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La France accueillera bientôt son premier Centre National de la Musique. L’Assemblée Nationale a en effet voté dans ce sens lundi 6 mai, la loi devant entrer en vigueur le 1er janvier 2020. Le projet avait été initié en 2011, suite à la chute massive des chiffres de l’industrie musicale, notamment à cause du piratage et de l’émergence du streaming. Le projet a alors été mis de côté lors de la présidence de François Hollande, en raison, selon un témoin interrogé par Libération, de pressions du Centre National de la Cinématographie. En effet, le Centre National de la Musique (CNM) et le CNC auraient dû se financer à partir de la même taxe.

Le projet a finalement été relancé par Françoise Nyssen, ministre de la culture en 2017, puis son successeur Franck Riester en 2018. Une proposition de loi a été faite le 27 mars 2019, mettant en avant sept objectifs du CNM, parmi lesquels l'aide à la production, le soutien des musiques française à l'étranger, la création d'un observatoire des pratiques musicales, ou encore une aide à l'éducation artistique. Une autre mission a été ajoutée lors des débats dans l’Assemblée : la valorisation du patrimoine. Un autre amendement précise par ailleurs que le CNM doit favoriser l’accès égal aux hommes et aux femmes aux professions musicales.

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L’idée générale est donc de fédérer les différents acteurs de l’industrie musicale, afin de promouvoir la diversité et l’innovation dans la musique. Pour mener à bien ces missions, le CNM disposerait d'un budget de 20 millions d’euros (les premiers rapports en prévoyait 100, puis 60), et le financement se ferait à l’aide de taxes sur le spectacle vivant, perçues par le CNV. D’autres financements devraient être développés.

La musique est pour l’instant le seul art vivant qui n’ait pas de centre national, après notamment le cinéma (créé en 1946), le livre ou le cirque. La proposition de loi telle qu'adoptée par l'Assemblée est disponible sur son site internet.