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Une nouvelle étude scientifique cherchant à en approfondir une plus ancienne, datant de 2015, où des personnes atteintes de dépression déclaraient préférer écouter de la musique triste, vient d'être publiée dans la revue Emotion. 76 femmes ont ainsi participé à ce programme de recherche à l'Université de Floride et se sont vues écouter divers extraits de musique classique, qualifiés de "tristes" ou "heureux". L'expérience s'est notamment basée sur l'écoute du morceau dit "le plus triste jamais écrit" – selon le livre du même nom, du journaliste Thomas Larson , "Adagio for Strings" de Samuel Barber, ou – côté musique joyeuse – "Infernal Gallop", de Jacques Offenbach.

Si l'étude de 2015 sous-entendait que les victimes de dépression cherchaient, par l'écoute de musique triste, à rester dans le même état, cette nouvelle expérience a été motivée par d'autres hypothèses. « Les autres scientifiques pensaient qu'à un certain niveau, les personnes dépressives pouvaient trouver la tristesse plus familière et plus confortable, et agir, volontairement ou non, de manière à maintenir cet état. Nous étions sceptiques. Ça nous paraissait improbable qu'elles veuillent se sentir tristes », explique Jon Rottenberg, directeur du "Mood and Emotion Lab" à l'Université de Floride du Sud, selon des propos rapportés par WUSF News.

Réalisée par Rottenberg et l'étudiante Sunkyung Yoon, la nouvelle étude a ainsi permis de constater qu'au lieu de les laisser dans un état dépressif, la musique triste améliorait l'humeur des participantes. « Ils se sentaient vraiment mieux après », confirme Rottenberg. Yoon évoque notamment l'effet relaxant induit par ce type de mélodies. Cela remettrait donc en question l’idée, défendue par l'expérience de 2015, selon laquelle les personnes tristes écoutent de la musique triste pour se morfondre dans leur spleen à chaudes larmes, alors qu’il s’agirait peut-être simplement d’un « mécanisme d’adaptation », poursuit un article de The Verge.

Concernant le fait que seules des femmes ont été choisies pour l'étude, Rottenberg explique que la dépression est « deux fois plus communes chez les femmes adultes que les hommes ». D'autres expériences incluant des hommes pourraient toutefois être menées prochainement.