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Quand on parle de musique électronique roumaine, on pense rapidement à la micro house. Depuis plus de dix ans, la "rominimale" inonde les festivals et clubs européens de ses sons sobres et cadencés et de ses artistes emblématiques, comme les trois fondateurs du label [a:rpia:r] Raresh, Rhadoo et Petre Inspirescu. La Roumanie voit cette scène foisonner, et chaque année, la programmation du Sunwaves – festival de référence du genre se produisant sur les bords de la mer Noire – donne un aperçu des artistes que l’on verra ensuite déferler sur le Café Barge ou les soirées Swarm Factory à Paris.

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Pourtant, il existe un tout autre pan de la scène électronique roumaine, bien moins connu à l’international que la tech-house minimale. Concentrée autour de la région de Bucarest et de quelques collectifs et autres noyaux durs, une scène underground florissante se développe depuis une dizaine d’années, notamment grâce au festival Rokolectiv, qui organise depuis 2006 bon nombre de soirées consacrées à une techno sombre et lancinante. Ses artistes s’inscrivent pour la plupart en réaction au milieu micro house, fréquemment assimilé à un point de vue sexiste, patriarcal et homophobe de l’industrie. Le festival a notamment programmé Admina, membre du collectif féministe et queer roumain Corp., et qui se produit régulièrement lors des soirées berlinoises Room 4 Resistance. Par ailleurs, le magazine local The Attic fédère cette scène et fait rayonner des artistes tels que Dragos Rusu, auteur de sets dans lesquels il marie entre autres techno contemporaine, trance rétro et percussions traditionnelles. D’autres médias européens, comme les radios Rinse et Rinse France, Red Light Radio à Amsterdam, Intergalactic FM à La Haie, LYL à Lyon et Paris, montrent un intérêt croissant pour cette scène, et invitent certains de ses artistes, comme Aleksa Alaska, dont la carrière explose depuis peu.

À l’occasion de la première Club Trax de l’année, placée sous le signe de l’amitié franco-roumaine, Trax Magazine organise une conférence intitulée "La Rominimale, et après ?", invitant trois artistes et membres de cette scène underground à venir échanger sur son éclosion, son évolution et son ouverture progressive. Après cette discussion, animée de 20 à 21h par Jean-Paul Deniaud, rédacteur en chef de Trax Magazine, les intervenants Liar, producteur et fondateur du label Tessier-Ashpool, (écurie qui avec plus de 19 sorties hybrides, à traversé les mondes de la techno, du breakbeat, du grime...) Eddie Lanzat, résident du grand club bucarestois Control Club, et Marius Georgescu, résident de LYL Radio, se produiront dans l’Atrium du Grand Marché Stalingrad de minuit à 6h du matin.

Plus d’informations sur la page Facebook de l’événement.