Photo en Une : © Rich Fury / Getty Images


Au moins, elle a créé la surprise. Lorsqu'il y a dix jours, Nina Kraviz annonçait que son show du 1
3 avril à Coachella, sur la scène Mojave, consisterait en un nouveau live audiovisuel, personne ne s’attendait à quelque chose d’aussi inhabituel. En lieu et place d’un DJ set, comme on pouvait l’attendre d’elle, l'artiste russe a ainsi offert une performance quasi-théâtrale, au milieu d’une reconstitution de salon comportant un canapé, une tasse de thé, un livre et de nombreux miroirs. Au milieu de tout ça, Nina Kraviz joue la comédie, pose devant les miroirs, danse, brisant son rôle habituel de DJ. Et puis surtout, elle chante, comme on chanterait pour soi, seul(e) dans sa douche... mais face aux milliers de festivaliers de Coachella. Des vocalises qui flirtent avec les fausses notes, comme on peut le remarquer dans cette vidéo publiée sur Facebook par Nina Kraviz elle-même.

Cette prise de risque n’a pas forcément bien payé auprès du public, très divisé sur les réseaux sociaux. Certains fans défendent leur artiste favorite, soulignant la tentative de renouvellement. Une internaute y voit un « coup à la Kanye West pour la techno ». « Elle a attiré l'attention en faisant un show bizarre sur la grande scène. Que les gens aiment ou non, elle a boosté sa visibilité », explique-t-elle. Mais de nombreux spectateurs restent incrédules, ne parvenant pas à comprendre où Kraviz veut en venir. Sur Twitter, un premier utilisateur présente ainsi la situation comme n’étant « pas idéale » pour les « techno boiz » venus voir l'artiste en DJ set. D’autres préfèrent s’en amuser : « Nina Kraviz invoque des esprits sur scène. J’ai peur », déclare l'un d'entre eux.

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Malgré le nombre conséquent de réactions négatives, certains acteurs de la scène électronique ont pris sa défense. Ainsi, toujours sur Twitter, le producteur King Britt salue une « performance artistique pour les masses », et y voit une « réflexion sur le narcissisme et l’isolement ». Dans un article revenant plus largement sur la place de l’électronique à Coachella, le chroniqueur du LA Times August Brown met en avant la perte de vitesse de l’EDM, supplanté peu à peu par le hip-hop, plus visuel. Comparant la mise en scène de Nina Kraviz au cinéaste Lars Von Trier, il souligne ainsi son aspect subversif, offrant une piste au renouvellement de la techno en festival : « même si ça vous a rendus fous, vous ne pouviez pas vous empêcher de regarder ».

Que penser, donc, de cette performance ? Peut-être faudra-il attendre le prochain live de l'artiste, de nouveau à Coachella le 19 avril, pour se faire un avis définitif.