Photo en Une : © D.R

Lorsque l'on demande, taquin, si le disco est mort à Dimitri From Paris, c'est avec un grand sérieux qu'il répond. « On a tué le disco, mais il renaît de ses cendres. En Angleterre, quand je mixe du disco, ce sont des jeunes de 20 à 25 ans qui dansent. Certes ça ne tabasse pas, ils iront danser devant un set techno une heure après, mais le disco, ça leur parle, c’est redevenu familier. Ce n’est pas trop le cas en France pour l’instant, car on a une tradition très électro en musique de club, mais ailleurs le disco est carrément en train de revenir… »

Pour son album, Dimitri From Paris Presents Le Chic Remix, le DJ dit avoir utilisé les masters studio originaux datant des années 1978-1980, comprenant toutes les éléments musicaux et vocaux enregistrés par chaque musicien et chanteur. Le DJ n’a pas choisi Chic au hasard. « Le disco, c’était un peu l’EDM de l’époque. Tout le monde en avait marre d’entendre en permanence ABBA, Bonny M… Comme aujourd’hui on n'en peut plus d’entendre David Guetta ou Calvin Harris. Mais c'était la partie émergée de l’iceberg. Chic, ils sont géniaux parce qu’ils étaient dans les deux camps : à la fois adoubés par les clubs gays, les milieux underground, et ils passaient aussi à la radio. »  

La plupart de ces chansons sont pour la première fois remixées et arrangées. Un exercice auquel est rompu Dimitri, qui diffusait ses premiers jingles, puis ses remix à l'antenne de Skyrock puis de NRJ, avant de revisiter Björk, ou New Order pour ne citer qu'eux. « Ado j’avais piqué le tourne-disque de mes parents pour en avoir deux, puis j’ai fabriqué ma première table de mixage en soudant des fils », raconte aujourd'hui Dimitri, jamais avare de la petite histoire. « C’était fabuleux, moi qui n’étais pas musicien, qui n’avais pas d’amis musiciens, j’ai découvert que je pouvais interagir avec la musique enregistrée que j’écoutais jusqu’ici passivement. C’est devenu un hobby avant même de me dire que cela pouvait être un métier ».

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Aujourd'hui, il retrouve ses vieux réflexes pour livrer un disque lucide, sans nostalgie ni jeunisme. « Je suis honoré de faire danser les gens de 22 ans sur une musique d’il y a 40 ans sans qu’ils le sachent, qui ne fait pas écho au passé pour eux. C’est un plaisir de sentir qu’ils passent du bon temps sur ce que je propose, et ravi qu’ils ne me disent pas "casse toi, place aux jeunes". Je pense que j’ai plus à apporter en plongeant dans l’histoire de la musique qu’à essayer de dénicher les dernières nouveautés pointues, ce que font très bien les jeunes de 20 ans. Je suis peut être plus attaché à la musique des 80’s, à éviter qu’elle ne meure. »

Et au lendemain de ses 45 ans, Dimitri From Paris le démontre avec ce mix enregistré pour Trax. Un podcast en forme de manifeste, de clair refus de laisser ces grooves, ces paillettes, ces souvenirs s'estomper. Chants, chœurs langoureux, basses et saxophones funky à souhait s'y enchainent avec une précision impeccable. Nostalgie, insouciance et espoir conversent, se répondent comme dans une symphonie rétro, une invitation à une danse sans âge.