Photo en Une : © Pascal Lachenaud


Rien n’aura été épargné au Teknival 2019 : la rave était sous la neige. Samedi 4 mai, malgré de multiples interdictions émises par plusieurs préfectures, le Frenchtek26 a bel et bien eu lieu dans la Creuse, département pourtant inclus dans les interdits. C’est un camp militaire de la commune de Féniers, sur le plateau de Millevaches, qui a accueilli des teufeurs de toute la France, et même au-delà. Les premiers sont arrivés dans la nuit de vendredi à samedi, vers 1h du matin. Le samedi après-midi, ils étaient près de 10 000 à profiter des quatre soundsystems (contre une douzaine attendue) qui ont pu passer le barrage des gendarmes. « Il y avait plein de gens différents, ça allait des pompiers et militaires en civil aux gamins de 17 ans, du teufeur qui n’a jamais pris de drogue dure au dealer » raconte Marc-Antoine, journaliste pour Trax Magazine sur place. Quant aux soundsystems, nombreux sont ceux restés en bas du plateau. « Tous les gros camions se sont fait refouler » poursuit-il.

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En fin d’après-midi, l’ambiance se refroidit. La fête bat toujours son plein, mais les températures descendent, et la pluie se transforme petit à petit en neige. La visibilité se limite à une dizaine de mètres seulement, le sol devient blanc, comme on peut le voir sur cet aftermovie : 

Certains se lancent des boules de neige, d’autres sortent les skis, et la fête se poursuit. « Il y avait vraiment un côté Winter is coming, Game Of Thrones » s’amuse Marc-Antoine. « On se serait crus en pleine Sibérie ». Dans la nuit, la neige n’arrête pas de chuter, tout comme la température qui atteint les -4° C. La Croix-Rouge distribue 500 couvertures chauffantes, et 30 personnes sont en état d'hypothermie, heureusement sans gravité pour la plupart. Deux personnes sont cependant amenées à l’hôpital, dont une en surdose de kétamine. Le dimanche après-midi, ils ne sont plus que 2500 à danser sur le plateau. Une édition qui se fait dans la douleur et le froid, mais qui a échappé de peu à l’annulation. Le journaliste tempère : « Dans l’histoire des Teknival, celui-là restera : il sortait de l’ordinaire. Il y avait vraiment le côté pleine nature, c’était un très bon spot ». Un spot qui n’a cependant pas plu à l’armée, propriétaire du terrain, qui a porté plainte.