Photo en Une : © D.R.

Ceux qui ont vu le documentaire de Sourdoreille Sous le donjon de Manu Le Malin s'en souviennent. Le DJ de hardcore, déambulant dans une grande pièce vide, à peine éclairé par le feu de la cheminée, lit la circulaire distribuée dans toutes les préfectures en 1995, intitulée « Soirées rave, des soirées à hauts risques », avant de la jeter dans le feu.

Le film, qui revient sur la carrière de producteur, consacre une partie de son temps à l'interroger sur les années 1990, qui ont vu défiler nombre de lois contre les raves, dont le célèbre amendement Mariani mis en vigueur en 2001.
Car à cette époque, les soirées techno et free parties ne jouissent pas d'une bonne réputation, aussi bien aux yeux des médias que des politiques. Si le journal Libération coorganise volontiers la grande rave de l'Arche de la Défense, en 1992, beaucoup de titres de presse font mauvaise publicité d'une pratique qu'ils ne connaissent pas bien.

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Parmi les articles les plus célèbres dans la communauté techno, « La musique techno a ses rites, ses chefs et ses croix gammées », publié le 15 juin 1993 dans les pages de L'Humanité. Tristement célèbre, il symbolise l'ignorance et le fantasme dépréciatif qui entoure les raves dans les années 90. Pour cause, celui-ci parle de « vomissures synthétiques », et n'hésite pas à dresser un lien entre raves et nazisme, parlant également d'une musique « composée sous LSD et ecstasy ».

Un article retranscrit sur le site de L'Humanité (à retrouver ici), que le journal n'affiche pas fièrement. Mais lorsque l'on sait que Manu Le Malin s'est déjà produit à la Fête de L'Huma, on ne peut que reconnaître l'heureuse évolution des mœurs, bien qu'il serait faux de dire que les raves sont désormais acceptées par les institutions.