Photo en Une : © D.R

Réalisé par l'association genevoise SHAP SHAP, dont la mission est de favoriser les échanges entre les artistes du pays, et CUSS, collectif sud-africain composé de jeunes artistes visionnaires, ainsi que par l’association suisse Afrodyssée, qui promeut la création africaine contemporaine, Africa, What’s Up ? tend à offrir au sein du festival Antigel un espace d’expression aux projets artistiques qui contribuent à questionner et à réduire les inégalités et les discriminations. Le volet de cette programmation s’articule autour de trois événements, dont les acteurs sont décrit par Mélanie Rouquier, programmatrice d’Africa, What’s Up ?, comme visionnaires. « Ils sont en train d’inventer de nouveaux langages artistiques, de nouvelles manières de produire et leur activisme transforme non seulement les scènes des théâtres et les clubs mais aussi la société. », dit-elle. « Je pense qu’ils sont tout simplement en train d’inventer un nouveau modèle où chaque personne peut enfin se réaliser. »

Le premier événement de cette programmation est le spectacle de Dear Ribane au TU-Théâtre de l’Usine les 5, 6 et 7 février. Ce trio familial composé de Manthe Ribane et sa fratrie se situe à la croisée de toutes les disciplines artistiques possibles : danse, musique, photographie, mode, performance, arts visuels… Le second projet est celui du collectif SHAP SHAP, qui invite l’association Afrodyssée à investir le Grand Central – le QG du festival, logé dans les anciens locaux de la compagnie des chemins de fers suisse – pour le transformer en marché africain le temps d’une soirée mettant en avant les productions de designers de mode et d’artisanat africains. Cette soirée (le 7 de 18h30 à 03h00) accueillera également une table ronde questionnant le rôle de l’art dans la lutte contre les inégalités et la discrimination, puis sera rythmée par le concert de Pongo, sacrée "reine du kuduro" par Nova, et par le set de DJ Secousse.

Autre temps fort de cette édition, la soirée South Africa x Geneva Love, le jeudi 14 février au Grand Central, soit la rencontre d’artistes engagés qui œuvrent activement pour rendre visibles les problématiques que rencontrent les minorités. La tête d’affiche de cette soirée, Moonchild Sanelly, est une artiste emblématique de la scène gqom (genre musical né à Durban en Afrique du Sud, proche du kwaito) qui touche autant par son énergie que par les sujets qu’elle aborde dans ses chansons, notamment l’épreuve que représente la tentative d’exister en tant que femme dans le milieu musical sud-africain. À ses côtés, DJ Mighty assurera un show porteur d'un message tout aussi important.

Cette jeune artiste, Maïté Chénière à l'état civil, a trouvé dans l’organisation de soirées et la pratique de la musique électronique un moyen de créer un "safe space" pour le public queer racisé. « Je considère ma recherche artistique comme étant engagée politiquement dans le sens ou je réclame un espace d'expression pour des personnes discriminées par le système cis-hétéro-normatif blanc. », précise-t-elle. Elle envisage le milieu du clubbing comme un vecteur de modification des mentalités et des comportements. Son futur ? « Des clubs "safe" dans lesquels la notion de sécurité induit l'exclusion de comportements sexistes, racistes, validistes, agistes, homophobes, transphobes, classistes… » Un environnement tout trouvé pour les performers qui l'accompagneront, à savoir l’artiste pop Angel-Ho et le rappeur trap et activiste queer Gyre, auteur de l’album Queernomics sorti l’an dernier.

Plus d'informations sur le site et la page Facebook du festival.