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Concrete, célèbre boite de nuit parisienne, annonçait la semaine dernière sur sa page Facebook sa potentielle fermeture à la suite de désaccords avec la BPIF, société qui détient la barge accueillant le club. Pour faire le point sur les tensions entre la société et le club, Trax est allé interroger la BPIF et les membres de Surprize!agence à l'origine de Concrete. Alors que la BPIF pointe du doigt un club « accueillant dans l'illégalité son public, avec un ponton qui n'est plus aux normes », comme l'affirme Claude Simon – la présidente de la BPIF –, le club, de son côté, dément ces accusations. Les membres de Surprize! reviennent ici sur la situation. 

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La propriétaire met le doigt sur le fait que le ponton de la barge n'est plus aux normes, et que les gens entrent à Concrete dans l’illégalité. Pourquoi ? 

C'est faux. Nous avons toutes les autorisations administratives pour continuer à accueillir le public. D'ailleurs, si c'était le cas, la police administrative nous aurait déja interdit l'ouverture du club. Nous sommes dans la légalité.

Étiez-vous au courant qu'une révision complète de la barge devait se faire en janvier ?

BPIF nous avait affirmé qu'une inspection de la coque de la barge pourrait se faire avec des plongeurs sur le site même du port de la Rapée, sans devoir faire partir la barge sur un chantier pour sa mise à sec. Nous n'avions pas non plus été mis au courant du calendrier de ses interventions, nous empêchant ainsi de nous organiser en terme de planning.

On parle d'une offre concurrente plus élevée au rachat de la barge qui viendrait d'un acteur fort de la nuit, quelle est votre regard sur cela ?

On ne peut pas s'avancer là-dessus, mais étant donné la valeur que nous avons apporté au lieu et par la même occasion à tout le quartier qui était un "no man's land" il y a encore quelques années, on a quelques doutes sur cette piste. Quoi qu'il en soit, si un potentiel acteur de la nuit envisage de capitaliser sur ce que nous avons créé en récuperant la barge, nous espérons qu'il a pris en compte la manière dont il sera reçu par le public, les artistes, les bookers et médias du monde entier...

Comment voyez-vous la suite de Concrete si la barge ne peut être rachetée par Surprize! ?

Concrete n'est pas la barge en elle-même. Concrete c'est notre team, notre public, nos résidents, notre vision de la musique, notre façon de faire la fête, notre savoir-faire, notre expérience, et c'est aussi toute la scène française avec qui nous collaborons depuis des années. Tout ça nous permettra de rebondir avec succès. De la meme manière que notre court séjour dans l'usine de la SIRA en 2013 avait réussi à satisfaire notre public, nous saurons nous réinventer quoi qu'il arrive, et avons toutes les armes en main pour.

On sait les loyers de plus en plus onéreux, ne serait-ce finalement pas plus simple ailleurs ?

Il est vrai que les loyers de la barge sont exorbitants, et qu'à ce prix nous pourrions être installés n'importe où ailleurs, mais nous avons construit l'histoire de Concrete au port de la Rapée, et sommes donc attachés à cet endroit.

La Ville a déclaré son soutien à Concrete et à votre équipe, comment avez-vous accueilli ce soutien ?

Après toutes ces années à défendre nos valeurs et notre culture, et à jouer le jeu à tous les niveaux en terme de législations, nous sommes très heureux d'avoir le soutien d'Anne Hildalgo. C'est assez bon signe pour la suite.

Comment ce soutien peut-il faciliter les choses pour un éventuel rachat de la barge par Surprize ? 

Nous souhaitons nous faire entendre à travers ce soutien, et démontrer que Concrete est important pour beaucoup de monde, que ce soit le public, les artistes, les medias et meme la Mairie de Paris. En esperant declencher ainsi un retour au dialogue avec BPIF.

Pour suivre l'avancée du dialogue et l'avenir de Concrete, toutes les informations sont à retrouver sur la page Facebook du club.