Photo en Une : © Fanny Viguier


Derrière le nom symbolique de La Creole, il y a l’idée forte d’une représentation de la diversité. S’il évoque en premier lieu la richesse des cultures antillaises, le terme exprime également le formidable métissage des genres, sexualités, personnalités ou origines sociales qui ponctuent depuis un peu plus d’un an les folles soirées du collectif au Chinois, à Montreuil. Une ouverture et un état d’esprit inclusif qui, de la pluralité des danses aux expériences musicales (bouyon, logobi, zouk...), en passant par un impressionnant patchwork de styles vestimentaires, transparaît dans le moindre aspect de leurs événements.

« La différence avec La Creole, c’est que tout le monde danse ensemble et que les sons ne tournent pas autour d’un seul style. C’est rare d’entendre par exemple de la soca, à part dans des soirées spécialisées, qui sont un peu sectaires. Chez nous, tout le monde peut y trouver son compte », exprime avec passion Matyouz, MC du crew depuis sa fête d'anniversaire en janvier dernier. Issu du milieu voguing, le jeune artiste, qui s’est greffé au projet par l’intermédiaire de Vincent – un de ses membres fondateurs, rencontré lors d’un ball à la Villette –, a trouvé avec La Creole, ce qui faisait défaut selon lui à la scène parisienne : « Les balls, qui sont des compétitions, et les soirées voguing sont deux choses très différentes. Du voguing dans un format club, ça n’existait pas vraiment à Paris. La Creole, c’est vraiment le son des balls mais sans l’idée de battle. Ça nous permet de faire découvrir cet art à un plus grand nombre. »

Un avis que partage le réputé producteur Teki Latex, une des nombreuses autres personnalités créatives gravitant autour de la bande : « La danse y est libre. J'adore la compétition mais il y a un temps pour tout ! Même les danseurs super techniques se lâchent, c'est comme la récréation pour eux. » Fidèle soutien de La Creole, depuis sa création, il est particulièrement admiratif du climat – à nulle autre pareille, dans la capitale – instauré par leurs rassemblements : « C'est de loin la soirée pendant laquelle les gens dansent le plus. Plus on avance dans le temps, plus l'énergie monte et devient contagieuse, jusqu'à ce qu'il y ait 20 personnes sur scène autour du DJ. La limite entre le public et les danseurs devient floue, et tout le monde danse partout. La vibe devient vraiment incroyable, comme en ébullition. »

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Visuellement, le spectacle est aussi hétéroclite que le concept du crew le laisse suggérer. Multiplicités des formes, des couleurs ou des tissus aussi bien dans les tenues des artistes que dans celles du public – se mêlent par le biais du mouvement des corps, pour peindre un vibrant tableau, à l’image du fantastique foisonnement rencontré sur Asos. « J’ai baigné dedans et j’y baignerai toujours. », déclare Matyouz à propos de la marque de vêtements. « Pour moi, c’est le meilleur site, je ne vais jamais ailleurs. Tous les styles y sont représentés, comme à La Creole. On a en fait un public qui ressemble à Asos : les garçons n’ont pas que des pièces masculines sur eux et les filles s'inspirent aussi des garçons. »

La traduction du message de tolérance porté par le collectif, dans sa vision artistique, fait de La Creole une soirée unique en son genre. En témoigne la dernière sauterie du samedi 2 mars au Chinois, qui a su une fois de plus fédérer clubbers et artistes de tous horizons, dans une ambiance bouillonnante. Il va être difficile de patienter jusqu’à la prochaine...