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Cet article est initialement paru dans le numéro 219 de Trax Magazine.

Par ڭليثر Glitter٥٥

Hajja Hamdaouia – "Daba Yji" (Casaphone)

C’est la pionnière de la aïta marsaouia, un style de musique avec des textes remplis d’amour, de douleur ou de révolte portés par une kamanja (une sorte de violon) et les sons sourds de la tarija (une percussion). Sa discographie nous rassemblait en famille ou entre amis pendant de longues soirées dansantes.



Cheikha Rimitti ‎– "Nouar" (Sonodisc, 2000)

Sûrement ma chikha préférée. Rimitti doit son nom à la déformation de la formule « remettez-moi ça », qu’elle utilisait dans les bars pour demander un verre. Première femme à avoir déjoué les stéréotypes en posant sa voix androgyne sur un guellal (un tambour) et une gasba (une flûte). Ses chants féministes et engagés ont guidé des générations d’adolescentes dont j’ai fait partie. J’ai dédié l’une de mes émissions Rinse France aux cheikhat.



Cheb Hasni – "Matebkich" (NC)

Hasni est, à tout jamais, le roi du raï sentimental. Ce titre est l’un de mes favoris de sa généreuse discographie (plus ou moins 150 albums). Un hymne de la déception amoureuse et une grande leçon de poésie algéroise sur des nappes de synthétiseurs en quarts de ton.


Nass El Ghiwane – "Siniya" (NC)

Les Rolling Stones de l’Afrique, dixit Martin Scorsese. Notre rock psychédélique des 70’s qui continue à accompagner la jeunesse marocaine. Une musique qui brasse différentes esthétiques de la musique maghrébine : le chaâbi, le melhoun, la aïta et le gnawa.


Hassan Abou El-Saoud – "Rakset Al Asaya" (Voice of Stars, 1974)

Exceptionnel compositeur de musique de films égyptiens mais aussi celui qui a ficelé les bandes-son de longues séances de danse orientale entre amies à la maison, rythmées par le son unique de la darbouka égyptienne. Il a fait les bangers des clubs d’aujourd’hui sans trop s’en douter.




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Cheb Rizki – "Ana El Ghaltan" (Bird, 2001)

L’un des premiers à avoir mêlé rap francophone et raï oriental. "Ana El Ghaltan" est l’un de ses plus grands titres. Je l’ai découvert en format cassette dans la voiture de mon plus jeune oncle entre Fès el-Bali et Mont Fleuri (quartiers de la ville de Fès). Perdu dans ses retranchements religieux et politiques, il est aujourd’hui très regretté.


Serge Gainsbourg & Jane Birkin – "Jane B" (Phonodor, 1969)

J’ai été bercée par la variété française grâce à un oncle professeur de français. J’appréciais particulièrement ce titre de Gainsbourg qui reprend intelligemment le "Prélude n°4 op.28" de Frédéric Chopin. Chopin est sûrement la figure de la musique classique qui me touchait le plus pendant mes petites années au conservatoire de la Gendarmerie royale à Rabat.


Amon Tobin – "Sultan Drops" (Ninja Tune, 1998)

Ma première rencontre avec la musique électronique. La première fois que j’ai écouté cet album (Permutation) dans ma petite chambre à Rabat, j’étais complètement fascinée par la complexité des titres, les effets et les percussions.


Leila Arab – "Mettle" (Warp, 2008)

C’est en m’intéressant à l’entourage artistique d’Aphex Twin que j’ai découvert Leila Arab. Ses esthétiques musicales étranges et entraînantes ont autant nourri les échanges musicaux avec mon cercle d’amis sur les réseaux de chat (merci MSN) que nos premières soirées.


Zhala – "Holy Bubbles" (Konichiwa, 2015)

Emerveillement devant l’univers musical et visuel de Zhala. Quand j’ai construit une première playlist pour définir mon univers musical sous le nom de ڭليثر Glitter ٥٥, ce fut l’un des titres évidents. Mon premier podcast Alif lui rend quelque part hommage (cf. le titre d’intro et de clôture).


Si le nom de ڭليثر Glitter٥٥ prend tout doucement place sur les affiches de tous les bons festivals de la saison, c’est pour la qualité insolente de ses mix où la jeune DJ mélange les échos arabes de son enfance au rétrofuturisme électronique. Avec brio.