Photo en Une : © D.R.

Dans les années 80 aux États-Unis, alors que le monde de la musique était bercé par les réjouissances du "sex, drugs and rock’n’roll", une sous-culture punk a vu le jour, prônant une mentalité à contre-courant des bacchanales alors très à la mode. Le mouvement straight edge revendique un mode de vie et une mentalité ascétiques : ne pas fumer, boire d’alcool, ou prendre de drogue, et même suivre un régime végan pour certains. Alors que l'esprit punk sauvage des 70's devenaient petit à petit mainstream, toléré puis repris par la société de consommation, quoi de plus punk que de prendre le contre-pied du punk, et mener une vie saine tandis que les autres s’adonnent aux excès ?

Le phénomène a vite rencontré un succès croissant, notamment dans les agglomérations de Seattle et Washington et via la formation de groupes rapidement très influents, comme Minor Threat ou Youth Of Today. Très populaire jusque dans la fin des années 90, le phénomène qui s’est essoufflé aujourd’hui continue d’intéresser les journalistes. Plusieurs documentaires se plongent dans le mouvement et retracent l’évolution de la sous-culture, images d’archives à l’appui, comme celui produit par National Geographic en 2008 Inside Straight Edge.

Aujourd’hui, alors qu’on constate chez la nouvelle génération de fêtards un désintérêt de plus en plus grand pour la consommation de drogues en soirées, Trax Magazine s’est demandé ce qu’étaient devenus ces punks "plus punk que les punks". Son numéro 218 sur la fête sans excès (à retrouver en kiosques ou en ligne), était l’occasion d’aller rencontrer ces adeptes du hardcore sain, trente ans plus tard. Ray Cappo, ancien leader de Youth Of Today, Tony Rettman, auteur de différents ouvrages sur le straight edge, ou encore Shawna Kenney, professeure à l’Université toujours fidèle à ses préceptes ascétiques, racontent comment ils ont vécu (ou vivent encore) le straight edge. Punk’s not dead.