Photo en Une : © D.R

Qu'il s'agisse de Jeff Mills, Kamasi Washington ou Etienne Jaumet, nombre d'artistes issus d'univers électroniques ou jazz tendent de plus en plus à collaborer, et se mettent à explorer un univers qui se trouve à première vue aux antipodes de la nature de leur musique. Si cette hybridation n'est pas nouvelle (l'acid jazz étant né dans les années 80), elle semble gagner en popularité, comme le prouve l'engouement suscité par le très attendu festival We Out Here et sa programmation. Organisé par Gilles Peterson, l'évènement fera se rencontrer des parrains de la scène électronique acid et broken beat et les nouvelles têtes du jazz contemporain.

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Il n'est pas étonnant de retrouver dans le programme des concerts certains collaborateurs de Gilles Peterson, dont Josey Rebelle, déjà passée par le Worldwide Festival, déclinaison évènementielle de la radio de Peterson. Le festival a également programmé des vétérans des genres, comme Lee Fields & The Expressions et sa lancinante soul portée par des mélodies synthétiques et instrumentales, ou Gary Bartz, pionnier du style jazz fusion – sans doute l'une des meilleures illustrations des ponts dressés entre jazz et musique électronique. Immanquable également, le passage de Horace Andy, légende du reggae et collaborateur de Massive Attack, qui mixera avec Adrian Sherwood pour une performance entre reggae et dub.

D'autres noms moins connus s'imposent toutefois comme des évidences au vu de la ligne artistique du festival. C'est notamment le cas de Awesome Tapes From Africa, un choix parfaitement sensé lorsque l'on pense aux pépites jazz et funk qu'il a l'habitude de mixer, ou encore d'Objekt, dont les sets peuvent aller puiser dans une techno des plus psychédéliques comme dans des registres broken beat. Il viendra présenter son album très texturé Cocoon Crush, paru chez l'excellent label PAN, au cours d'un DJ set alléchant. Ces fréquences électroniques seront accompagnées par celles de Skee Mask et ses percussion alambiquées aux frontières du tribal, mais aussi Tirzah, dont les productions breakées nonchalantes contrasteront avec les mixs funk de Francois K. Et il faudra bien évidemment compter parmi le line-up les têtes émergeantes de la scène jazz anglaise, comme Nubya Garcia, ou encore Kokoroko, ensemble de huit musiciens londoniens découverts sur une compilation du label Brownswood nommée We Out Here (tiens tiens).

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