Photo en Une : © D.R


À Paris au début des années 1990, le son vient d’Angleterre. De l'autre côté de la Manche, aux côtés d'organisateurs et de DJ’s, au plus près des platines, une joyeuse troupe décide de se lancer à l'aventure. Celui que l'on surnomme GregZ est alors un tout jeune homme en école de commerce, mais déjà l'envie de rejoindre la parade est forte. Avec quelques camarades, il lance une première soirée à l’École d’Architecture de Paris. Un succès : le milieu de l’électro rencontre celui des chemises/cravates grâce aux budgets de leur école.



Forts de cette réussite, ils décident de voir les choses en grand : direction le Palais du Bourget. Alors que l’époque est encline à des raves organisées à la va-vite, GregZ et son équipe souhaite y injecter du professionnalisme : location de salles, sound-systems, scénographies et DJ’s internationaux. À en croire l’intéressé, ces démarches en 1994 n'avaient rien de très compliqué, il suffisait d’appeler les agents : « On se débrouillait avec nos moyens ». Le nom de la soirée, Effervescing Elephant est bien sûr un clin d’œil à la chanson de Syd Barrett : « On était fan des Pink Floyd ».

Le soir venu, 3 000 personnes sont au rendez-vous, avec des looks qui ne sont pas sans rappeler ceux que l’on peut croiser aujourd’hui en free. L'affiche rassemble les plus grands noms du moment, « tous (leurs) DJ’s préférés ». S’enchaînent ainsi Dimitri, Dave Angel, Per, Stephanovitch, Alex Paterson de The Orb, Juan Atkins ou Derrick May. Rien que ça. Pour toute communication, un simple « bouche à oreilles » était suffisant dans ce « microcosme » qu’était la techno. « À cette époque là, il était encore impossible d’imaginer un son techno passer à la télévision. »

Dans la salle ce soir-là, comme sans doute ailleurs au même moment, ce sentiment d’appartenir à la naissance d'un mouvement, en secret (le lieu n’était pas communiqué), traverse et rassemble les 3 000 fêtards. Petite anecdote : les portes devaient ouvrir à 22h, mais l’organisateur était encore loin cette heure-ci, avec les clés d’entrée du Bourget sur lui… Les premiers arrivants trempés ont pu se réchauffer à 120 BPM sur le DJ set d’Alex Patterson, qui était programmé à la base pour de l’ambient – léger changement d’ambiance. Gregz et son groupe d’amis a pu sauver certains DJ sets que nous publions ici, et a rassemblé des images d’archives de cette soirée, à retrouver ci-dessous. Un aperçu de ce qu’était les raves il y a 25 ans. Est-ce vraiment si différent aujourd'hui ?

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