Photo en Une : © Gaetan Clement


Pour la première fois, le Sucre intègre à sa programmation la Fête des Lumières, qui aura lieu du 6 au 9 décembre prochain. « On a voulu, en partenariat avec la Fête des Lumières, proposer une sorte d’alternative. » 
Mêler une programmation club à une scénographie de festival est un projet ambitieux que le club lyonnais relève avec audace, en invitant l'une des figures emblématiques de la Fête des Lumières, Nicolas Paolozzi

En adaptant sa programmation à l’événement de la ville, le club souhaite refaire le lien entre numérique, installations et musiques électroniques. « Notre objectif est de venir coupler ces disciplines qui fonctionnent et évoluent ensemble. » Ils ont ainsi travaillé avec Nicolas, architecte français et co-fondateur du collectif RDV à Grenoble en 2011. Aujourd'hui basé à Lyon, le collectif souhaite « faire se rencontrer le public autour d'événements fédérateurs »Depuis deux ans, l’événement lyonnais le met en avant à travers des installations monumentales, projets immersifs et interactifs sur la scène officielle, comme l'ABYSS, créature chimérique dont les arches de lumière forment la dorsale. Dans ce vivier d’artistes locaux que représente la Fête des Lumières, de nombreuses structures défendent le crew RDV, comme le Module qui en fait la promotion et la diffusion. Le travail de l’architecte Nicolas est un travail d’orfèvre qui s’adapte sur des lieux emblématiques comme dans les rues ou les clubs. Pour ce week-end, son installation TETRA prendra place dans le club. Il réinventera ainsi son oeuvre en l'adaptant au lieu, proposant une toute nouvelle approche de celle-ci. Les tentacules de LEDs, accrochées au plafond, seront illuminées et changeront de couleurs au rythme du BPM. La terrasse accueillera quant à elle une installation lumineuse composée de barres de LEDs qui orneront le bâtiment. L'occasion ainsi de lancer la séquence Noël Licht (qui signifie lumière en allemand) du Sucre puisque l'œuvre extérieure prendra place durant tout le cycle d'hiver du club.

Un cycle hivernal au Sucre

Suite à la Fête des Lumières, le Sucre ne sera pas en reste côté programmation. Le mois de décembre s'annonce scintillant, à commencer par le week-end du 8 décembre où TodaysArt a carte blanche pour ouvrir le bal. Le festival hollandais, créé en 2015, concentre son concept annuel autour du développement d’arts visuels. Intégré au projet continental We Are Europe, et piloté par Arty Farty, il s’intégrera au format « Après le travail » du Sucre. En effet, le club prend le contre-pied de ce que l’on peut trouver comme soirées le vendredi soir. Baptiste Pinsard explique : « On propose des formats décalés 18h30 - 1H, mais cela reste des propositions « dancefloor » : le public fait la fête à 22H comme si c’était en pleine nuit. » Ces événements sont d’ailleurs gratuits. « Ce dispositif leur permet, en tant que club, de faire de nouvelles propositions, mettre en avant de plus petits artistes et par conséquent, faire preuve d’expérimentations dans le contenu. » Ainsi, TodaysArt invite Juanita, figure de la scène lyonnaise qui a sorti en décembre 2017 sa première cassette - EP très remarquée, « Princes of Persia », sur le label Llullaillaco Records. Il présentera un live A/V aux côtés de Flares, dont la première était au Mirage Festival en avril dernier. 

Le samedi soir, le club reprend son format initial avec des « résidences ou événements spéciaux ». Merovee présentera son Pareidolia, un set hybride aux syncopes et percussions qui emportent la techno hors des sentiers battus. Le club est fier d’ailleurs d’avoir programmé un b2b « qui s’annonce plus que culte » entre Mr. Raoul K (au fameux « Sene Kela ») et Manoo, résident de l'Ambassade et attaché à la deep house, pour un set entre afro house et soulful. Autre talent notoire du programme, le label BFDM (Brothers From Different Mothers), qui a remis la scène électronique lyonnaise au goût du jour, prendra les manettes du club toute une nuit. « Nous on signe des artistes lyonnais, on porte une communauté. » J-Zbel, piliers du crew BFDM, injectent l'héritage rave old school dans leurs sets, entre jungle, trance, et hardcore. Ils seront accompagnés de Simo Cell, autre artiste de la famille du label. Le DJ et producteur pioche dans les sonorités anglo-saxonnes, de l'expérimental au dancehall.

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Le saint jour dominical ne se donnera pas sous les auspices d’une messe. Le club a reçu dimanche dernier Paula Temple et Verraco. Chaque dimanche, de 16h à 23h, ils bookent des têtes d’affiche. Un format que l’on expérimente peu en France, auquel le Sucre croit depuis trois ans. Selon Baptiste, « l’ambiance est particulièrement dingue et l’énergie est différente » ce jour-là. Aller clubber le dimanche n’entre pas dans le programme des Français : le Sucre souhaite changer ces paradigmes. « En France, ce serait intéressant de faire ces expériences. » Alors qu’il était difficile de faire venir le public au début, ils affichent aujourd’hui complet. 

Pour clôturer l’année en beauté, la résidence queer Garçon Sauvage viendra donner un « réveillon haut en couleur, entre artiste pop suédoise et talents locaux » selon le programmateur. Après les fêtes de fin d'année, le cycle d'hiver du Sucre sera prolongé jusqu'en mars.