Photo en Une : © Gaëlle Matata


Nouvelle édition, même exigence de qualité et de diversité. Pour la troisième fois, le festival des cultures queer Loud and Proud s’installe à la Gaîté Lyrique du 4 au 7 juillet. La programmation est encore une fois pointue, tournée vers l’avant-garde et les minorités. Le festival conserve en effet son esprit militant, cherchant à amener des réflexions politiques sur les normativités régissant l'intime et les rapports de domination dans la société. L’idée : être une « safe place », c'est à dire un lieu d’accueil et de liberté, mais aussi "d'empowerment" – terme signifiant l'augmentation de la puissance d'agir d'un groupe ou d'un individu dans la société – pour toute la communauté queer, pouvant s'identifier aux artistes programmés. « Tu ne peux pas te construire en tant que queer si tu n’as que des modèles hétérosexuels », explique Fanny, l'une des programmatrices.

   À lire également
Loud & Proud : vive les cultures queer !

La programmation musicale se veut la plus représentative possible, mettant l'accent sur le respect de la parité et la mise en avant d’artistes gays, trans, lesbiens, queer et de couleur. Parmi eux, Robert Owens, chanteur historique ayant participé à la naissance de la house. À l’heure où les clubs sont trustés par des blancs hétérosexuels,  souligne Fanny, « programmer Robert Owens, c’est rappeler que cette culture du clubbing vient des minorités racisées américaines ».

On pourra aussi découvrir Lotic, artiste américain installé à Berlin dont les morceaux déstructurés naviguent entre ambient, noise, r'nb et house. Le duo sud-africain Faka, cultivant un son gqom allié à un look provocant et participant de la diffusion de la culture queer en Afrique du Sud, est également à l'affiche. Autre temps fort : l'écrivaine et réalisatrice Virginie Despentes et l'actrice Béatrice Dalle, deux héroïnes aux yeux des programmateurs, liront des textes de Pier Paolo Pasolini, accompagnées par le groupe de noise rock Zerö.

   À lire également
Lotic : « Même quand je ne mixe pas, j'aime grimper sur quelque chose »

« C’est important pour nous de représenter ce que c’est d’être queer dans un pays non-occidental » déclare Fanny. Dans cette optique, le festival programme également les deux signatures du label Hyperdub : Angel-Ho, venue d’Afrique du Sud et dont le hip-hop futuriste évoque aussi bien le sexe, l'amour et la féminité trans que les relations de pouvoir, et Fatima Al-Qadiri, née au Koweït et vivant à Berlin. Son nouveau live transmedia évoque d'ailleurs l’identité queer dans les pays arabes. Citons enfin l’américain Colin Self, drag queen dont la démarche expérimentale se situe à la croisée de la house d’avant-garde, de la pop et de la musique classique.

D’autres animations seront proposées, dont une clôture autour du voguing avec le DJ Vjuan Allure. Tout au long du week-end auront lieu des conférences et rencontres portant sur le rapport au corps, traitant par exemple de l’âgisme ou du rapport entre une "gay-friendliness" forcée et la domination hétérosexuelle, ainsi que des projections de courts-métrages en rapport avec les sexualités alternatives.

Toutes les informations sont à retrouver sur le site de la Gaîté Lyrique ou la page Facebook de l'évènement.