand ils ont commencé à parler de la fermeture, j’avais un avis assez mitigé sur la question. Je me suis dit que la fermeture pouvait avoir de  bons côtés au sens où les mecs vont pouvoir se réinventer. Je ne vais pas te cacher que je venais moins souvent depuis quelques temps, et sans vouloir faire l’ancien, j’avais mes raisons. Public jeune, et qui parfois ne sait pas se tenir, beaucoup trop de monde... Concrete était victime de son succès. Ça, tu peux difficilement le voir d'un mauvais œil, surtout quand le club est connu à l’international. Mais il y a quand même une grosse nostalgie qui commence à me gagner. Concrete, c’était toujours des line-up super travaillés, un bon sound-system, une super vibe et un staff qui accueillait son public dans les meilleures conditions.

2) Qu'est-ce que le club représentait pour vous ?

C’était pour moi les affiches les plus techniques et les plus variées de Paname. J’y ai découvert un nombre incalculable d’artistes. L’autre point fort de la péniche, c’était le sentiment d’appartenir à une maison, d’être partie prenante de l’aventure à chaque instant. J’y ai été RP quelques années, donc forcément ça aide à connaître le staff, mais même sans ça, c’est un endroit où il n'y avait pas de barrière. Tu pouvait venir une fois dans ta vie et devenir pote avec ceux qui bossaient là-bas, ou même des artistes. Chacun était au même niveau, il n'y a pas de jugement, juste du kiff ! Ça a vraiment révolutionné ma façon de sortir. Je ne me suis jamais senti autant chez moi que là-bas, et je dois vraiment remercier le staff pour ça. Ça restera toujours un lieu mythique.

3) La plus belle queue de l'histoire du club ?

Celle-là, elle n'est pas facile. Je dirais peut-être MCDE le 6 février 2015. Il y avait un bordel dans la queue, je n'ai jamais vu ça. D’ailleurs, c’est la seule fois où je n'avais pas pu rentrer alors que j’étais venu tôt. Ça partait dans tous les sens, les vigiles ne savaient plus comment gérer, alors ils ont complètement bloqué l'entrée. Le Woodfloor n'existait pas encore, donc ça devait être très très chaud en bas. Sinon, je me souviens d'une soirée avec Richie Hawtin en juillet 2015, la seule et unique fois où il y a joué, d'ailleurs. Tout le monde voulait y aller, à tel point qu'il y avait carrément des mèmes qui tournaient avec la barge en mode "Titanic qui coule". Pour moi, c'est vraiment l’année où le club a commencé à être connu de tous, où les soirées se sont blindées. Plus récemment, il y a eu une très belle queue pour la soirée Possession : longue, compacte et épaisse !

4) Quelle a été l'évolution de la queue pendant le closing ?

Alors là, je t’avoue que j’étais dans mon kiff et rien d’autre. Pour ma part, je suis arrivé le samedi à 17h et revenu le dimanche à 22h. Pas trop de queue à signaler. Le fait d’étaler l’évent sur 50h a permis au club de ne pas être trop chargé. Personne n’a voulu s’agglutiner au dernier moment pour dire « je suis là pour la dernière track », mais chacun a préféré venir au moment où il en avait envie, sans prise de tête. Par contre, le physio m'a confirmé que, dans la nuit de samedi à dimanche, la queue était énorme et faisait des sacrés zig-zags.

5) Bientôt un "Comment est la queue de Dehors Brut ?" ?

Hééé c’est déjà fait ! On reste dans la continuité !

Les deux associés n'ont en effet pas perdu de temps. Bien que la photo de couverture du groupe, qui dépeint Raresh posant la fatidique question, n'ait pas encore été mise à jour, la reconversion est en marche. On laissera donc le soin aux experts de juger la queue nouvelle le 27 juillet prochain, lors du grand opening de Dehors Brut.