Photo en Une : © Tree Of Codes

À priori, rien ne semble plus éloignés que la musique électronique et le monde du ballet et de l’opéra. Pourtant, les associations entre ces deux disciplines se font de plus en plus fréquentes, et créent des spectacles aussi intenses que bouleversants.

Ces dernières années, de nombreux chorégraphes de ballets ont en effet collaboré avec des artistes de musiques électroniques. Le dernier en date : le ballet contemporain Tree of Codes, qui se joue du 26 juin au 13 juillet à l’Opéra Bastille, à Paris. Co-créé par le chorégraphe Wayne McGregor et le plasticien scénographe Olafur Eliasson, le spectacle adopte une bande-son électronique signée Jamie XX, le beat maker de The XX. Entièrement confectionné de compositions inédites du producteur, elle jongle entre mélodies atmosphériques, synthétiseurs et harmonies classiques. 

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Mais ce ballet est loin d’être le premier à combiner les deux registres. L’année dernière, la chorégraphe espagnole Blanca Li présentait également sa toute dernière création, Elektrik. Un titre évocateur, derrière lequel huit danseurs transportent les spectateurs dans un univers graphique et kaléidoscopique, le tout sublimé par l’électro baroque et industrielle de Tao Gutierrez. Une oeuvre qui peut rappeler Crowd, le ballet de la chorégraphe franco-autrichienne Gisèle Vienne, qui fait danser depuis 2017 une quinzaine de jeunes adolescents sur fond de musique techno. Aux platines, le DJ Peter Rehberg, qui revisite les oeuvres des pionniers de la musique électro des années 1990, de Jeff Mills à Underground Resistance. 

Cette alliance explosive entre musique classique et électro a également séduit les metteurs en scène français, dont le talentueux Angelin Preljocaj, à la tête du ballet du même nom. Après avoir collaboré avec Nicolas Godin, membre du duo pop-électro Air, pour sa pièce La Fresque en 2016, ce dernier a utilisé les bandes-son d’Alva Noto et Ryuichi Sakamoto pour le spectacle Still Life l’année suivante. « J’avais toujours ce désir, entre chaque acte, de mettre une atmosphère électronique. Elle donne du poids, un arrière-champ, un hors-cadre », a-t-il déclaré l’année dernière. Un avis qui semble également être celui du Toulousain Pierre Rigal, féru d’associations artistiques étonnantes. C'est en effet vers l’électro poétique du DJ et performer Nihil Bordures que le chorégraphe s'est tourné pour ses créations Press en 2008, puis Standards en 2012. 

Pour s'émerveiller devant le jeu de miroirs déroutants de Tree Of Codes, deux places pour le ballet sont à gagner sur le site Internet de Trax.