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Cet article est initialement paru dans le numéro 218 (février 2019) de Trax Magazine.

AVANT

Des pâtes oui, mais pas des Panzani

Pour quoi faire ? Une bonne réserve d’énergie pour préparer le terrain.

C’est un classique des marathoniens : la « pasta party », soit une débauche de pâtes en amont de la course pour faire le plein de glucides complexes (ici sous forme d’amidon) qui seront transformés en glycogène par le foie et mobilisés durant l’effort. N’exagérons rien : en termes d’effort, une nuit à danser en club se rapproche plus d’un cours de zumba que d’une course de 42 kilomètres. Mais l’essentiel reste de tenir sur la durée. Le midi, on pourra donc opter pour un plat de pâtes (complètes ou semi-complètes, pour conserver les fibres) et al dente, en se laissant plusieurs heures pour bien digérer. Pendant le repas, on veillera à boire beaucoup d’eau, car elle favorise le stockage du glycogène. À proscrire : les sauces préparées contenant du sucre et des additifs. Préférez une recette à base de légumes et d’huile d’olive vierge. « Eviter les denrées industrielles, c’est la base », appuie Patricia. « À mesure que la soirée approche, on veillera à alléger son alimentation. »

Goût : 6/8

Risque d’addiction : 5/8

Coefficient bobo : 1/8

Une poignée de dattes

Pour quoi faire ? Un shoot de sucres pour résister à la tentation des biscuits apéro.

L’apéro approche, et avec lui sa délégation de chips, Apéricube et autre snacks salés à la valeur nutritive proche du néant. Pour prendre les devants, on opte pour une collation de dattes à l’heure du goûter, des petites bombes de glucides doublées d’une bonne dose de potassium et de magnésium. « Cela donnera aussi un bon apport de fibres. » Si ces dernières doivent être consommées avec modération, au risque de se retrouver à jouer les acrobates au-dessus d’une cuvette de WC sans verrou durant la nuit, elles vont contribuer, par leur effet régulateur sur la glycémie, à ralentir la digestion d’alcool. Tout comme d’autres fruits concentrés en sucre (figues, abricots secs), les dattes font de bons compagnons de soirée pour éviter le coup de fatigue – elles constituaient d’ailleurs l’un des aliments de base des peuples nomades, le dattier étant l’un des rares arbres fruitiers à pousser dans le désert. Comme on ne sait jamais dans quel after on risque de s’embarquer…

Goût : 7/8

Risque d’addiction : 4/8

Coefficient bobo : 2/8

De l’eau de Quinton

Pour quoi faire ? Un tsunami de minéraux et d’oligoéléments.

L’autre apport essentiel à l’effort sportif, outre les glucides, ce sont les minéraux. Ils agissent sur la contraction des muscles et s’éliminent durant la performance, notamment par la sueur – et non, ils ne se régénèrent pas via la sueur accumulée au plafond du club qui nous ruisselle sur le visage. « Les minéraux sont indispensables lorsqu’il faut faire preuve de résistance. Les jus de légumes et l’eau de coco sont des boissons riches en minéraux, mais il y a beaucoup plus efficace : l’eau de Quinton », conseille Patricia. Aussi appelée plasma de Quinton, cette solution élaborée par le biologiste René Quinton au début du XXe siècle est en fait de l’eau de mer filtrée à froid. Pourquoi de l’eau de mer ? Parce qu’elle contient les mêmes minéraux et oligoéléments que notre plasma sanguin. Le dictionnaire Vidal, la bible des médecins, en dénombre ainsi 92 dans l’eau de Quinton. « Ce sont de petites ampoules qui s’achètent en magasin bio, avec un goût très salé. » Avant de débuter la soirée, on sifflera une ampoule de solution hypertonique, la version « coup de boost » de l’eau de Quinton, très riche en sodium, magnésium, potassium, fer, calcium… Le podium des minéraux indispensables à l’effort sportif. Par contre, son goût très salé nous fera tirer la même tête qu’une tequila paf.

Goût : 1/8

Risque d’addiction : 2/8

Coefficient bobo : 6/8

Un dîner de fruits denses

Pour quoi faire ? Le plein de sucres sans accabler l’estomac.

Pour le dernier repas avant de se perdre dans la nuit, des fruits. Mais pas n’importe lesquels. « L’idéal est d’avoir une alimentation à base de glucides, mais facile à digérer. On privilégiera donc les fruits denses comme la banane, le kaki, la mangue… » Prévoyez un panier à fruits garni comme une corne d’abondance, l’idée étant bien d’en faire un repas et de manger jusqu’à satiété. Si les fruits ne suffisent pas, agrémentez l’assiette d’oléagineux : graines, noix, noisettes, amandes… Leur apport en protéines achèvera de vous rassasier, avec en bonus un concentré de bonnes choses pour le corps (oméga-3, vitamine E, magnésium…) Associés aux fruits secs, les oléagineux constituent eux aussi un cocktail idéal à garder sur soi pendant la soirée : « Là où les sucres des fruits donnent de l’énergie très rapidement, les protéines et acides aminés des noix aideront à lutter contre la fatigue. »

Goût : 6/8

Risque d’addiction : 4/8

Coefficient bobo : 3/8

Un shot gingembre-ail-citron-miel

Pour quoi faire ? Un coup de fouet qui booste les défenses naturelles.

Après avoir bien digéré, un petit shot 100 % naturel pour faciliter le décollage du canapé et booster ses défenses avant d’affronter la galaxie de miasmes du dancefloor. « C’est mon petit cocktail énergisant. On râpe une cuillère à café de gingembre frais, que l’on fait bouillir pendant 5 minutes dans 100 à 150 ml d’eau avec une demi-gousse d’ail et une pointe de piment. On laisse ensuite infuser pendant 10 minutes avant de filtrer la décoction. Enfin, on ajoute une bonne rasade de citron et du miel pour le goût. » En plus de donner un coup de fouet, le combo citron-gingembre (un grand classique pour passer l’hiver) facilitera la fin de la digestion, tout en dynamisant le système immunitaire. L’ail apportera d’autres vitamines et de minéraux. Son effet sur l’haleine sera quant à lui neutralisé par le citron et le miel. Tout bénef.

Goût : 5/8

Risque d’addiction : 7/8

Coefficient bobo : 4/8

PENDANT

Des bananes séchées

Pour quoi faire ? Lutter contre la fatigue et les crampes.

La banane séchée, c’est un peu le « club edit » de la banane fraîche, en ce qu’elle ne risque pas de finir en purée au fond du sac. Certainement l’un des fruits secs les plus moches, elle est aussi l’un des plus efficaces contre les coups de fatigue. La banane séchée est bourrée de glucides et de potassium, permettant à la fois de soutenir l’effort et d’éviter les crampes. Attention néanmoins à ne pas trop en manger d’un coup, l’aliment séché étant plus calorique que l’aliment frais. En extra, deux carrés de chocolat noir (le plus pur possible) se marieront tant au niveau du goût que des effets sur l’organisme : le cacao comme la banane stimulent la production de sérotonine et de dopamine, contribuant à réduire le stress. Plutôt utile, puisque le manque de sommeil éprouve résolument l’organisme.

Goût : 7/8

Risque d’addiction : 8/8

Coefficient bobo : 2/8

Une tournée de jus d'orange-gingembre-cannelle

Pour quoi faire ? S’hydrater, tenir la distance et éviter le rhume.

Le bar, quelle épreuve. Entre une pinte et une boisson énergisante surdosée en sucre et en caféine, on se retrouve bien démuni à vouloir commander autre chose qu’une bouteille d’eau. L’alternative ? 20 cl de jus d’orange agrémenté d’une demi-cuillère à café de gingembre et d’une cuillère à café de cannelle, en poudre pour les deux. Outre son effet (légèrement) énergisant, ce cocktail soutiendra l’organisme contre la crève de fin de soirée. Si le gingembre est reconnu pour ses propriétés anti-bactériennes et anti-inflammatoires, la cannelle y adjoint un effet antiviral et antiseptique. « C’est l’un des antioxydants les plus forts parmi les épices », précise Patricia. « C’est aussi l’épice des diabétiques car elle aide à réguler le taux de sucre dans le sang. Ça peut aider si l’on a bu de l’alcool. » La vitamine C de l’orange favorisera enfin le stockage du glycogène. Seule contrainte : trouver une soirée où l’on pourra entrer avec sa boisson, au risque de se faire sortir du club après avoir vidé un sachet de poudre dans son verre.

Goût : 7/8

Risque d’addiction : 4/8

Coefficient bobo : 3/8

De la poudre verte

Pour quoi faire ? Tournée générale de nutriments et coupe-faim.

Deux usual suspects de la famille des superaliments : un arbre aux feuilles médicinales originaire d’Inde et une algue vieille de 3 milliards d’années. Comme tout superaliment qui se respecte, les deux lascars contiennent une myriade de nutriments : vitamines, minéraux, antioxydants, oligoéléments... Plus intéressant sur les coups de 3 heures du matin : leur forte teneur en protéines, pour très peu de calories. « Ces plantes ont un effet coupe-faim, elles apportent une bonne énergie sans travail digestif fatiguant. Idéal pour continuer sa soirée. » Traditionnellement utilisée dans la cuisine indienne, la moringa possède un goût plus agréable que la spiruline, mais elle est aussi moins facile à se procurer en France. Que l’on opte pour l’une ou l’autre, on privilégiera la poudre aux gélules, à diluer dans de l’eau ou un jus de fruit. « Deux cuillères à café dans la soirée, c’est très bien. »

Goût : 2/8

Risque d’addiction : 8/8

Coefficient bobo : 8/8

APRÈS

Un jus de betterave

Pour quoi faire ? Hydratation et reminéralisation express.

Qu’importe que l’on se réveille dans son plumard ou sur un canapé cerné de cadavres de bouteilles, on se sent rarement au pinacle de sa forme un lendemain de soirée. Priorité n°1 ? Réhydrater et reminéraliser l’organisme. Au saut du lit, on prendra son courage à deux mains pour se faire un bon jus… de légumes, bien plus chargé en minéraux qu’un jus de fruits. « La betterave ou la carotte sont idéales. La betterave favorise l’oxygénation du sang, accélère la récupération et comme la carotte, elle va soutenir le foie. » L’intérêt du jus réside aussi dans le fait qu’il libère les nutriments contenus dans les cellules fibreuses des légumes entiers, et leur permet d’être assimilés plus rapidement. Pour pimper le tout, on y ajoutera une demi-portion de gingembre pour une portion de curcuma, le premier aidant à assimiler le second et à mobiliser ses puissants effets anti-inflammatoires.

Goût : 2/8

Risque d’addiction : 2/8

Coefficient bobo : 7/8

Un bon burger

Pour quoi faire ? Ne pas mourir de faim.

Et pourquoi pas un poulet mayo, tant qu’on y est ? Pour éviter le coma alimentaire qui vous plombera toute l’après-midi, Patricia recommande de « très peu » manger en lendemain de soirée, et de privilégier les fruits « acides et denses, comme la mandarine, les kiwis, la grenade, les raisins, les pommes… Il faut laisser son système digestif au repos, avec des choses en digestion rapide. Si l’organisme doit digérer des aliments complexes, il y consacrera la majorité de son énergie. Les fruits répondront ainsi aux besoins en sucre ; pour le gras, on peut se faire une salade de crudités avec beaucoup d’huile d’olive, qui est aussi hépatoprotectrice. » En hiver, on penchera pour un plat validé par toutes les grand-mères du globe : le pot-au-feu. Avec la cuisson, les minéraux et vitamines contenus dans les légumes se retrouvent capturées dans l’eau du bouillon, qui réhydratera du même coup l’organisme.

Goût : 6/8

Risque d’addiction : 5/8

Coefficient bobo : 3/8

De l’huile pour tous les maux

Pour quoi faire ? Soigner les bobos de la nuit : mal de tête, de gorge, courbatures…

Les huiles essentielles sont plus ou moins efficaces pour plus ou moins toutes les pathologies. On insiste sur le « plus ou moins ». Si l’usage de ces fioles ultraconcentrées ne doit pas s’improviser – Patricia déconseille ainsi d’en ingérer par voie orale –, certaines ont fait leurs preuves sur la symptomatologie du lendemain de soirée. Pour le mal de tête, on appliquera deux goûtes d’huile essentielle de menthe poivrée sur le front et les tempes, en évitant le contour des yeux. En cas de nausée, déposez quelques gouttes sur un mouchoir et respirez à fond. Diluez une goutte d’huile essentielle de lavande avec quatre gouttes d’huile végétale, puis massez sur le plexus et la plante des pieds pour détendre le corps en cas de stress, ou sur les muscles endoloris en cas de courbatures. Si l’on préconise souvent le mélange miel - huile de tea tree pour soigner le mal de gorge – ah, ces longues discussions au fumoir à 4 heures du matin –, on optera ici pour un remède plus doux : le bâtonnet de réglisse. Les vertus médicinales du plus old school des bonbecs sont autant reconnues par la médecine traditionnelle chinoise que par l’Union européenne. En combinant des effets anti-inflammatoires et expectorants, il est idéal pour le traitement de la toux, et sa forme proche de la cigarette freinera quelque peu l’envie chez les fumeurs.

Goût : -

Risque d’addiction : 7/8

Coefficient bobo : 5/8

Plus de plasma

Pour quoi faire ? Achever de reminéraliser le corps en profondeur.

Si vous avez fréquenté des étudiants en médecine, vous connaissez sans doute leur remède miracle post-gueule de bois : le sérum physiologique en intraveineuse. Un docteur américain a même eu l’aplomb de capitaliser sur ledit remède en proposant de vous remettre sur pied en 45 minutes, cocktail de vitamines et deux litres de sérum phy à l’appui. Le tout pour la modique somme de 200 $. L’eau de Quinton (ou un équivalent obtenu selon le même procédé, comme Biodemer) fera office de version DIY et moins onéreuse de ce traitement de choc ; la solution du docteur Quinton était d’ailleurs injectée en intraveineuse au début du siècle. Plutôt que la solution hypertonique recommandée en début de soirée, on optera ici pour une ampoule isotonique, moins concentrée. « L’isotonique a la même formule que notre plasma sanguin en termes de minéraux. C’est un traitement de fond qui va reminéraliser l’organisme en profondeur. Et si on a un peu abusé sur l’alcool, ça réhydrate. »

Goût : 1/8

Risque d’addiction : 6/8

Coefficient bobo : 6/8

Une cure d'argile

Pour quoi faire ? Soigner les estomacs fragiles et éliminer les toxines.

Le remède magique pour l’estomac et les intestins un peu dérangés.« C’est vendu au rayon cosmétiques. On va vous dire que ça ne s’avale pas, mais si », assure Patricia. « L’argile est détoxifiante, antibactérienne, antivirale, reminéralisante… Elle équilibre absolument tout. En se déposant, elle crée aussi un pansement gastrique. » Les perroquets et les gorilles des montagnes compteraient ainsi parmi les animaux à spontanément s’offrir une cure de ce Smecta naturel – ce dernier tirant justement son nom de l’argile diosmectite. Aujourd’hui, l’argile reste un remède traditionnel dans plusieurs pays d’Afrique. « Sur une journée, on peut prendre 3 ou 4 verres d’argile. On saupoudre une cuillère à café rase dans un verre d’eau, à laisser agir 10 minutes avant de mélanger et de boire. » On pourra en profiter pour préparer un masque en mélangeant la poudre à de l’eau tiède jusqu’à obtenir une pâte élastique que l’on s’étale sur le visage, et ainsi purifier les pores de toutes les toxines et autres résidus de poppers qui s’y seront accumulés durant la nuit. Nous voilà requinqués, dedans, dehors, pour la prochaine expédition !

Goût : 0/8

Risque d’addiction : 3/8

Coefficient bobo : 7/8